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Plus de 15.000 Malawites ont quitté l'Afrique du Sud avant des manifestations antimigrants

2026-06-27 10:47:34 - L'Afrique du Sud a autorisé plus de 15.000 ressortissants malawiens à quitter le pays avant les manifestations anti-immigrés prévues la semaine prochaine, dont beaucoup craignent qu'elles ne dégénèrent en violences, a déclaré vendredi le ministre de la Justice.
 
Des milliers d'autres attendent d'obtenir l'autorisation de départ dans des campements de fortune, selon la même source.
 
Des groupes d'initiative citoyenne ont donné jusqu'au 30 juin aux ressortissants étrangers en situation irrégulière pour quitter le pays et ont appelé à des manifestations dans tout le pays, faisant craindre une recrudescence des violences xénophobes.
 
Des Malawites étaient regroupés dans des centres aux conditions de vie déplorables dans les villes de Durban et Pietermaritzburg, au KwaZulu-Natal (sud-est), où ils attendaient des bus pour un voyage de 2.000 kilomètres vers leur pays, ont constaté des journalistes de l'AFP.
 
Les conditions de vie dans ces camps de fortune sont "intenables", a reconnu la ministre de la Justice, Mmamoloko Kubayi.
 
"A ce jour, 15.162 ressortissants malawites au total ont fait l'objet d'une procédure d'expulsion et de rapatriement, et d'autres sont encore en cours de vérification", a-t-elle précisé.
 
Vendredi en fin de journée, plus de 2.000 personnes faisaient la queue à l'extérieur d'un camp de Durban pour que leur dossier soit traité et des milliers d'autres attendaient à l'intérieur, a indiqué un journaliste de l'AFP.
 
"Je ne sais pas comment sera la vie une fois rentré chez moi, car il n'y a pas d'emploi", se lamente Mike Rabson, 22 ans, ouvrier du bâtiment.
 
Une cinquantaine de bénévoles ont distribué des repas chauds, des bouteilles d'eau et même des jouets pour les enfants.
 
- "Abandonnés" -
 
A 6 kilomètres de là, un autre groupe d'immigrés, principalement originaires de la RDC, du Burundi et du Rwanda, campe depuis des semaines devant un bâtiment administratif.
 
"Nous nous sentons abandonnés", résume Rwakayero Omari, un Burundais de 38 ans, qui explique avoir été chassé de son travail et sommé par son propriétaire de quitter son logement.
 
A Pietermaritzburg, environ 1.500 Malawites, notamment des hommes, sont rassemblés au milieu des ordures et des détritus derrière une clôture, avec pour seuls bagages quelques sacs et valises.
 
"Vous pouvez voir qu'il y a beaucoup de monde, les gens sont coincés. (...) Certains d'entre nous n'ont rien à manger", lance un homme de 37 ans. "L'eau que nous buvons n'est pas potable, mais nous n'avons pas le choix", déplore-t-il.
 
Les craintes croissantes en matière de sécurité, à la suite du pillage de commerces et aux agressions visant des étrangers, ont contraint plusieurs pays, dont le Malawi, le Ghana, le Nigeria, le Mozambique, le Zimbabwe, le Kenya et la République démocratique du Congo, à proposer des rapatriements volontaires à leurs ressortissants.
 
L'Autorité sud-africaine de gestion des frontières a indiqué avoir pris en charge le rapatriement de 8.230 ressortissants étrangers - dont 6.709 Malawites et 1.521 Zimbabwéens - entre le 12 et le 24 juin au poste-frontière de Beitbridge, à la frontière avec le Zimbabwe.
 
L'Afrique du Sud est en état d'alerte depuis plusieurs semaines, à la suite de troubles xénophobes parfois violents qui ont fait au moins trois morts, selon des sources officielles.
 
Les autorités mozambicaines ont fait état de cinq morts parmi leurs ressortissants. Un Malawite a également été tué lors d'une manifestation à Pietermaritzburg, a indiqué Mme Kubayi.
 
Pays le plus industrialisé d'Afrique, l'Afrique du Sud est depuis longtemps une destination de choix pour les personnes à la recherche d'un emploi, même si son taux de chômage avoisine les 32%.
 
La concurrence pour des emplois a attisé le ressentiment, et certains Sud-Africains tiennent les migrants pour responsables de la pauvreté et de la criminalité.
 
Les précédentes flambées de violence visant des ressortissants étrangers en situation irrégulière avaient fait 62 morts lors d'émeutes en 2008.
 

AFP - Photo: MARCO LONGARI/str-jc-br/cn/liu 

: Afrique Monde