Nombre total de visites : 5279667
Aujourd'hui : 1148
En ligne actuellement : 2

France : Christian Estrosi Maire de la ville de Nice, refoulé à l’entrée de la prière de l’Aïd à Nice.

2026-03-21 04:42:10 - Ce vendredi 20 mars, à l'occasion de la fête de l'Aïd marquant la fin du Ramadan, près de 7 000 fidèles se sont réunis au Palais des expositions de Nice pour célébrer la fin du mois de jeûne. Christian Estrosi, maire sortant et candidat à un quatrième mandat, a souhaité y assister comme le révèle Nice-Matin.Le maire, et compagnon de Laura Tenoudji, s'est présenté à l'entrée du bâtiment sans y avoir été invité, l'Union des musulmans des Alpes-Maritimes n'ayant convié aucun candidat à la mairie, malgré les demandes répétées de Christian Estrosi auprès de sa direction dans les jours précédents.  

À son arrivée, il n'a pas été autorisé à franchir le portail de sécurité et a dû repartir sans avoir pu assister à la célébration. L'incident intervient à deux jours du second tour des élections municipales à Nice, dans un contexte de campagne particulièrement tendu entre les deux principaux candidats en lice.
 
Une communauté qui refuse d'être instrumentalisée par Christian Estrosi et les autres politiques
 
"La prière était pour les musulmans, ce n'était pas une prière politique ! Chaque musulman est libre de voter pour qui il veut !", a déclaré l'imam Otmane Aissaoui au sortir de la célébration. Les organisateurs ont rappelé qu'aucun candidat n'avait été convié à cet événement religieux, et que cette règle avait été appliquée de manière identique pour tous. La décision de ne pas laisser entrer le maire s'inscrit, selon eux, dans une volonté claire de préserver le caractère apolitique de la prière de l'Aïd. Les responsables de l'Union des musulmans des Alpes-Maritimes ont fait part de leur lassitude face à ce qu'ils perçoivent comme une instrumentalisation répétée de leur communauté, de la part de plusieurs formations politiques, tout au long de cette campagne municipale. Ils estiment en effet que la communauté musulmane a été placée au cœur de débats politiques qui ne la concernaient pas directement, aussi bien à droite qu'à l'extrême droite. La présence spontanée du compagnon de Laura Tenoudji à l'entrée du Palais des expositions n'a donc pas été acceptée par les organisateurs, qui ont maintenu leur position et refusé toute exception.
 
Un maire sortant en difficulté à deux jours du scrutin
 
L'incident survient dans un contexte électoral difficile pour Christian Estrosi. Au premier tour des municipales du 15 mars, la liste RN-UDR menée par Éric Ciotti est arrivée en tête avec 43,43% des voix, devant celle du maire sortant qui a obtenu 30,92% des suffrages. Un écart de plus de douze points qui place le maire dans une position délicate pour le second tour. La liste PS-PC-Écologistes de Juliette Chesnel-Le Roux, troisième avec 11,93%, a par ailleurs choisi de se maintenir au second tour malgré les appels de Christian Estrosi à se retirer pour faire barrage à l'extrême droite. Une décision qui complique les calculs du maire sortant. Cette semaine, Bruno Retailleau, patron des Républicains, a également refusé de lui apporter son soutien, malgré un accord préexistant entre LR et Horizons. Face à la situation, Christian Estrosi multiplie les déplacements sur le terrain et les appels au rassemblement à l'approche du scrutin de dimanche. Malgré un écart de douze points avec son rival au premier tour, il affirme croire à la victoire. La visite au Palais des expositions s'inscrivait dans cette dynamique de campagne intensive, avant de prendre fin dès l'entrée du bâtiment.
 
Article de Romain Fiaschetti - Public 

: Afrique Monde