Nombre total de visites : 5360408
Aujourd'hui : 892
En ligne actuellement : 1

Violences xénophobes en Afrique du Sud : cinq Mozambicains tués, selon Maputo, deux selon Pretoria.(En tout cas, pendant le mondial 2026, nous espérons votre sortie illico-presto dès le premier tour.Dixit Médard Ntep)

2026-06-03 03:24:39 - Le gouvernement mozambicain a dénoncé la mort de cinq de ses ressortissants lors d'"attaques xénophobes" en Afrique du Sud, secouée par une nouvelle vague de manifestations et d'actions coup de poings antimigrants. 

La police sud-africaine a pour sa part évoqué mardi un bilan de deux morts dans la ville portuaire de Mossel Bay (sud).
 
Il s'agit des premiers morts recensés dans le pays depuis le début de l'actuelle flambée de violences xénophobes visant particulièrement les étrangers en situation irrégulière. Le Mozambique œuvrait mardi au retour de plusieurs centaines de ses ressortissants, le Ghana en a déjà rapatrié 300 et le Nigeria a aussi annoncé des rapatriements.
 
Environ 800 Mozambicains ont été pris à partie dans des violences ayant éclaté vendredi à Mossel Bay (sud), selon un communiqué diffusé lundi soir par Maputo, qui précise que "sept Mozambicains sont morts, dont cinq des conséquences directes des agressions xénophobes et deux des suites d'un accident de la route alors qu'ils regagnaient le Mozambique en voiture".
 
"Il n'est pas vrai que cinq personnes ont été tuées", a déclaré mardi à l'AFP la porte-parole de la police de la province du Cap-Occidental (sud), Novela Potelwa. "Deux Mozambicains ont perdu la vie dans le bidonville d'Asla Park, en périphérie de la ville, vendredi soir, l'un âgé de 27 ans et l'autre de 43 ans", a-t-elle précisé, refusant de confirmer qu'il y ait un lien avec de la xénophobie.
 
Le corps d'un Sud-Africain de 18 ans, poignardé à mort dans des circonstances peu claires, a été retrouvé dimanche avec des blessures par arme blanche dans la même zone, a indiqué la police, ajoutant qu'il était impliqué dans une tentative de vol.
 
- Rapatriement -
 
Cinq personnes ont été arrêtées depuis le début des violences, ont ajouté les forces de l'ordre.
 
Economie la plus industrialisée du continent, l'Afrique du Sud attire depuis longtemps de nombreux travailleurs africains, en situation régulière ou non, malgré un chômage très élevé et la pauvreté. Le ressentiment est vif envers les immigrés africains détenteurs d'un emploi qui font office de boucs-émissaires, selon des analystes.
 
Depuis plusieurs mois, des manifestations xénophobes ont eu lieu dans plusieurs régions du pays, des partis alimentant la rhétorique antimigrants, perçue comme un argument de campagne efficace pour gagner des sièges lors des élections locales de début novembre.
 
Le pays compte environ trois millions d'immigrés en situation régulière (5,1% de la population), selon les statistiques officielles. Près de deux-tiers sont issus de pays d'Afrique australe en crise économique (Zimbabwe, Malawi...) ou de la République démocratique du Congo (RDC), et certains viennent aussi d'Afrique de l'Ouest.
 
Les dernières violences ont poussé 300 Mozambicains à rentrer par leurs propres moyens samedi, selon les autorités de Maputo. "Les plus de 500 restants ont trouvé refuge depuis en lieu sûr dans la province du Cap Occidental, et leur rapatriement a déjà débuté".
 
Selon la télévision publique sud-africaine SABC, des tensions ont éclaté à Mossel Bay à la suite d'allégations selon lesquelles des migrants illégaux étaient employés par des entreprises de construction. Environ 55 habitations de fortune ont été incendiées, selon des des médias locaux.
 
- "Je me suis enfuie" -
 
"Nous étions encore à l'intérieur quand des gens ont commencé à brûler notre maison", a déclaré Dolinda Mabunda, une Mozambicaine citée par le Mossel Bay Advertiser. "J'ai juste pris ce que j'ai pu et je me suis enfuie", a-t-elle ajouté. 
 
"Je vais retourner (chez moi) parce que nous ne sommes pas en sécurité", a souligné un migrant nommé Silvino Chauque à SABC, précisant qu'il avait perdu tous ses biens lors des violences. 
 
Le maire de Mossel Bay Dirk Kotze avait exprimé sa "vive inquiétude" et sa "consternation face aux violences xénophobes".
 
Le mouvement antimigrants March and March dont les sympathisants arborent des T-shirt aux couleurs sud-africaines a lancé un ultimatum exigeant l'expulsion des migrants en situation irrégulière d'ici au 30 juin. Cette initiative n'a aucun soutien officiel et a été critiquée par les autorités.
 
Le gouvernement mozambicain a souligné que la situation était volatile et risque de s'aggraver à l'approche du 30 juin. Maputo œuvre pour soutenir ses ressortissants encore présents en Afrique du Sud.
 
L'Afrique du Sud a connu plusieurs vagues de violences xénophobes au cours des deux dernières décennies.
 
En 2008, 62 personnes, dont 21 Sud-Africains, ont été tuées lors d'émeutes antimigrants et des milliers ont été déplacées. De nouvelles flambées de violences ont suivi en 2015 et 2016. En 2019, des groupes armés ont ciblé des commerces appartenant à des étrangers autour de Johannesburg, faisant au moins 12 morts, dont 10 Sud-Africains.
 
AFP / Photo: RAJESH JANTILAL/ho-str-br/cpy/eba/thm - Titre: AM

: Afrique Monde: