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Honduras: Pour les Honduriens, la fin du statut de protection temporaire aux États-Unis est une double peine

2026-08-22 07:11:27 - Alors que Washington poursuit son offensive contre les migrants, le statut de protection temporaire TPS, qui permet à des ressortissants de certains pays en crise de vivre et de travailler légalement aux États-Unis, prend progressivement fin, notamment avec des annulations de recours judiciaires. Le 12 août, le département américain de la Sécurité intérieure a publié une mise à jour en privant de nombreux pays de ce bénéfice. Parmi eux : la Somalie, le Soudan du Sud, le Népal, la Syrie, le Yémen, l’Afghanistan. En Amérique latine, le Venezuela, Haïti, le Nicaragua et le Honduras. 

Depuis samedi 15 août, les articles de la presse locale hondurienne se multiplient, puisque ce sont 72 000 Honduriens qui vivent aux États-Unis sous ce statut de protection temporaire. Que risquent-ils désormais ? Les Honduriens peuvent quitter volontairement les États-Unis ou prendre le risque d'être expulsés par l'ICE, la police de l'immigration. Dans ce cas, ils risquent plusieurs jours, voire des semaines de détention, parfois dans des conditions difficiles ou violentes.
 
Les départs volontaires des Honduriens sont loin d'être garantis car les 70 000 ressortissants concernés sont installés aux États-Unis depuis 15, 20 voire 27 ans. Certains ont bénéficié du TPS dès 1999 après le passage de l'ouragan Mitch qui avait dévasté le Honduras. Depuis, ils ont construit toutes leurs vies aux États-Unis : ils y travaillent, possèdent une maison, beaucoup ont fondé des familles. Leurs enfants sont parfois nés aux États-Unis, soit des enfants citoyens américains qui, eux, peuvent rester. C'est donc un déchirement familial s'ils repartent, mais c'est aussi un retour dans un pays natal où les migrants honduriens ne possèdent plus rien.
 
La capacité du Honduras à absorber ces retours massifs est également une problématique. Cette semaine, le président Nasry Asfura a assuré que son gouvernement se préparait au retour de ces citoyens et a promis de les réintégrer sur le marché de l'emploi. Mais dans les faits, aucune mesure concrète n'a été annoncée, aucun budget non plus.
 
Du côté des associations et des ONG, l'inquiétude est grande. Wilmer Vásquez, le directeur de Cofadeh, une organisation hondurienne spécialisée dans les questions migratoires. « Dans les conditions dans lesquelles nous nous trouvons aujourd’hui, en tant que pays le plus inégalitaire d’Amérique latine et parmi les six pays les plus inégalitaires au monde, ces retours seraient catastrophiques. Il n’y a pas de possibilités d’emploi, les services de santé sont déficients, le système éducatif est faible, il est déficient. Donc, le retour au Honduras nécessiterait une réponse globale de la part de l’État. Et à l’heure actuelle, ces conditions n’existent pas. Aucun gouvernement ne s’y est préparé. »
 
Les « remesas », un pilier économique menacé
 
Autre préoccupation : les « remesas », ces aides financières envoyées chaque mois par les Honduriens vivant aux États-Unis à leurs familles restées au pays. Avec ces expulsions, une partie de cet argent pourrait disparaître et ce serait un coup porté à l'économie hondurienne car les « remesas » représentent entre 25 % et 30 % du PIB.
 
La fin du TPS, le statut de protection temporaire, va entraîner une baisse de ces transferts d'au moins 300 millions de dollars par an selon la Banque centrale du Honduras. Cette baisse va directement toucher les ménages honduriens. Plus de 10 % des familles dépendent quotidiennement de cet argent pour payer leur nourriture, leurs médicaments, leur logement ou encore les frais de scolarité des enfants. Plusieurs économistes de l'université publique appellent donc les autorités à prendre en charge ces familles en urgence. 
 
Article de Marie Griffon,RFI / AP Photo/Delmer Martinez 

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