2026-03-20 01:55:56 - Le milliardaire d’extrême droite Vincent Bolloré sera jugé en décembre à Paris pour «corruption d’agent public» au Togo entre 2009 et 2011, dans l’affaire dite des «ports africains», a appris l’AFP, confirmant une information du journal le Monde, selon lequel l’homme d’affaires sera également jugé pour et «complicité d’abus de confiance» au Togo et en Guinée sur la même période.
Les faits remontent à la campagne électorale de 2010 du président togolais Faure Gnassingbé, mais aussi du Guinéen Alpha Condé, candidats victorieux aux élections présidentielles des deux pays. L’audience, qui avait été requise par le parquet national financier en juin 2024, est prévue du 7 au 17 décembre 2026 au tribunal judiciaire de Paris.
Ce procès sera l’aboutissement d’une enquête entamée en 2013, date depuis laquelle des juges financiers parisiens soupçonnent le groupe Bolloré, son propriétaire Vincent Bolloré et deux autres hauts responsables, d’avoir utilisé les activités de conseil politique de leur filiale Euro RSCG (devenue Havas) pour obtenir frauduleusement la gestion des ports de Lomé (Togo) et Conakry (Guinée).
Avantages fiscaux et pacte de corruption
Dans leurs réquisitions, les deux procureurs du PNF avaient estimé que «contrairement à ses déclarations, il apparaît que Vincent Bolloré suivait personnellement et régulièrement les activités du groupe au Togo, qu’il avait engagé le groupe Bolloré dans la campagne électorale de Faure Gnassingé et qu’il était directement intervenu dans le recrutement» de Patrick Bolouvi, demi-frère du président togolais, au poste de directeur général de Havas Media Togo. Contrepartie de ce «pacte de corruption» supposé, le groupe Bolloré se serait vu attribuer des contrats, dont celui de la gestion du port de Lomé, sans parler des «avantages fiscaux».
Dans les demandes du PNF figuraient aussi des poursuites pour une participation frauduleuse d’une filiale du groupe Bolloré aux «frais de communication» de la campagne présidentielle 2010 d’Alpha Condé en Guinée, à hauteur de 170 000 euros. Vincent Bolloré et ses deux collaborateurs avaient agréé, pour s’éviter un long procès, à une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, au terme de laquelle ils avaient accepté une peine de 375 000 euros d’amende. Mais le tribunal a préféré refuser d’homologuer cette comparution et a renvoyé le dossier à l’instruction. Un revers procédural que l’industriel breton de 72 ans avait contesté jusqu’en cassation.
Les avocats de Vincent Bolloré ont estimé «impossible la tenue d’un procès équitable» après le renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris du milliardaire breton dans l’affaire dite des «ports africains», dans un communiqué transmis jeudi à l’AFP. Ses avocats, Céline Astolfe et Olivier Baratelli, ont également annoncé faire appel de l’ordonnance des juges rendue mercredi «pour des motifs procéduraux».
AFP - Photo: Denis Allard
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