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France - Manifestations du 17 octobre : 800 000 personnes dans les rues, le chaos et des pillages à Paris, Nantes, Lyon, Lille

2026-10-17 20:24:51 - Un appel à la mobilisation « C’est samedi et c’est les vacances » : lancé début septembre sur les réseaux sociaux, l’appel à la mobilisation du 17 octobre a été tour à tour rejoint par des figures des gilets jaunes, des syndicats, jusqu’aux étudiants et lycéens, qui lui ont donné une nouvelle ampleur. 

— Vidéo TikTok virale —
 
La date du 17 octobre semble avoir été propulsée grâce à la viralité d’une vidéo appelant à la mobilisation à cette date, publiée le 7 septembre par un compte nommé « V2 » sur TikTok. Plus d’un mois plus tard, elle a engrangé plus de 600 000 likes et suscité près de 10 000 commentaires.
 
« C’est samedi et c’est les vacances, tout le monde peut être là », y lançait face caméra un jeune créateur de contenu anonyme, dans cette publication accompagnée des hashtags #essence et #giletsjaunes. « Ne me remerciez pas, je vous donne la date, c’est tout », glissait-il.
 
L’adhésion à cette date du 17 a ensuite progressivement suscité une adhésion croissante sur les réseaux, notamment auprès des lycéens, invités à rejoindre des boucles de messageries cryptées dédiées au mouvement.
 
À l’approche de la journée de mobilisation, des cartes interactives des mobilisations en préparation ont commencé à fleurir sur les réseaux sociaux. L’une d’elles recensait vendredi quelque 1 365 actions prévues.
 
— Le retour des gilets jaunes —
 
Sur fond d’envol du prix de l’essence et de renchérissement du coût de la vie, l’appel pour le 17 octobre a dès le départ surfé sur le souvenir du mouvement inédit des gilets jaunes en 2018-2019, avec ses particularités : la chasuble fluo et l’occupation des ronds-points.
 
S’ils n’en sont pas à l’origine, plusieurs figures emblématiques du mouvement originel des gilets jaunes, comme Priscillia Ludosky, Maxime Nicolle, Éric Drouet ou François Boulo, l’ont ensuite soutenu, face à l’ampleur des manifestations lycéennes et aux violences avec les forces de l’ordre.
 
« Nous avons le droit de réclamer des conditions de vie dignes. Nous avons le droit de demander des réponses à nos difficultés. Nous avons le droit de nous mobiliser pour que nos revendications soient prises au sérieux. Le 17 octobre, faisons entendre cette exigence », a défendu Jérôme Rodrigues, éborgné après une manifestation en 2019.
 
— Lycées et étudiants —
 
Sur les réseaux sociaux, le mot d’ordre « Gilets jeunes » apparaît largement relayé par un visuel viral appelant à la convergence des revendications.
 
La mobilisation d’ampleur depuis deux semaines, avec blocages d’établissements et manifestations massives pour une amélioration des conditions d’éducation, a gonflé l’appel à mobilisation du 17 octobre.
 
Face à un gouvernement qui comptait sur le début des vacances scolaires pour faire avorter le mouvement, cinq jours après leur « Acte V », les organisations lycéennes et étudiantes ont fait leur cette date.
 
« La jeunesse n’fait qu’un dans cette mobilisation [...] et aujourd’hui nous rejoignons les gilets jaunes dans la mobilisation parce qu’il y en a marre que nos revendications ne soient pas entendues par ce pouvoir », a déclaré vendredi Ryad Rani, de l’Union syndicale lycéenne.
 
— Les syndicats —
 
« Ce que nous constatons sur le terrain, c’est à quel point la colère est profonde », a insisté vendredi sur France Inter la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet. Après une rentrée sociale centrée sur la défense des services publics et des salaires, le syndicat a décidé d’être aussi présent le 17 octobre, quand « les conditions sont réunies ». « Dans un cadre légal, autorisé », a indiqué vendredi Karl Ghazi, de la CGT parisienne.
 
L’Union syndicale Solidaires en sera également.
 
La CFDT et FO se concentrent elles sur l’appel intersyndical à manifester et faire grève le 5 novembre pour le pouvoir d’achat, la fiscalité, les services publics, etc.
 
