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Cuba : Raul Castro inculpé aux USA, Washington propose son aide à La Havane

2026-05-21 17:43:09 - WASHINGTON, 20 mai (Reuters) - L'ancien président cubain Raul Castro a été inculpé mercredi par la justice américaine pour son implication présumée dans la destruction de deux avions civils au large de Cuba qui avait fait quatre morts en 1996. 

Trente ans après les faits, la mise en accusation de Raul Castro, alors ministre de la Défense, marque un cran supplémentaire dans l'escalade entre Washington et La Havane.
 
Cette décision rappelle en outre la stratégie politico-judiciaire dont a usé le président américain Donald Trump pour obtenir la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro le 3 janvier et son transfert vers les Etats-Unis où il est inculpé de narcotrafic. Cuba et le Venezuela, bêtes noires de l'administration Trump, sont des alliés historiques.
 
Avant l'inculpation du frère de Fidel Castro, héraut de la révolution cubaine de 1959 et décédé en 2016, Donald Trump avait déclaré dans un communiqué qu'il ne pourrait "tolérer un Etat voyou" si proche du territoire américain.
 
Mardi néanmoins, le chef de la Maison blanche s'est dit disposé à aider Cuba, qu'il y ait ou non un "changement de régime" à La Havane.
 
"Cuba nous appelle. Ils ont besoin d'aide. Mais Cuba est un État en faillite. Cuba a besoin d'aide, et nous allons leur en apporter", a-t-il déclaré à la presse.
 
Le président cubain Miguel Diaz-Canel ne cesse de répéter que son pays n'est pas une menace et a mis en garde lundi contre "un bain de sang" face aux déclarations agressives de Donald Trump.
 
Le président cubain est revenu sur l'incident de 1996, avançant que Cuba avait agi pour défendre son territoire, accusant les Etats-Unis de justifier par cette inculpation une action militaire contre l'île.
 
"C'est une manoeuvre politique, dénuée de toute fondation légale", a lancé Miguel Diaz-Canel.
 
Raul Castro, 94 ans, est inculpé pour un incident qui avait marqué un tournant dans les relations entre les Etats-Unis et l'île communiste et conduit Washington à renforcer son embargo avec le vote de la loi Helms-Burton. Il a dirigé Cuba de 2008 à 2018.
 
Selon l'acte d'inculpation, il est poursuivi pour conspiration en vue de tuer des citoyens américains, pour quatre chefs d'homicide et deux chefs de destruction d'aéronef. Cinq autres personnes sont poursuivies à ses côtés, indique le document.
 
Interrogé sur une éventuelle arrestation de Raul Castro par l'armée américaine lors d'une cérémonie en hommage aux victimes de l'incident de 1996 tenue à Miami, le procureur général par intérim des Etats-Unis Todd Blanche n'a pas répondu à la question mais a dit s'attendre à ce que le dirigeant cubain soit un jour traduit en justice.
 
"Il y avait un mandat d'arrêt lancé contre lui, donc nous nous attendons à ce qu'il se présente ici de sa propre initiative ou d'une autre manière."
 
WASHINGTON PROPOSE UNE AIDE DE 100 MILLIONS DE DOLLARS
 
Le 26 février 1996, des chasseurs de l'armée de l'air cubaine avaient abattu deux avions Cessna de "Brothers to the Rescue", une ONG humanitaire d'exilés cubains basée à Miami, faisant quatre morts. La justice américaine considère que Raul Castro a joué un rôle central dans cette opération.
 
Une cérémonie était prévue ce mercredi à Miami en hommage aux victimes.
 
Le ministère cubain des Affaires étrangères n'a pas répondu dans l'immédiat à une demande de commentaire.
 
En parallèle, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a proposé mercredi, dans un message vidéo adressé au peuple cubain, de nouer de nouvelles relations entre les États-Unis et l'île.
 
Il a proposé de fournir 100 millions de dollars d'aide alimentaire et médicale à la population cubaine, à condition que celle-ci soit distribuée par l'intermédiaire des églises.
 
"Nous vous proposons notre aide non seulement pour atténuer la crise actuelle, mais aussi pour bâtir un avenir meilleur", a-t-il déclaré à l'occasion de la Fête de l'indépendance de Cuba.
 
Dans son allocution vidéo prononcée en espagnol, Marco Rubio impute les pénuries qui affectent l'île soumise à un quasi-blocus des États-Unis à la cupidité et à la corruption de ses dirigeants.
 
"La véritable raison pour laquelle vous manquez d'électricité, de carburant ou de nourriture, c'est que ceux qui contrôlent votre pays ont détourné des milliards de dollars, mais rien n'a été utilisé pour aider la population", dit le chef de la diplomatie américaine, lui-même d'origine cubaine.
 
Son homologue cubain, Bruno Rodriguez, l'a accusé sur X de se faire l'écho "d'intérêts vengeurs et corrompus".
 
(Rédigé par Doina Chiacu et Katharine Jackson ; version française Tangi Salaün, édité par Sophie Louet)
 
Article de Reuters - Photo: REUTERS/Stefano Rellandini/Thomson Reuters

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