2026-06-10 09:40:26 - « Tout le monde sera le bienvenu au Mexique, au Canada et aux États-Unis pour la Coupe du monde, lançait le président de la Fifa, Gianni Infantino, en août 2025. Il y a une procédure à suivre pour obtenir des visas, et elle se déroulera sans encombre. » Des mots qui sonnent faux, dix mois plus tard et à deux jours de l’ouverture du Mondial 2026 (du 11 juin au 19 juillet).
Parce qu’entre-temps, et alors que le sujet alertait déjà à l’époque, des polémiques en pagaille ont germé concernant l’accès au territoire états-unien. Visas refusés, contrôles de sécurité, individus refoulés… La politique autoritaire de Donald Trump, soutenu publiquement par Gianni Infantino, assombrit cette Coupe du monde 2026.
Un arbitre refoulé à Miami
Les incidents concernent même les acteurs directs de la compétition. Ce vendredi, l’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan, qui devait officier durant le Mondial, a été refoulé du sol états-unien, alors qu’il disposait « d’un visa en règle » selon le haut conseiller auprès du ministère somalien de la Jeunesse et des Sports, Ciise Aden Abshir.
« À l’issue de l’inspection (après son arrivée à l’aéroport de Miami), le voyageur a été jugé inadmissible en raison de problèmes liés à la vérification de ses antécédents », ont pour leur part annoncé les autorités américaines. Dans un communiqué, la Fifa a lâché l’arbitre : « C’est le gouvernement du pays hôte qui détermine en dernier ressort qui reçoit un visa et qui est admis sur son territoire. »
L’équipe d’Iran, alors que leur pays est toujours en guerre avec les États-Unis, connaît elle aussi des difficultés. Arrivée dimanche au Mexique, la formation a essuyé le refus de Washington d’octroyer un visa à plusieurs des membres de son encadrement. Selon l’ambassadeur iranien au Mexique, l’équipe devra entrer et sortir des États-Unis « le jour même » pour disputer ses matchs de poules à Seattle et Los Angeles.
Le président de la Fédération iranienne de football, Medhi Taj, a toutefois évoqué le droit d’entrer sur le territoire la veille des matchs, voire deux jours avant. Mais cela n’efface pas toutes les inquiétudes, alors que Donald Trump jugeait en mars dernier qu’il n’était « vraiment pas approprié » que l’Iran participe au Mondial.
« Les cas sont légion et inacceptables »
De nombreux journalistes connaissent eux aussi des problèmes de visa. Le président de l’Association internationale de la presse sportive (AIPS), Gianni Merlo, s’est par ailleurs exprimé à ce sujet samedi : « Des collègues iraniens, africains, dont certains n’ont obtenu qu’un visa à usage unique. Si leur équipe joue au Canada ou au Mexique et qu’ils la suivent, ils ne peuvent plus retourner aux États-Unis. Les cas sont légion et inacceptables. »
Les conditions d’obtention des visas étaient d’ailleurs particulièrement âpres, notamment pour les ressortissants de certains pays comme l’Algérie, le Cap-Vert, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et la Tunisie. Ceux-ci devaient en effet réunir une caution s’élevant jusqu’à 15 000 dollars pour entrer aux États-Unis. Une somme rendue uniquement si la personne quitte le territoire avant la date de fin de validité de son visa.
Et même pour les personnes qui sont bien arrivées sur le territoire des États-Unis, la répression ne flanche pas. La sélection d’Ouzbékistan a par exemple été soumise à un contrôle de sécurité très strict, ce lundi avant son match de préparation perdu contre les Pays-Bas (2-1), à New York.
Et même pour les personnes qui sont bien arrivées sur le territoire des États-Unis, la répression ne flanche pas. La sélection d’Ouzbékistan a par exemple été soumise à un contrôle de sécurité très strict, ce lundi avant son match de préparation perdu contre les Pays-Bas (2-1), à New York.
D’après des images publiées par ESPN Centroamérica, les joueurs et le staff ont été passés au détecteur de métal dès leur sortie du bus, tandis qu’un chien renifleur inspectait leur sac. En septembre dernier, Donald Trump avait par ailleurs menacé de délocaliser certains matchs, pointant des villes dirigées « par des extrémistes de gauche qui ne savent pas ce qu’ils font ».
Des appels au boycott inefficaces
Dans un contexte marqué par la guerre en Iran mais aussi les nombreux débordements de la police américaine de l’immigration - n'incite guère guères supporters à s'y rendre..
En janvier également, l’un des membres du comité directeur de la Fédération allemande de football, Oke Göttlich, appelait au boycott : « Je me demande vraiment quand viendra le temps d’en discuter sérieusement. Pour moi, le moment est venu. Quelles étaient les justifications des boycotts olympiques des années 1980 (lors des Jeux de Moscou, alors que l’URSS avait envahi l’Afghanistan) ? À mon avis, la menace potentielle est plus grande aujourd’hui qu’elle ne l’était alors. »
Article de Axel Daillet, Le Parisien Sports avec AFP - Photo:AFP/Andrew Caballero-Reynolds
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