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France - Affaire des assistants parlementaires du FN : une arnaque de père en fille

2026-07-07 10:02:38 - Des faits d’une «ampleur» et d’une «durée» qualifiés d’«inédites» par le tribunal en première instance, une période de prévention courant sur plus de dix ans et un «système» dont Marine Le Pen a été le «cœur» : les peines encourues par les onze prévenus qui ont fait appel dans le cadre de l’affaire des assistants parlementaires du Front national peuvent sembler sévères à première vue. Elles s’expliquent mieux quand on y regarde de plus près. 

Le parti d’extrême droite et les prévenus (ils étaient 28 en première instance) sont accusés d’avoir, entre 2004 et 2016, «utilisé les enveloppes destinées aux frais d’assistance parlementaire» pour «rémunérer sous couvert de contrats fictifs d’assistants parlementaires des personnes qui travaillaient en réalité pour le parti et ses dirigeants», avait estimé le tribunal le 31 mars 2025. Le tout pour un préjudice économique au Parlement européen estimé à près de 3,2 millions d’euros.
 
Mis en place par Jean-Marie Le Pen, élu à Bruxelles sans presque discontinuer dès 1984, ce système a été repris par sa fille à partir de son accession à la présidence du mouvement, en 2011, et amplifié, en 2014, quand le FN fit élire 24 eurodéputés. Grevé de dettes et en forte croissance électorale, le parti a pioché dans la manne provenant d’une UE par ailleurs vilipendée, pour se financer.
 
Ce que Marine Le Pen a d’abord contesté, arguant de persécutions politiques, puis de désaccords avec la justice sur le rôle des assistants parlementaires. Sans convaincre le tribunal en première instance, qui l’a condamnée pour détournement de fonds à quatre ans de prison dont deux fermes aménageables sous bracelet électronique. Depuis, elle a reconnu, en appel, de possibles erreurs, indépendantes de sa volonté, tandis que le Parquet général n’a pas sensiblement modifié ses réquisitions : la même peine d’inéligibilité, sans effet immédiat, la même amende et la même peine de prison, réduite à un an ferme. La décision doit être rendue mardi 7 juillet à 13h30.
 
Article de Nicolas Massol - Liberation / Photo: Abdul Saboor
 
 

: Afrique Monde