2026-10-28 05:46:29 - Une commission d’enquête internationale mandatée par l’ONU accuse Israël de crimes contre l’humanité, dont celui d’extermination, envers les Palestiniens en Cisjordanie
crime contre l’humanité - Une commission d’enquête internationale mandatée par l’ONU accuse Israël de crimes contre l’humanité, dont celui d’extermination, envers les Palestiniens en Cisjordanie
Crimes contre l’humanité, génocide, actes de tortures, viols, persécutions… Les accusations portées par une commission d’enquête internationale mandatée par l’ONU contre Israël envers les Palestiniens en Cisjordanie sont lourdes. Elle l’accuse également d’extermination du peuple palestinien.
La diplomatie israélienne a répondu en qualifiant, dans un communiqué, ces conclusions de « propagande déconnectée de la réalité, visant à saper le droit d’Israël à se défendre, à délégitimer l’État juif et à légitimer le terrorisme djihadiste contre ses citoyens ». Un peu plus tôt, l’ambassadeur d’Israël aux Nations unies à Genève avait appelé la communauté internationale à exiger la « dissolution immédiate » de cette commission d’enquête, dont l’ancienne présidente est la lauréate 2026 du prix Nobel de la paix, la juriste sud-africaine Navi Pillay.
« Aller au-delà des déclarations »
Lors de la présentation de ce rapport à l’ONU à New York, l’ambassadeur palestinien Riyad Mansour a pour sa part exhorté la communauté internationale à « aller au-delà des déclarations et à prendre des mesures concrètes pour protéger le peuple palestinien », ainsi qu'« à tenir les responsables de crimes pour comptables de leurs actes ». Créée en 2021, cette commission indépendante avait conclu l’an dernier qu’Israël commettait un « génocide » à Gaza, des accusations que les autorités israéliennes qualifient de « mensongères » et « antisémites », tout comme les nouvelles accusations de crimes contre l’humanité en Cisjordanie.
Dans son nouveau rapport, publié juste avant les élections législatives israéliennes mardi, la commission « conclut que les autorités et les forces israéliennes ont commis en Cisjordanie des crimes contre l’humanité d’extermination, de torture, de viol et d’autres formes de violence sexuelle, ainsi que de persécution, fondés sur des motifs discriminatoires qui se recoupent, au cœur desquels figurent la nationalité, la race et l’appartenance ethnique ».
Des colonies illégales au regard du droit international
Le 4 septembre, le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l'homme avait déjà accusé Israël d’avoir déplacé de force plus de 33.000 Palestiniens de trois camps en Cisjordanie début 2025, évoquant la possibilité d’un crime contre l’humanité et d’un nettoyage ethnique. Israël occupe la Cisjordanie depuis 1967. Plus de trois millions de Palestiniens y vivent, ainsi que 500.000 Israéliens dans des colonies illégales au regard du droit international, dans un climat de violence exacerbée de part et d’autre, qui s’est encore tendu à l’approche des législatives israéliennes.
Depuis les attaques inédites commises par le Hamas palestinien sur le sol israélien le 7 octobre 2023, qui ont déclenché la guerre à Gaza, l’expansion de la colonisation en Cisjordanie se manifeste par la rapide augmentation des créations d'« avant-postes ». La commission de l’ONU souligne une forte dégradation de la situation dans ce territoire : alors que six Palestiniens avaient été tués par des frappes aériennes entre 2008 et le 6 octobre 2023, 254 l’ont été entre le 7 octobre 2023 et le 30 septembre 2026.
« Punir collectivement » la population civile
Dans son rapport, elle estime que les autorités israéliennes ont cherché à « punir collectivement » la population civile de Cisjordanie en réaction aux attaques du Hamas. Selon elle, Israël mène depuis « une attaque généralisée et systématique contre les civils, au moyen d’opérations militaires renforcées par des violences persistantes de colons ». À Gaza, plus de 1.500 Palestiniens ont par ailleurs été tués depuis la trêve d’octobre 2025, selon le ministère de la Santé placé sous l’autorité du Hamas, dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU.
« Le comportement des autorités et des forces armées israéliennes s’inscrit dans une stratégie plus large visant à exterminer et à déplacer les Palestiniens, et à leur imposer des conditions de vie invivables », a commenté le nouveau président de la commission, l’Indien Srinivasan Muralidhar. S’exprimant en visioconférence devant la commission sociale, humanitaire et culturelle de l’Assemblée générale de l’ONU, celui-ci a déclaré ne pas avoir obtenu de visa.
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20 Minutes avec AFP
: Afrique Monde

