Nombre total de visites : 5493172
Aujourd'hui : 3
En ligne actuellement : 3

Cameroun : il y a dix ans, Paul Biya a foutu la merde dans la zone anglophone au Cameroun, maintenant ce fainéant est incapable d'éteindre le feu. La mobilisation des avocats qui précédait l’embrasement des régions anglophones

2026-10-07 22:15:07 - Au Cameroun, c'était il y a bientôt dix ans. En octobre, puis novembre 2016, la mobilisation des avocats, enseignants et étudiants des régions anglophones prend de l'ampleur. La répression des forces de l'ordre ravive alors des velléités de retour au fédéralisme et de sécessionnisme. S'ensuivent, début 2017, des journées villes mortes, des boycotts, des incidents de plus en plus violents, jusqu'à déboucher sur un conflit armé entre groupes séparatistes et forces gouvernementales. 

Mais avant que tout s'embrase, ce mardi 6 octobre 2026 marque le dixième anniversaire d'une première marche, pacifique, d'avocats à Bamenda, dont faisait partie l'avocat et figure de la société civile Félix Agbor Balla. À l'époque, les avocats des deux régions anglophones s'inquiètent de ce qu'ils perçoivent comme un déclin de la tradition juridique de « Common law », issue du système britannique.
 
« Il se passait beaucoup de choses qui nous mettaient mal à l'aise. [...] Beaucoup de nominations de magistrats formés au droit civil dans nos juridictions. Ça ne veut pas dire que nous étions contre les magistrats ou les juges francophones. [...] Car certains sont bien formés à la Common law. [...] Mais nous avions des personnes qui ne comprenaient pas l’esprit, la culture des gens [...] et certains ne maîtrisaient même pas l'anglais. C'était difficile pour les justiciables de comprendre ce que disait le tribunal. Il y avait aussi l'enjeu de l’Ohada, le texte pour l'harmonisation du droit des affaires. Nous n’avions pas de version anglaise, or la Constitution stipule que le Cameroun est un pays bilingue. »
 
« C’était une manifestation classique, pacifique »
 
Après plusieurs réunions, quelque 150 avocats du Nord-Ouest décident donc de marcher à Bamenda, ce 6 octobre 2016, en habits noirs et perruques poudrées. « C’était une manifestation classique, pacifique. Nous avons marché jusqu'au tribunal. Puis, nous nous sommes rendus à “T Junction”, à “Liberty Square”, et alors que le discours du président de l'association des avocats du Nord-Ouest touchait à sa fin, un gendarme a tiré des gaz lacrymogènes et tout le monde s'est dispersé. »
 
Quelques jours plus tard, une grève est décidée. Puis une nouvelle manifestation des avocats, le 10 novembre, cette fois à Buea, dans le Sud-Ouest. Brutalement réprimée, selon Félix Agbor Balla, qui confie : « Je n'aurais jamais imaginé à l'époque qu'on en arriverait là. »
 
RFI - Photo: REUTERS / Stringer / Titre:AM

: Afrique Monde: