
2026-09-27 07:14:06 - C’est un véritable marché noir clandestin des rapports et des bulletins de renseignements, où l’on vient s’approvisionner contre rémunération décrit François Soudan, directeur de la rédaction, dans La Semaine de Jeune Afrique sur RFI, au micro de Catherine Potet. Pour moins de 25 000 FCFA, soit 40 euros, un agent de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE) camerounaise peut fournir à un mari jaloux des informations exhaustives sur les communications de sa femme.
Yves Plumey Bobo, envoyé spécial de Jeune Afrique à Yaoundé, a enquêté sur l’univers toxique de la principale agence de renseignements camerounaise, de ses protagonistes directs et cachés à ses « petites mains » précaires, dévoilant une privatisation de plus en plus crue de l’appareil de l’État.
Machinations
La DGRE n’est plus l’institution naguère redoutée par les opposants camerounais. Vidée de ses moyens et précarisée, elle est devenue le marché clandestin de transactions accessibles à n’importe qui serait prêt à y mettre le prix : hommes d’affaires, militaires, journalistes, activistes politiques… Chacun y vient puiser de potentielles informations – parfois très intimes – lui permettant de faire pression sur ses adversaires, voire de leur nuire directement.
Ces machinations se trament sur fond de guerre des clans autour du président camerounais. En jeu : le poste du vice-président, et successeur au chef de l’État. Elles opposent notamment deux personnalités : la première dame Chantal Biya ; et le fils aîné du président camerounais Franck Biya, appuyé par Samuel Mvondo Ayolo, directeur du cabinet civil de la présidence.
Par Jeuneafrique
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