2026-07-20 15:53:24 - Avec un deuxième titre mondial en poche, l'Espagne a ce lundi matin, autre chose à penser qu'à ses adversaires. Et pourtant. Le comportement des joueurs argentins après la finale perdue (1-0, a.p.) indigne une grande partie des médias espagnols depuis dimanche soir. Et même internationaux. La France avait déjà dénoncé les célébrations vulgaires, insultantes et même racistes de certains membres de l'Albiceleste après sa défaite en finale du dernier Mondial 2022 (3-3, 4 t.a.b. 2). L'Espagne a, elle, découvert que cela est encore plus violent dans la défaite.
"Pathétique", "lamentable"...
Au coup de sifflet, Nahuel Molina a ainsi frappé gratuitement Rodri au torse alors qu'il courrait célébrer avec ses supporters. Puis, Leandro Paredes s'en est mêlé en frappant Eric Garcia et Gavi, bien aidé par Thiago Almada. Roberto Ayala, membre du staff argentin, a asséné une claque à Dani Olmo et Nicolas Otamendi s'en est pris verbalement à Rodri. Ce florilège de violence a précédé un gros manque de classe quand toute la délégation argentine a tourné le dos à la remise du trophée espagnole en saluant leurs supporters.
Dans un extrait largement partagé, l'émission El Chiringuito a dénoncé "l'image pathétique de l'Argentine". C'est "lamentable", a encore déploré un journaliste sur le plateau. "Elle s'est couverte de ridicule", a-t-il encore insisté. Et le son de cloche est le même dans la grande majorité des journaux espagnols. C'est aussi le cas à travers le monde comme en Italie où la Gazzetta dello Sport déplore le comportement "déplorable" de Leandro Paredes pour sa "bagarre de saloon". L'Angleterre, battue par l'Argentine en demi-finale (2-1), va encore plus loin. "L'Espagne remporte la Coupe du monde grâce au triomphe du football sur l'infamie argentine", titre le Daily Telegraph. "Football 1, délinquants 0", image encore le quotidien. "La méthode espagnole a battu la folie argentine", enfonce le Times.
Ce lâcher-prise illustre le sentiment de défiance qui a accompagné ces dernières semaines les champions du monde 2022 au cœur de quelques théories complotistes sur un parcours supposément arrangé par la Fifa. "Le champion du monde a bénéficié d'un soutien à tous les niveaux", a même lancé le sélectionneur égyptien après la défaite de son équipe en 8e de finale (3-2) marqué par des décisions arbitrales très discutées.
Surtout, la grande mansuétude accordée par l'arbitrage malgré les méthodes brutales des coéquipiers de Lionel Messi a fait naître un profond ressentiment, notamment après les nombreuses agressions impunies contre l'Angleterre en demi-finale. Cela a ainsi favorisé un puissant sentiment de rejet et de haine contre les hommes de Lionel Scaloni, sélectionneur bien plus flegmatique et posé que certains de ses joueurs.
"Ils nous considèrent comme le pire pays du monde"
Cette "haine massive" n'a pas échappé à la presse argentine, à l'instar du journal Pagina/12 qui l'a ardemment déplorée. "Ils ont découvert où se situe l'Argentine il y a trois jours et nous considèrent déjà comme le pire pays du monde. Attention, divulgation: l'algorithme les récompense pour leur haine", écrivait un article d'analyse deux jours avant la finale. "Pendant la Coupe du monde, des millions de personnes se sont ruées sur les plateformes en ligne pour soutenir les pays les plus impérialistes et génocidaires imaginables 'juste pour que l'Argentine ne gagne pas' – même ceux qui furent autrefois leurs colonies. Chronique de ce cloaque de haine anti-argentine préfabriquée, des 'j'aime' qu'elle engendre et des hypocrisies qu'elle dissimule."
"Des milliers de vidéos, des millions de vues, de tweets et de commentaires ont créé un véritable cloaque où convergent des personnes du monde entier, unies par un même sentiment: l'Argentine est un pays malfaisant et raciste, que toute personne sensée haïrait", avait poursuivi la journaliste. "Cela s'est manifesté de façon flagrante lors du match contre l'Angleterre, où des milliers de personnes originaires d'anciens pays colonisés, notamment nos frères et sœurs d'Amérique latine, ont choisi de se ranger du côté d'un drapeau qui occupe illégitimement notre territoire, qui a causé la mort de 649 soldats argentins il y a moins de quarante ans et qui menace aujourd'hui notre souveraineté, simplement parce que c'est à la mode. C'est consternant."
L'Albiceleste a ses défenseurs pour rappeler la culture sociétale du chambrage, d'autres louent l'énorme unité qui se crée entre joueurs en sélection. Au sein d'une équipe vieillissante intégralement dédiée à Lionel Messi, les Argentins auraient joué avec leurs armes - le cœur et l'intimidation - pour croire en leur rêve d'une quatrième étoile. Quitte à se mettre à dos une bonne partie des fans de foot.
RMC Sport / Photo:Johnny Fidelin/ICON Sport
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