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Immigration au Québec : forte hausse des expulsions

2026-06-02 02:29:35 - Au Québec, les expulsions d’immigrés connaissent une hausse spectaculaire. Selon les données de l’Agence des services frontaliers du Canada, la province est devenue en 2025 la principale région du pays pour les renvois exécutés, devant le Grand Toronto.  

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2025, le Canada a procédé à 23 160 renvois, contre 17 397 en 2024 et 15 231 en 2023. En deux ans, le nombre d’expulsions exécutées à l’échelle nationale a donc bondi de plus de 52 %. Mais c’est au Québec que la progression est la plus frappante : 10 628 renvois y ont été effectués en 2025, contre 6 970 l’année précédente. La hausse atteint ainsi environ 52,5 % en un an.
 
Le Québec concentre près de la moitié des renvois au Canada
 
La région québécoise de l’ASFC pèse désormais très lourd dans le bilan national. En 2025, elle a concentré près de 46 % des renvois exécutés au Canada. À titre de comparaison, la région du Grand Toronto, souvent associée à une forte pression migratoire, a enregistré 7 162 renvois la même année.
 
La tendance s’est poursuivie au début de 2026. Entre janvier et mars, l’ASFC a exécuté 5 260 renvois dans tout le Canada. Sur ce total, 2 886 concernaient le Québec, soit près de 55 % des expulsions nationales du premier trimestre. Si ce rythme se maintenait, la province pourrait dépasser largement le niveau atteint en 2025.
 
Cette accélération s’inscrit dans une politique plus stricte d’Ottawa en matière d’immigration. Les autorités canadiennes affirment vouloir préserver l’intégrité du système migratoire, accélérer le traitement des dossiers et faire exécuter les décisions de renvoi lorsque les recours sont épuisés.
 
Les personnes sans statut en première ligne
 
Selon La Presse, les personnes concernées par ces renvois sont principalement des étrangers déclarés inadmissibles, des demandeurs d’asile déboutés ou des personnes qui ne disposent plus d’un statut légal au Canada. Selon les statistiques de l’ASFC, la catégorie liée au non-respect de la loi par des demandeurs d’asile représente la plus grande part des renvois : 19 225 cas en 2025 à l’échelle nationale.
 
Cela montre que la hausse ne concerne pas uniquement des cas isolés ou judiciaires. Elle touche directement le fonctionnement du système d’asile canadien, mis sous pression ces dernières années par l’augmentation des demandes, les délais administratifs et les changements de règles à la frontière.
 
Au Québec, cette réalité prend une dimension particulière. Plusieurs organismes communautaires disent accompagner de plus en plus de familles menacées de séparation. Dans certains dossiers, un parent reçoit une mesure de renvoi alors que son conjoint attend encore une décision administrative. Dans d’autres cas, l’enfant est né au Canada, mais l’un des parents n’a pas obtenu de statut permanent. 
 
Article de Mohamed Rahmani / Source : ObservAlgerie

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