2026-10-28 07:05:58 - Le principal parti d'opposition au Sénégal a bloqué mardi à l'Assemblée nationale le projet de budget rectificatif 2026, dont l'examen est une étape importante dans le redressement des finances publiques de ce pays très endetté.
Le texte a été renvoyé par l'Assemblée en commission en vue de trouver un compromis entre le gouvernement et l'opposition, majoritaire au Parlement.
Ce budget est présenté comme une mesure clé alors que le pays traverse une grave crise économique, notamment par rapport aux demandes formulées par le Fonds monétaire international (FMI) sur la gestion des finances publiques du pays.
Le FMI a annoncé en septembre un accord préliminaire avec le Sénégal sur un nouveau programme d'aide de 2,2 milliards de dollars (1,93 milliard d'euros) sur 36 mois, visant à stabiliser ses finances.
Mais l'institution financière n'a pas encore annoncé l'approbation de l'accord par son conseil d'administration, et le plan de sauvetage est soumis à certaines conditions.
Le Sénégal traverse une grave crise économique et est confronté à une dette publique estimée à 132% du PIB à la fin de l'année 2024.
Le puissant parti d'opposition Pastef, qui détient une large majorité à l'Assemblée, a rejeté vendredi ce projet de budget révisé en commission parlementaire.
Le Pastef contrôle 130 des 165 sièges de parlementaires et son charismatique leader, Ousmane Sonko, est engagé dans une querelle de longue date avec le président du pays Bassirou Diomaye Faye, son ancien allié.
- "Rechercher une issue constructive" -
La demande de renvoi en commission a été exprimée mardi par le ministre chargé des Finances Cheikh Diba à l'Assemblée nationale réunie en plénière pour examiner le projet de budget révisé.
Ce renvoi est destiné à "rechercher une issue constructive" des discussions entre l'exécutif et l'opposition pour que "les possibilités de compromis soient examinées d'une manière sereine" et "éviter que les divergences débouchent sur une situation de blocage préjudiciable" au pays, a dit M. Diba.
Le chef de l'Assemblée nationale et de la majorité parlementaire Ousmane Sonko a accédé à la demande.
Les travaux de l'Assemblée, retransmis en direct par de nombreux médias et sur les réseaux sociaux, avaient débuté mardi peu après 10H00 (GMT et locales) en présence du ministre chargé des Finances Cheikh Diba, ont constaté des journalistes de l'AFP.
"L'Assemblée nationale va examiner le projet de loi. Si les députés estiment qu'il est dans l'intérêt du peuple, ils vont l'adopter. S'ils estiment qu'il n'est pas bon pour le pays, ils vont le rejeter", avait lancé au début de la séance le chef du parti Pastef et président de l'Assemblée nationale Ousmane Sonko.
Le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, a exhorté l'opposition à adopter le projet de budget rectificatif 2026, dans un entretien lundi avec l'AFP.
Il a affirmé que l'opposition ne pouvait pas "bloquer" le pays sur la question de ce projet de budget, l'exécutif disposant selon lui de voies du "dialogue" mais aussi "constitutionnelles" pour résoudre les désaccords sur le texte soumis à l'Assemblée, a-t-il indiqué à l'AFP.
Dans un communiqué diffusé vendredi soir, le Pastef avait indiqué qu'il ne rejetait pas "la nécessité de réviser le budget", mais que sa position résultait "de désaccords sur certains arbitrages budgétaires, les modalités de financement retenues et l'insuffisance des garanties apportées au Parlement".
Article de TV5MONDE Info / Par AFP et Malick Rokhy BAmrb/cpy
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