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L'Iran frappe de nouveau Israël, Téhéran nie toute négociation avec Washington

2026-03-25 09:25:55 - WASHINGTON/JÉRUSALEM/TEL AVIV, 24 mars (Reuters) - L'Iran a lancé mardi de multiples vagues de missiles sur Israël, selon l'armée israélienne, après que Donald Trump a reporté ses menaces de frapper les centrales électriques de Téhéran, avançant l'existence de négociations entre les deux parties, aussitôt démenties par le régime iranien. 

Les sirènes d'alerte aérienne ont retenti en Israël, notamment à Tel-Aviv, où un immeuble d'habitation de plusieurs étages présentait des trous béants. Il n'était pas possible de déterminer dans l'immédiat si ces dégâts avaient été causés par un impact direct ou par des débris provenant d'une interception.
 
Les services d'incendie et de secours israéliens ont précise qu'ils cherchaient des civils coincés dans un immeuble à Tel-Aviv et qu'ils avaient découvert des civils dans un abri situé dans un autre bâtiment endommagé.
 
L'armée israélienne a déclaré pour sa part que ses avions de combat avaient mené lundi une vaste série de frappes dans le centre de Téhéran, visant des centres de commandement clés, notamment des installations liées aux services de renseignement du Corps des gardiens de la révolution islamique et au ministère iranien du Renseignement.
 
Lundi, sur le tarmac de l'aéroport de Palm Beach (Floride), le président américain a déclaré aux journalistes que son gendre, Jared Kushner, et son envoyé spécial, Steve Witkoff, menaient les négociations avec l'Iran.
 
"Nous avons eu des discussions très, très solides. On verra où cela nous mène. Nous avons plusieurs points d'accord, je dirais, presque tous les points d'accord", avait-il poursuivi, suspendant alors ses menaces de frapper les infrastructures électriques iraniennes si Téhéran ne rouvrait pas le détroit d'Ormuz.
 
Le gel des frappes américaines en Iran ne concerne toutefois pas les sites militaires, la marine, les missiles balistiques et le secteur de la défense, a déclaré un responsable américain à l'agence de presse Semafor.
 
Un responsable israélien a précisé par la suite que l'interlocuteur iranien était le président du parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.
 
Le nouvel homme fort a cependant rapidement démenti toute négociation avec Washington, dénonçant sur X une tentative de manipulation des cours du pétrole.
 
Un responsable européen a toutefois rapporté que l'Egypte, le Pakistan et les Etats du Golfe relayaient des messages entre Washington et Téhéran mais qu'aucune discussion directe n'avait eu lieu.
 
RENCONTRE POSSIBLE CETTE SEMAINE
 
Des négociations directes pourraient cependant se tenir dès cette semaine à Islamabad, capitale du Pakistan, a-t-on appris d'un dirigeant pakistanais et d'une autre source.
 
Le vice-président américain JD Vance ainsi que Steve Witkoff et Jared Kushner pourraient rencontrer des dirigeants iraniens après un appel passé entre Donald Trump et le chef de l'armée pakistanaise, Asim Munir, selon le dirigeant pakistanais.
 
La Maison blanche a confirmé l'appel entre le président américain et Asim Munir.
 
Par ailleurs, les médias iraniens ont fait état de discussions entre le président iranien Massoud Pezechkian et le Premier ministre du Pakistan, Shehbaz Sharif.
 
Le bureau du Premier ministre pakistanais n'a pas répondu dans l'immédiat à une demande de commentaire.
 
Le ministère iranien des Affaires étrangères a fait état d'initiatives visant à réduire les tensions sans confirmer l'existence de négociations décrites par Donald Trump.
 
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, s'est entretenu avec son homologue d'Oman sur la situation dans le détroit d'Ormuz et a accepté de continuer les consultations entre les deux pays, a-t-on appris du ministère.
 
L'Iran a de fait fermé le détroit d'Ormuz, par lequel transitent environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux, depuis que les États-Unis et Israël ont déclenché leur guerre le 28 février, provoquant une onde de choc dans l'économie mondiale.
 
Washington et Téhéran avaient mené le mois dernier sous la médiation d'Oman un nouveau cycle de pourparlers sur le programme nucléaire iranien, qualifié de productif, moins de deux jours avant que les Etats-Unis et Israël ne lancent l'opération baptisée "Fureur épique" en Iran, tuant notamment le guide suprême iranien, Ali Khamenei, dès le premier jour.
 
Les principales Bourses européennes évoluent en légère hausse en début de séance, au lendemain d'un revirement spectaculaire des indices lundi en réaction à l'annonce faite par Donald Trump du report de sa menace d'attaquer les centrales électriques iraniennes.
 
Les cours du pétrole, qui avaient fortement baissé lundi - le Brent repassant un moment sous les 100 dollars le baril - repartent à la hausse avec le démenti iranien sur l'existence de discussions avec Washington, avec un Brent qui gagne près de 3% à 102,83.
 
Le changement de posture de Donald Trump est intervenu après que l'Iran a menacé d'attaquer les centrales électriques israéliennes et celles alimentant les bases américaines dans la région du Golfe si les États-Unis ciblaient le réseau électrique iranien.
 
(Reportage de Phil Stewart, Idrees Ali, Gram Slattery et Humeyra Pamuk à Washington, Maayan Lubell à Jérusalem et Alexander Cornwell à Tel Aviv, Ariba Shahid à Karachi et Saad Sayeed à Bangkok; reportages complémentaires des bureaux de Reuters; version française Zhifan Liu, édité par Benoit Van Overstraeten)

Article de Reuters-Photo:Thomson Reuters

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