2026-09-23 02:20:26 - Au Mali, le président de transition Assimi Goïta, au pouvoir depuis près de six ans sans élections, a dressé un bilan positif de l’état de son pays, lundi 21 septembre, à la veille de la fête nationale. L’opposant en exil Etienne Fakaba Sissoko « regrette que dans son discours, Assimi Goïta ait associé le 66e anniversaire de l’indépendance malienne au bilan de la transition », ajoutant que « les Maliens attendent des résultats : pouvoir circuler en toute sécurité, travailler et nourrir leur famille, disposer de l'électricité, vivre librement et retrouver une véritable perspective politique ».
Au Mali, le 22 septembre est jour de fête nationale, de fête de l'indépendance. À cette occasion, le président de transition, le général Assimi Goïta, a prononcé lundi 21 septembre au soir un discours dans lequel il s'est félicité de l'état de l'économie du pays, a promis de « renforcer davantage » la lutte contre les « groupes armés terroristes » et prôné la réconciliation.
Assimi Goita, arrivé au pouvoir par les armes et qui s'y maintient depuis plus de six ans sans élections, avec l'aide de l'Africa Corps russe, a également estimé que le Mali poursuivait, au sein de l'Alliance des États du Sahel (AES), sa marche vers la « souveraineté ».
« Les Maliens attendent des résultats »
Un discours que ne partagent évidemment pas les opposants au régime de transition. Ceux qui se trouvent au Mali sont réduits au silence.
Etienne Fakaba Sissoko, lui, se trouve hors du Mali. Universitaire devenu opposant, il est le porte-parole de la Coalition des forces pour la République (CFR) menée par l'imam Dicko et qui rassemble des opposants, politiques ou de la société civile malienne, en exil.
« Je regrette que dans son discours, Assimi Goïta ait associé le 66e anniversaire de notre indépendance au bilan de la transition, souligne-t-il au micro de David Baché. On peut aimer profondément le Mali, soutenir nos soldats, défendre notre souveraineté, et en même temps demander des comptes à ceux qui ont accaparé le pouvoir. Les Maliens attendent des résultats : pouvoir circuler en toute sécurité, travailler et nourrir leur famille, disposer de l'électricité, vivre librement et retrouver une véritable perspective politique ».
« Dans son discours, le fait de ne pas faire allusion à la Russie et au bilan des militaires russes est un aveu d'échec. Tout le monde voit aujourd'hui le bilan de ce partenariat. Il y a une dizaine de jours, il y a eu Dioura ! », a-t-il poursuivi en référence à une attaque d'un camp militaire malien par les terroristes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim, lié à al-Qaïda). Plus d'une centaine de soldats maliens ont été tués et plusieurs dizaines faits prisonniers.
« L'état de délabrement du pays a atteint un niveau jamais égalé »
« Aujourd'hui, le Mali est triste, conclut Etienne Fakaba Sissoko. L'état de délabrement du pays a atteint un niveau jamais égalé dans notre histoire politique. Je refuse de dire aujourd'hui que je suis en fête. Je suis en deuil, la situation du Mali n'honore pas le régime qui le gouverne. »
Article de David Baché - RFI / Photo: AFP - PAVEL BEDNYAKOV
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