— Agriculteurs et livreurs VTC —
 
Plusieurs syndicats professionnels ont aussi invité leurs adhérents à se joindre à cette « convergence des luttes ». Chez les agriculteurs, c’est le cas de la Confédération paysanne, marquée à gauche, avec des tracteurs et des paysans qui devraient rejoindre plusieurs cortèges.
 
En revanche, la FNSEA et la Coordination rurale n’y participeront pas.
 
L’intersyndicale nationale VTC a appelé de son côté les chauffeurs de VTC et les livreurs à se rendre place de la Bastille samedi.
 
— Militants pour le climat —
 
Après un retour des marches pour le climat, qui ont rassemblé des milliers de personnes le 26 septembre à travers la France, leurs organisateurs, dont certains sont aussi dans l’organisation de la mobilisation de samedi, se sont joints au mouvement.
 
« Fin du monde, fin du mois : le 17 octobre nous serons là ! », a écrit la coordination nationale du mouvement du 26 septembre.
 
19h30 : 800.000 personnes dans les rues
 
Quelque 800.000 personnes ont participé aux actions et défilés partout en France samedi contre la "vie chère", selon un bilan actualisé diffusé par plusieurs organisations associées à cette mobilisation nationale.
 
Le syndicat CGT avait diffusé une première estimation de 500.000 participants à 17H00, mais a annoncé en soirée s'aligner désormais sur le chiffre de 800.000 participants retenu par les organisations de jeunesse, dont l'Union étudiante, et un site de gilets jaunes après les "remontées de plusieurs grandes villes, notamment Montpellier, Strasbourg, Lille, Bordeaux, Nantes et Marseille".
 
19h15 : Des magasins pillés à Nantes
 
Selon notre reporter sur place, de nombreux magasins du centre-ville de Nantes sont pillés, dont l'enseigne FNAC.
 
19h : Le RAID intervient à Bordeaux
 
La résidence de la représentante de l’État à Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, a été « saccagée » samedi en marge de la mobilisation contre la « vie chère », ce qui a déclenché l’intervention du RAID, unité d’élite de la police nationale, selon une source proche des autorités.
 
« Des individus sont entrés et ont saccagé les lieux », a indiqué à l’AFP une porte-parole de la préfecture, tandis que la préfète, Sophie Brocas, a condamné « avec la plus grande fermeté » les dégradations commises en ce lieu et le pillage de commerces en centre-ville.
 
18h30 : « une violence d’une extrême intensité »
 
Sébastien Lecornu a apporté samedi « tout » son soutien aux forces de l’ordre « qui ont affronté une violence d’une extrême intensité » lors des manifestations du 17 octobre.
 
« Au moment où certains cherchent à jeter l’opprobre sur nos forces de l’ordre, je veux dire aux Français qu’ils peuvent être fiers de leurs policiers et de leurs gendarmes. Ils ont affronté une violence d’une extrême intensité pour protéger nos concitoyens et ils méritent tout notre soutien », a-t-il déclaré sur X.
 
« Les consignes données sont claires : empêcher les exactions, protéger les biens et les personnes, interpeller leurs auteurs et les déférer à la justice », a ajouté le Premier ministre, sous le feu des critiques de la gauche, qui dénonce la responsabilité des autorités dans ces violences et la stratégie du maintien de l’ordre.
 
18h : Des manifestants près de l'Élysée
 
Plus de 300 manifestants sont parvenus à se rassembler samedi en fin d'après-midi dans le bas des Champs-Elysées à Paris, secteur pourtant interdit à la manifestation car proche de lieux de pouvoir, a constaté une journaliste de l'AFP.
 
Des manifestants, la plupart masqués, sont parvenus à placer des barrières de chantier sur plusieurs voies de la célèbre avenue. Les forces de l'ordre ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène, tandis que la foule scandait le slogan anti-policier "Acab" ("All cops are bastards"). Selon nos informations, environ 1500 personnes étaient à proximité dans les rues adjacentes du Palais de l'Elysée.
 
17h45 : Un manifestant a eu la main arrachée
 
Un manifestant a eu la main arrachée samedi à Saint-Etienne par une grenade policière lancée par les forces de l'ordre, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier.
 
