2026-04-23 05:42:29 - Gérald Darmanin s’est félicité ce mercredi d’une nette augmentation des expulsions de détenus étrangers depuis son arrivée place Vendôme, y voyant un levier pour lutter contre « le fléau de la surpopulation » carcérale. Dans un message publié sur X, le garde des Sceaux affirme que la France a « augmenté de + 70 % le nombre de détenus étrangers expulsés ». Ces derniers « représentent 25 % de notre population carcérale et contribuent donc à la surpopulation de nos prisons », ajoute-t-il, assurant vouloir continuer « d’accroître [ces] expulsions ».
Selon une note du ministère révélée par Europe 1, la population pénale atteignait 88 419 personnes détenues au 1er avril 2026, dont 21 329 détenus étrangers, soit 24 % des effectifs contre 26 % fin 2024, à l’arrivée de Gérald Darmanin à la Chancellerie. Ces éloignements reposent notamment sur les « libérations conditionnelles-expulsions » (LCE) et les mécanismes de reconnaissance mutuelle des jugements entre États. « Le recours aux LCE a fortement progressé, passant de 1 039 en 2023 à 1 500 en 2025 (+44 %), avec une dynamique encore renforcée en 2026 (+33 % par rapport à 2025 et +70 % par rapport à 2024) », précise la note.
Vers un « numerus clausus » dans les prisons ?
Malgré ces mesures, la pression reste intense dans les établissements pénitentiaires. Mois après mois, la France bat des records de surpopulation carcérale. Au 1er mars, le taux d’occupation global atteignait 137,5 %, avec 87 126 détenus pour moins de 63 500 places. Une situation particulièrement critique dans les maisons d’arrêt, qui accueillent les prévenus et les courtes peines. Dans ce contexte, le syndicat Ufap-Unsa Justice, majoritaire chez les surveillants, appelle à une mobilisation nationale le 27 avril, après plusieurs mouvements locaux. Il réclame le recrutement de 5 000 agents supplémentaires et « des mesures d’urgence » face à une situation jugée explosive.
S’il se dit « favorable à toutes mesures permettant de sortir de la crise carcérale actuelle », le syndicat met toutefois en garde contre une lecture trop optimiste des expulsions. « Nous prenons 200 détenus par semaine et la barre des 90 000 détenus devrait être franchie d’ici septembre prochain », alerte son secrétaire national, Wilfried Fonck. Il souligne également que « la crise carcérale ne se limite pas à la surpopulation carcérale : 5 000 postes vacants, 5 000 agressions physiques par an » contre les surveillants.
Plus largement, syndicats et professionnels du secteur plaident pour la mise en place d’une régulation carcérale, afin d’ajuster les entrées et sorties de détenus. Une option que Gérald Darmanin continue de rejeter, tout en évoquant sa volonté d’inscrire dans la loi des objectifs de « numerus clausus » dans les prisons.
le JDD - Photo: Jeanne Accorsini
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