2026-04-02 10:13:31 - En Tanzanie, le principal parti d’opposition, le Chadema, interpelle l’Union africaine. Une semaine après la nomination de l'ancien président Jakaya Kikwete en tant que Haut représentant de l'UA pour la corne de l’Afrique et la mer Rouge, le parti demande une révision de ce choix. Il estime que la crédibilité démocratique de l’ancien président tanzanien est entachée.
Dans la lettre officielle de deux pages adressée à l’Union africaine, Chadema se dit « profondément préoccupé » par la nomination de Jakaya Kikwete au poste de Haut représentant pour la corne de l’Afrique et la mer rouge.
En cause, le passé de l’ancien président de la Tanzanie. Le parti d’opposition l’accuse d’avoir entravé la mise en place de la Constitution du pays. Il pointe également du doigt sa proximité avec la présidente tanzanienne actuelle comme l’explique John Kitoka, directeur des Affaires etrangères et de la diaspora de Chadema. « C’est un allié très proche de Samia Suluhu Hassan dont le régime est responsable des massacres qui ont eu lieu le 29 octobre dernier et les jours suivants. Il n’a jamais officiellement fait entendre sa voix pour dénoncer toutes les violations des droits de l’Homme qui ont lieu dans le pays ».
Trois mois après des manifestations réprimées dans le sang en Tanzanie, le gouvernement a mis en place une commission d’enquête ayant pour but d’identifier la cause de ces violences. Fin octobre, la présidente Samia Suluhu Hassan avait été élue avec près de 98% des voix lors d’élections jugées frauduleuses par une partie de la population. Face au mouvement de contestation, le gouvernement avait répondu avec tirs à balles réelles et gazs lacrymogènes.
Chadema n’a pas encore reçu de réponse de l’Union africaine mais espère un retour prochainement. Selon le parti d’opposition ce choix n’est pas digne des valeurs de l’organisation régionale. Un combat qui s’inscrit dans la lutte pour exister du seul parti d’opposition de taille en Tanzanie, interdit de participer à l’élection présidentielle l’an dernier. Ce mois-ci marquera les un an de détention de son leader Tundu Lissu accusé de trahison. Un crime passible de la peine de mort en Tanzanie.
Par Elodie Goulesque correspondante à Dar-es-Salam, RFI / Photo: AP - Molly Riley
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