Selon les premiers éléments, le manifestant a ramassé à la main la grenade, dont le modèle n'a pas été communiqué par cette source. La préfecture de la Loire a quant à elle confirmé qu'un "jeune majeur" d'un vingtaine d'années avait été "gravement blessé à la main", sans autre précision.
 
17h30 : La condamnation d'Emmanuel Grégoire
 
Le maire PS de Paris, Emmanuel Grégoire, a condamné "fermement" les "dégradations" et "actes de casse" observés samedi dans la capitale, alors que "la grande majorité des manifestants" souhaitaient "défiler dans le calme".
 
"Ces actes de casse détournent l'attention des revendications des lycéens", présents dans la rue aux côtés d'étudiants, de gilets jaunes et de divers militants, "et nuisent à l'image de leur mobilisation", déclare l'édile dans un entretien à Ouest-France. "Mais je veux également le dire avec la même fermeté : aucune mobilisation ne doit être un prétexte à des violences contre les manifestants", poursuit-il.
 
17h : La CRS 8 mobilisée
 
La CRS 8, une unité spécialisée dans la lutte contre les violences urbaines, a été déclenchée pour prêter main forte samedi aux forces de l'ordre dans la capitale, appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier.
 
L'appel à cette unité spécialisée intervient alors que les forces de l'ordre font face à des petits groupes mobiles et violents qui tentent d'approcher des lieux de pouvoir de la capitale. Cette compagnie intervient actuellement dans le secteur des Halles, en plein cœur de Paris, selon la préfecture de police.
 
16h30 : la mairie de Lille saccagée
 
Des manifestants ont forcé samedi plusieurs entrées de la mairie de Lille, dans le nord de la France, et certains ont réussi à y pénétrer en saccageant des locaux avant de s'enfuir rapidement, a constaté un journaliste de l'AFP sur place.
 
De violents affrontements entre des centaines de personnes et des policiers ont aussi eu lieu dans le centre-ville, en marge d'une manifestation pacifique dans le cadre de la journée nationale de mobilisation et de "colères" contre "la vie chère".
 
Un manifestant tient une pancarte sur laquelle est inscrit « Jeunes Gilets » (en référence aux « Gilets jaunes ») ; il se trouve devant l’entrée de l’hôtel de ville de Lille, où des vitres ont été brisées, dans le cadre d’une mobilisation contre la « vie chère ».
 
SAMEER AL-DOUMY/AFP
 
16h : des pavés jetés dans des fenêtres à Nantes
 
Depuis 14h, les détonations sont incessantes place Foch, près de la cathédrale, à Nantes. Comme les tirs de lacrymogènes et des grenades assourdissantes. Des pavés sont jetés dans les fenêtres des habitations au premier étage.
 
 Maël Fabre
 
« Je n’ai peur de rien et surtout pas de la police » Dans les rangs des groupuscules masqués, il y a ce jeune originaire de Nantes qui accepte d’échanger avec un journaliste. « On va retourner Nantes ! Rien ne va nous arrêter. Ils sont 30 CRS en face de nous alors que nous sommes des milliers dans la rue aujourd’hui. »
 
Derrière la cathédrale, l’homme masqué et capuché dit refuser l’ordre. « Personne ne doit me dire ce que j’ai à faire, où je dois aller, où je dois marcher ! Ils nous bloquent avec leur petit bouclier mais ça ne me fait pas peur. Je ne jette pas de pavé moi ! Mais je refuse qu’ils me disent ce que je dois faire ! » Devant lui, des CRS sont mitraillés : cailloux, barres de fer, cabine de chantier et grilles, tout est lancé sur les forces de l’ordre qui empêchent les groupes d’avancer. Les CRS se retrouvent encerclés et n’ont pas d’autre choix que de se replier. Ils tentent d’empêcher les groupuscules d’avancer dans le centre-ville pour éviter « un carnage » confie une source à Paris Match.
 
15h45 : Des combats au corps à corps
 
Certains manifestants chargent les policiers. Dans la vidéo on entend un mec crier « corps à corps » avant qu’un groupe se jette vers les gendarmes.
 
