2026-03-17 02:29:23 - Donald Trump fait pression sur ses alliés et sur la Chine pour qu'ils sécurisent le trafic d'hydrocarbures dans le détroit d'Ormuz verrouillé par l'Iran, au moment où les grandes économies mondiales commencent lundi à puiser dans leurs réserves stratégiques pour prévenir un choc pétrolier.
"Il est tout à fait normal que ceux qui tirent profit de ce détroit contribuent à faire en sorte que rien de fâcheux ne se produise là-bas", a déclaré le président américain, qui avait plus tôt annoncé que la marine américaine commencerait "très bientôt" à escorter des pétroliers dans le détroit.
"S’il n’y a pas de réponse ou si la réponse est négative, je pense que ce sera très mauvais pour l’avenir de l’OTAN", a-t-il menacé dans une interview au Financial Times.
"Je pense que la Chine devrait aussi apporter son aide, car elle importe 90 % de son pétrole du détroit", a-t-il ajouté, menaçant de reporter un voyage en Chine prévu du 31 mars au 2 avril.
Refus du Japon et de l'Australie
Les réponses qu'il a reçu jusqu'à présent sont peu empressées. Le Japon, tenu de renoncer pour toujours à la guerre par sa Constitution pacifiste de 1947, a fait savoir lundi qu'il "n'envisageait pas" un tel déploiement.
"Nous n'enverrons pas de navire dans le détroit d'Ormuz", a également affirmé la ministre australienne des Transports, Catherine King.
Le ministère des Affaires étrangères iranien a mis en garde les pays qui envisageraient de répondre à l'appel de Washington, les enjoignant de "s'abstenir de toute action pouvant mener à une escalade et à une extension du conflit".
Les prix du pétrole, qui ont connu une flambée spectaculaire depuis le début de la guerre, montrent des signes de stabilité lundi autour de 100 dollars le baril.
Dans ce contexte, les pays membres de l'Agence internationale de l'Energie (AIE) ont décidé la semaine dernière de débloquer collectivement 400 millions de barils issus de leurs réserves stratégiques. Une décision d'une ampleur sans précédent dans les 50 ans d'histoire de cette institution.
Lundi, le Japon, qui dépend du pétrole du Moyen-Orient pour 95% de ses importations, a confirmé commencer à puiser dans ses réserves, qui sont parmi les plus importantes du monde.
"On est en discussion avec eux"
Sur le terrain, la guerre ne donne en attendant aucun signe de répit. Au 17e jour du conflit qui embrase le Moyen-Orient, Israël continue de bombarder lundi le Liban et la ville de Téhéran. Aux Emirats arabes unis, l'aéroport de Dubaï, un des principaux noeuds du trafic aérien mondial, a fermé temporairement après l'incendie d'un réservoir de carburant causé par une attaque de drone.
Tout en répétant que l'Iran a été "décimé" par plus de deux semaines de frappes américano-israéliennes, le président américain a affirmé avoir des discussions avec Téhéran, mais qu'un accord pour mettre fin à la guerre n'était pas encore à l'ordre du jour.
"Oui, on est en discussion avec eux. Mais je ne pense pas qu'ils soient tout à fait prêts, même s'ils n'en sont plus très loin", a déclaré Donald Trump à la presse dimanche soir.
Il n'a pas dévoilé le contenu de ces échanges. Et dans une interview au Financial Times, il a accentué la pression sur les alliés des Etats-Unis et sur la Chine pour qu'ils envoient des navires de guerre dans le détroit d'Ormuz, par où transite un cinquième du trafic mondial de pétrole et de gaz liquéfié et dont dépendent lourdement les économies asiatiques et européennes.
BFM Business / Kenny HOLSTON
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