2026-10-28 07:38:31 - Ce mardi 27 octobre était la deuxième journée d'audience pour le lieutenant-colonel Ayissi Nanga devant le tribunal militaire de Yaoundé. Le membre de la commission d'enquête sur l'assassinat de l'animateur radio a affirmé que l'enquête sur Martinez Zogo était une « mascarade ». « La désapprobation des méthodes d'enquête m'a valu les persécutions que j'ai vécues et que je continue de vivre », a-t-il déclaré. Il a également accusé le colonel Jean-Pierre Otoulou, chef de l'enquête préliminaire, et le lieutenant-colonel Bialo d'avoir désigné des assassins et des commanditaires sans preuve.
L'enquête initiale aurait été menée au profit d'intérêts politiques plutôt que judiciaires, selon le lieutenant-colonel Ayissi. Il affirme que le secrétaire d'État à la Défense était le « véritable patron de l'enquête » et s'en serait servi pour régler des comptes avec certains accusés.
« Deux officiers se sont occupés de cette affaire et ont travesti le dossier. On a caché le téléphone et on a détruit la scène de crime. Depuis ce lundi soir, au demeurant, nous assistons à la bascule dans ce dossier », explique Charles Tchoungang, avocat de Jean-Pierre Amougou Belinga.
Le colonel Ayissi assure avoir été écarté de l'enquête au moment où sa main se rapprochait des véritables coupables. Selon lui, tous les indices mènent à Martin Savom, qu'il désigne comme celui qui aurait assassiné Martinez Zogo. « Des hypothèses sans fondement », dénonce Clément Ananga, avocat de Martin Savom. « Le droit pénal s'accommode mal des hypothèses. Aucun d'entre nous n'a suivi comment Martin Savom s'est pris pour donner la mort à Martinez », assure-t-il.
Des affirmations hypothétiques selon la partie civile
Toujours selon le colonel Ayissi Nanga, un sous-groupe se serait séparé du reste du commando, aurait ramené la victime à Yaoundé, puis aurait redéposé le corps là où il a été découvert le 23 janvier 2023. Une thèse à laquelle souscrit maître Jules Bambia, l'un des avocats de la défense.
Mais pour la partie civile, ces affirmations restent hypothétiques et relèvent plus de l'effet d'annonce car les preuves peuvent être facilement contestées. L’audience se poursuit ce mercredi.
Richard Onanena correspondant RFI à Yaoundé - Photo: (Image d'illustration). DANIEL BELOUMOU OLOMO / AFP
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