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Le Maroc compte plus de 23 600 réfugiés et demandeurs d’asile, les Soudanais en tête

2026-09-15 01:33:37 - Au 30 juin 2026, le Maroc comptait 23 615 réfugiés et demandeurs d’asile enregistrés auprès du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), les ressortissants soudanais constituant l’essentiel des nouvelles inscriptions. Une hausse particulièrement marquée chez les mineurs non accompagnés, qui met sous pression croissante les services de protection du pays. 

À fin juin 2026, le Maroc comptait 23 615 réfugiés et demandeurs d’asile enregistrés par l’Agence des Nations unies pour les réfugiés, alors que les arrivées en provenance du Soudan redessinent le paysage migratoire du pays et exercent une nouvelle pression sur son système de protection.
 
Ces chiffres apparaissent dans la fiche d’information du HCR concernant le Maroc pour le deuxième trimestre 2026, publiée sur ReliefWeb le 14 septembre. Les données couvrent la situation actuelle et les évolutions du premier semestre 2026.
 
Le HCR souligne que le Maroc confirme son rôle de «pays d’asile clé» à la croisée des routes migratoires méditerranéennes et atlantiques. Selon l’agence, le Royaume devient un «espace de protection et d’inclusion», face à l’instabilité régionale provoquée par la guerre au Soudan et les déplacements forcés à travers le Sahel.
 
Longtemps perçu comme un pays de transit vers l’Europe, le Maroc abrite désormais une population croissante de réfugiés nécessitant une protection internationale, selon le rapport. Cette tendance se traduit par une hausse des demandes d’asile et par une diversification des nationalités représentées.
 
Plus de demandeurs d’asile que de réfugiés
 
Parmi les 23 615 personnes inscrites auprès du HCR au 30 juin, 10 538 étaient reconnues comme réfugiées, tandis que 13 077 demeuraient demandeurs d’asile en attente de décision.
 
Ces inscrits venaient de plus de 60 pays. Les Soudanais formaient le groupe le plus nombreux, avec 6 816 personnes, suivis des Syriens (5 239). Venaient ensuite les Guinéens (2 066), les Ivoiriens (1 755) et les Centrafricains (1 357).
 
Ces cinq nationalités représentaient la majorité des réfugiés et demandeurs d’asile enregistrés par le HCR au Maroc, les autres provenant de divers pays.
 
Dans cette mosaïque, les Soudanais sont désormais les principaux moteurs de l’augmentation des nouveaux enregistrements.
 
Les arrivées soudanaises soulèvent de nouveaux besoins de protection
 
La hausse des arrivées en provenance du Soudan est l’un des faits marquants du rapport. Le HCR précise que ce phénomène a débuté en 2024, dans le sillage du conflit soudanais, avec les Soudanais représentant la majorité des nouveaux inscrits au Maroc en 2025 et au premier semestre 2026.
 
Ils constituaient 68 % de toutes les nouvelles inscriptions en 2026. En moyenne, 233 nouvelles inscriptions par mois ont été enregistrées durant cette période.
 
Cette tendance reflète l’expansion géographique de l’impact de la guerre déclenchée au Soudan en avril 2023, forçant des personnes à se réfugier bien au-delà des pays voisins immédiats. Selon le HCR, la situation géographique du Maroc sur les routes migratoires a renforcé son rôle de pays de destination pour les déplacés.
 
Le profil changeant des nouveaux arrivants signifie également des besoins de protection plus complexes. Une proportion notable de ces personnes sont des enfants voyageant sans parent ni tuteur légal.
 
Les enfants non accompagnés représentaient une personne nouvelle sur neuf enregistrées au Maroc durant la période considérée. Le HCR estime que cette situation soulève des «risques de protection accrus».
 
Le HCR indique que l’augmentation continue de sa population cible accentue la pression sur les systèmes de protection, opérant à partir d’un bureau à Rabat et de cinq unités décentralisées avec l’Organisation marocaine des droits humains.
 
Ces unités assurent l’accès à l’enregistrement, à la documentation et à la protection dans plusieurs régions, une approche essentielle puisque les réfugiés et demandeurs d’asile ne se concentrent pas uniquement à Rabat ou Casablanca, mais sont dispersés à travers le pays.
 
L’agence indique collaborer étroitement avec le gouvernement marocain pour un «renforcement progressif» des cadres nationaux d’asile et de protection, dans un contexte opérationnel qualifié de «croissant et complexe».
 
Article de Latifa Babas 

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