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2026-03-21 01:05:12 -Déposés dans l'obscurité et sur un banc de sable, des migrants originaires d'Afrique continentale ont perdu la vie en essayant d'atteindre le rivage, à Mitsamihuli, au nord de la Grande Comore, dans la soirée du mercredi 18 mars. Selon les autorités comoriennes, le bilan est de 18 décès, trois disparus et une trentaine de rescapés.
Mitsamihuli, au nord de la Grande Comore, les corps de 18 migrants ont été repêchés, selon un dernier bilan, ce jeudi 19 mars. Venus d'Afrique continentale, notamment du Congo, ils faisaient partie des 51 passagers d’un bateau qui les a déposés sur un banc de sable non loin du rivage. Les passeurs leur ont fait croire qu'ils étaient arrivés à Mayotte.
Pensant pouvoir rejoindre la rive à pied, ils ont été piégés par la marée et l'obscurité. Beaucoup se sont noyés, tandis qu'une trentaine de personnes ont ainsi pu être secourues par la population et les forces de sécurité. "Dans la nuit de mercredi, on a trouvé huit décédés et les corps ont été repêchés par les habitants de Mitsamihuli, pêcheurs et autorités. Ce matin, on a pu repêcher également neuf corps. Ce qui fait qu’actuellement nous avons 17 décédés [N.D.L.R. un autre a été retrouvé depuis]. Il y a [trois] disparus que le garde-côte est en train de rechercher", comptabilise Mohamed Ahamada Assoumani, le ministre de l’Intérieur comorien.
Des flux venus de Tanzanie
Alors que le pays fait face à des vagues de migrants depuis 2020, c’est la première fois que des corps sont repêchés. A cause de ce phénomène, depuis fin 2024, la coopération comoro-tanzanienne sur la question des migrations a pourtant été renforcée, car le point de départ des migrants est souvent la ville de Mtwara ou plus rarement la capitale tanzanienne Dar Es Salaam.
"C’est très louable ce que le gouvernement des Comores est en train de faire avec le gouvernement de Tanzanie. Parce que c’est seulement avec une solidarité internationale avec les pays voisins qu’on peut trouver des solutions à ces actes criminels", considère James Tsok Bot, le coordonnateur résident des Nations Unies aux Comores.
Les victimes de mercredi soir, dont des enfants de deux ans, ont été enterrées à Mitsamihuli dans un terrain offert par la commune. Les rescapés qui présentaient des lésions mineures devraient être rapidement transférés à Moroni.
Garde-côtes Comorienne
INTERVENTION– SECTEUR NORD DE NGAZIDJA (MITSAMIHOULI)
Dans la nuit du mercredi 18 mars 2026, des migrants ont été abandonnés en mer dans le noir, vers Mitsamihuli, selon un mode opératoire inédit d’immersion forcée à proximité du littoral, dans des conditions particulièrement dangereuses.
Une opération de recherche et de sauvetage a été engagée, mobilisant conjointement la Garde-côtes comorienne, la Direction Générale de la Sécurité Civile (DGSC), la Gendarmerie Nationale, la Police nationale, ainsi que les autorités locales de Mitsamihuli (administratives et communales).
Cette intervention a bénéficié du soutien déterminant des pêcheurs de la région et de plongeurs volontaires, dont l’engagement et le courage ont contribué aux opérations.
Bilan provisoire : environ une cinquantaine de personnes impliquées, 30 rescapés, 18 décès constatés et 3 personnes portées disparues.
Les recherches se poursuivent activement sur la bande côtière concernée...
La Garde-côtes comorienne condamne fermement ces pratiques criminelles, qui constituent à la fois une mise en danger délibérée de vies humaines et une atteinte à l’intégrité de nos espaces maritimes. Les auteurs feront l’objet d’identifications et d’interpellations systématiques.
Par Faïza Soulé Youssouf Alexis Duclos
: Afrique Monde

