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France : Déchu de la nationalité française, il veut être expulsé vers l’Algérie, mais reste bloqué en CRA

2026-09-03 17:18:27 - Déchu de la nationalité française en 2024, un homme placé en centre de rétention administrative affirme vouloir quitter la France pour l’Algérie. Son éloignement reste toutefois suspendu à la délivrance d’un document consulaire, alors qu’il assure ne pas s’opposer à son départ. 

Boumedienne S. est né en 1999 à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, d’un père algérien et d’une mère marocaine. Incarcéré en 2016, il a été condamné en 2018 pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.
 
Selon les informations rapportées par le Journal du Dimanche ce mercredi 2 septembre 2026, l’intéressé reconnaît avoir fréquenté des membres de l’organisation État islamique. Il conteste cependant une partie des faits qui lui ont été reprochés.
 
Après avoir purgé sa peine, il est sorti de prison en 2021. Quelques mois plus tard, il a de nouveau été incarcéré pour des faits de droit commun, notamment des vols, puis condamné à 18 mois d’emprisonnement.
 
Une déchéance de nationalité prononcée en février 2024
 
Au cours de cette seconde incarcération, Boumedienne S. a été déchu de la nationalité française par un décret daté du 1er février 2024. À sa sortie de prison, en juillet de la même année, il s’est retrouvé en situation irrégulière sur le territoire français.
 
Il a alors été placé dans un centre de rétention administrative dans l’attente de son éloignement. L’homme affirme accepter une expulsion vers l’Algérie : « Cela ne me dérange pas, je suis totalement d’accord pour aller en Algérie. »
 
Selon son témoignage, les autorités algériennes ne reconnaissent pas sa nationalité algérienne et n’ont pas délivré le laissez-passer consulaire nécessaire à son éloignement. Boumedienne S. affirme n’avoir jamais possédé de documents d’identité algériens et ne s’être jamais rendu en Algérie.
 
Des demandes de laissez-passer restées sans réponse
 
D’après ses déclarations, de premières démarches ont été entreprises auprès du consulat d’Algérie en 2024, sans résultat. Des demandes de laissez-passer consulaire seraient depuis adressées chaque mois aux autorités algériennes, mais aucun document n’aurait été délivré.
 
Après plusieurs mois passés en centre de rétention en 2024 et 2025, Boumedienne S. a été assigné à résidence à l’issue de la durée maximale de rétention. Il indique avoir été de nouveau incarcéré en juillet 2025, avant de sortir de prison en mars 2026.
 
Il est actuellement retenu au CRA de Lille-Lesquin, dans le département du Nord. Dans les dossiers liés au terrorisme, la durée maximale de rétention administrative peut atteindre 210 jours. En l’absence d’un éloignement avant l’expiration de ce délai, sa période de rétention devra prendre fin.
 
Un autre homme attend son éloignement au CRA de Lille-Lesquin
 
Boumedienne S. critique également les démarches entreprises par les autorités françaises. Il affirme n’avoir jamais été conduit à l’aéroport depuis son premier placement en rétention en 2024 et résume sa situation ainsi : « Ça bloque du côté de l’Algérie, ça, c’est sûr. »
Il évoque désormais la possibilité de rejoindre l’Algérie par ses propres moyens après sa sortie du CRA. Cette déclaration intervient alors qu’il assure ne jamais s’être rendu dans ce pays et qu’aucun laissez-passer consulaire ne lui a été délivré.
 
Son cas fait écho à celui de Tewffik Bouallag, condamné à 13 ans de réclusion pour avoir rejoint l’organisation État islamique en Syrie. Libéré en avril 2026, ce dernier est également retenu au CRA de Lille-Lesquin dans l’attente de son éloignement vers l’Algérie, qu’il affirme lui-même réclamer.
 
Article de Ali Aomar - Source : ObservAlgerie
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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