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Indonésie : « Nous n’avons pas remarqué les signes » . des bébés retrouvés ligotés et blessés dans une crèche indonésienne

2026-04-29 02:07:47 - Ligotés et en couches. Lors d’une opération vendredi, la police indonésienne a découvert une scène effroyable dans une crèche de Yogyakarta : plusieurs bambins étaient dénudés, pieds et poings liés, allongés à même le sol, ont rapporté la BBC et l’AFP. Les parents des jeunes pensionnaires sont sous le choc. 

Noorman confiait ses deux jeunes enfants au centre depuis des années, convaincu par le discours de la crèche Little Aresha, qui vantait ses installations bien équipées et la diversité de ses activités ludiques.
 
« Les prestations proposées comprennent des salles climatisées, des lits, le déjeuner et toute une gamme d’activités ludiques », a-t-il déclaré à la BBC. « Nous n’avons pas remarqué les signes qui indiquaient que quelque chose n’allait pas ».
 
Le centre niait en bloc pour dissiper les soupçons
 
Noorman a déjà eu des soupçons : une fois, il avait remarqué une coupure au menton de sa fille et des bleus sur ses mains, mais le centre a affirmé qu’elle avait dû se blesser chez elle et non entre ses murs. Ses enfants semblaient également tout le temps affamés. Durant un récent rendez-vous médical, il s’est avéré que son fils souffrait d’une pneumonie.
 
Budiyanto, un autre parent qui a commencé à envoyer sa fille d’un an et demi à Little Aresha l’année dernière, a lui aussi remarqué des coupures, des ecchymoses et des bosses sur le front et la joue de celle-ci. Le personnel de la crèche a expliqué qu’elle avait été mordue par d’autres enfants – une explication qu’il a acceptée à l’époque.
 
Cette découverte de la police a confirmé les soupçons de maltraitance qui planaient au-dessus de Little Aresha. Selon les autorités, des dizaines d’enfants seraient concernés et la majorité des victimes auraient moins de deux ans.
 
La police de Yogyakarta a inculpé 13 personnes – dont le directeur de la crèche, le responsable de la fondation Little Aresha et ses éducateurs – pour de multiples infractions à la protection de l’enfance. Les suspects ont expliqué à la police qu’ils avaient entravé certains des enfants pour les empêcher de déranger les autres, a déclaré la cheffe de la police municipale, Eva Guna Pandia, à l’AFP. Ils ont également affirmé que le centre manquait de personnel, ne disposant pas d’effectifs suffisants pour laver et habiller leurs jeunes usagers. Les suspects encourent jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et une amende de 100 millions de roupies (4 950 euros).
 
Les enfants entassés dans des pièces exiguës
 
L’enquête a donné lieu à un examen plus approfondi des centres d’accueil pour enfants du pays, dont beaucoup, selon les autorités, ne disposent pas des autorisations nécessaires.
 
La descente de police à Little Aresha a eu lieu après qu’un ancien employé a porté plainte auprès de la police, affirmant que des enfants avaient subi des traitements inhumains. Lors de leur visite, les autorités ont également découvert plusieurs petites pièces d’environ 3 mètres de large, chacune entassant jusqu’à 20 enfants, a déclaré Rizki Adrian, chef de l’unité d’enquête criminelle de la police de Yogyakarta.
 
Les autorités ont confirmé que Little Aresha ne disposait pas d’un permis d’exploitation. Le centre, fermé depuis la descente de police, n’a pas réagi publiquement.
 
« Pour que Maman ne m’entende pas pleurer »
 
Le gouvernement de Yogyakarta a demandé que les victimes présumées bénéficient d’évaluations psychologiques et physiques approfondies. Les parents des victimes pourront également être pris en charge s’ils le souhaitent.
 
Certains parents sont rongés par la culpabilité d’avoir confié leurs enfants à cette crèche. Dans une vidéo publiée sur TikTok, Erika Rismay, la mère d’une victime, interroge sa fille, qui raconte avoir été ligotée par les mains et les pieds et bâillonnée.
 
« Pourquoi t’ont-ils couvert la bouche ? » demande Erika à son enfant dans la vidéo, qui a été visionnée plus de 300 000 fois. « Pour que je ne pleure pas. Pour que Maman ne m’entende pas pleurer », répond la petite fille.
 
Article de Maïlis Rey-Bethbeder-Le Parisien / Photo:  AFP/Devi Rahman
 

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