15h : L'office du tourisme brûlé à Lyon
 
À Lyon aussi, les affrontements sont violents avec notamment l'incendie de l'office du Tourisme, place Bellecour.
 
Image
Des flammes ravagent l'office de tourisme de Lyon, incendié par des manifestants lors d'un rassemblement contre la « vie chère » à Lyon, dans le sud-est de la France, le 17 octobre 2026.
 
JEFF PACHOUD/AFP
 
15h15 : À Nantes, des premiers affrontements
 
Les affrontements durent depuis 1h à Nantes. Les CRS tentent de contenir et d’encercler les manifestants et casseurs au niveau de la place Foch, derrière la cathédrale. Aucune manifestation n'a été déclarée donc aucun moyen pour le cortège de progresser. Les CRS sont attaqués par plus de 500 manifestants masqués. Ils ne contrôlent plus rien.
 
15h : la peur des mouvances d'ultra-gauche
 
À la mi journée, à 12h, on dénombre 140 actions avec 32 800 personnes sont dénombrées en province dans le cadre du mouvement du 17 octobre, selon une source proche du ministère de l'Intérieur. Le mouvement se traduit par une très forte mobilisation de la mouvance ultra gauche qui ne cherche qu’à créer le désordre, signale cette même source, avec des opérations violentes à Paris, Marseille, Rennes, Toulouse, Angers…, suivies de tentatives de pillage et ciblages des lieux de pouvoir et des médias…. À ce stade, il y a déjà eu 166 interpellations sur tout le territoire national. L'épicentre des violences est situé à Marseille, sur la Canebière, avec des magasins vandalisés et le poste de police municipale dégradé.
 
14h45 : Un canon à eau déployé à Paris
 
Les forces de l'ordre ont eu recours à un canon à eau samedi à Paris pour repousser des manifestants aux abords de la place de la République, d'où doit partir un cortège protéiforme contre la "vie chère", ont constaté des journalistes de l'AFP.
 
Avant cela, elles avaient fait usage de gaz lacrymogène pour répondre à plusieurs centaines de manifestants, pour la plupart masqués et vêtus de noir, dont certains tiraient des mortiers d'artifice, selon une reporter de l'AFP. Un peu plus tard, dans le même secteur, une voiture a été incendiée, sous les applaudissements d'une partie de la foule, d'après la même source.
 
14h30 : Un manifestant sur la statue de la République
 
Un manifestant est monté en rappel en haut de la statue de la République, à Paris, alors que la foule commence de remplir la place. Le cortège se rendra jusqu'à la place de Clichy. Un gilet jaune a été déployé par deux militants de Extinction Rebellion sur la statue avec écrit «2026, la police mutile les lycéens ». Ils sont acclamés par les autres manifestants.
 
14h : « C’est la Révolution, on prend la Bastille »... à Marseille
 
Plusieurs dizaines de manifestants ont pénétré brièvement samedi dans le hall de la mairie de Marseille, dans le sud de la France, après avoir enfoncé la porte en criant « C’est la Révolution, on prend la Bastille », a constaté un journaliste de l’AFP.
 
Présents dans le cadre d’une journée nationale de mobilisation et de « colères » contre « la vie chère », ils ont été dispersés par les forces de l’ordre qui se sont positionnées devant la mairie pour en empêcher l’accès, a également constaté l’AFP.
 
13h30 : des affrontements en cours place de la République à Paris
 
Les manifestants chargent les flics, qui envoient du gaz lacrymogène à gogo. Toute la place pleure alors que le début de la manifestation est prévue à 14h.
 
13h Départ des cortèges à Nantes
 
Déjà beaucoup de monde place du miroir d’eau, constate notre envoyé spécial sur place. Plus de 10 000 personnes sont annoncées à Nantes. Toutes en noir, masquées, capuchées, y compris des membres importants de l’ultra-gauche, dit une source à Paris Match.
 
12h45 : le message d'Elwan
 
Lycéen en terminale à Paris, Elwan, 17 ans, est présent dans le cortège ce 17 octobre. Déjà très suivi sur les réseaux sociaux et régulièrement invité sur les plateaux télé, il s’est confié au micro de Paris Match sur les raisons de sa mobilisation.
 
Article de Paris Match - Photo: GUILLAUME SALIGOT/AFP
 

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