Nombre total de visites : 5373838
Aujourd'hui : 1008
En ligne actuellement : 9

RDC : heurts lors d’un rassemblement contre le pouvoir à Kinshasa, plusieurs opposants blessés. Vidéo

2026-06-13 07:45:42 - Plusieurs opposants congolais ont été blessés vendredi à Kinshasa lors d'un rassemblement contre un projet de changement de la Constitution qu'ils accusent d'ouvrir la voie à un 3ème mandat du président, et qui a été dispersé par la police après des heurts avec des militants pro-gouvernement. 

La République démocratique du Congo (RDC), vaste pays d'Afrique centrale, doit faire face dans ses provinces de l'est à une épidémie d'Ebola et à la résurgence du groupe antigouvernemental M23 soutenu par Kigali, qui s'y est emparé de vastes pans de territoires.
 
Au pouvoir depuis 2019, le président Félix Tshisekedi, 62 ans, arrivera au terme de son second mandat de cinq ans en 2028. Il s'est dit prêt à accepter un troisième mandat "si le peuple (le) souhaite", à l'issue d'un référendum.
 
La majorité présidentielle milite depuis plusieurs semaines pour changer la Constitution, qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels.
 
Les principaux partis de l'opposition congolaise, divisée et affaiblie, se sont rassemblés en mai au sein d'une coalition pour s'opposer à ce qu'ils considèrent comme une tentative de M. Tshisekedi de se maintenir au pouvoir.
 
Une proposition de loi en cours d'examen à l'Assemblée nationale vise à permettre au président de réviser les articles verrouillés de la Constitution en cas de "dysfonctionnement majeur" paralysant les institutions de l'État, à l'issue notamment d'un référendum.
 
Vendredi, cette coalition nommée "C64" ("Coalition Article 64"), a tenté d'organiser un rassemblement devant le Parlement à Kinshasa, pour exiger le retrait de cette proposition de loi, qui constitue selon elle une "menace grave" contre la stabilité du pays.
 
Le rassemblement a rapidement dégénéré en affrontements entre militants d'opposition et militants pro-gouvernements, puis avec la police, a constaté un journaliste de l'AFP.
 
Le cortège regroupant plusieurs centaines de militants a été dispersé par des gaz lacrymogènes lancés par la police.
 
Martin Fayulu, arrivé deuxième lors de l'élection présidentielle de 2018 et troisième en 2023, ainsi que l'opposant Prince Epenge, ont été légèrement blessés durant ces heurts, émaillés de jets de pierres et de détonations, a constaté l'AFP. 
 
- Siège attaqué -
 
A la suite de ces heurts, une partie des militants d'opposition, dont plusieurs étaient blessés, se sont réfugiés dans le siège du parti du Martin Fayulu, l'Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECIDE), a constaté l'AFP.
 
Des policiers et des militants se réclamant des Forces du progrès, un mouvement de jeunesse lié au parti présidentiel et souvent décrié pour ses actions violentes, ont brièvement attaqué le siège de ce parti avec des jets de pierre, selon un journaliste de l'AFP.
 
M. Tshisekedi "a associé la milice de Forces du progrès avec la police pour attaquer les militants non armés", a dénoncé Martin Fayulu, rencontré par l'AFP dans le siège de son parti.
 
Parmi les militants blessés rencontrés par l'AFP au siège de l'ECIDE, la plupart ont déclaré avoir été touchés par des jets de pierre, et certains ont affirmé avoir été blessés par balles, sans qu'il soit possible de le confirmer à ce stade.
 
AFP - Photo:Arsene Mpiana / str-clt/roc 

: Afrique Monde: