
2026-03-17 01:41:25 - Une première depuis plus de 60 ans : La Havane va autoriser les Cubains qui ont fui l'île à y investir pour développer le secteur privé. ( Reste une grande question, Cuba est-il prêt à restituer leurs biens confisqués par le gouvernement ? Si c'est non, personne ne reviendra vivre sous le communisme à la sauce cubaine. Il est temps de changer le moteur et la carrosserie d'un système qui ne fonctionnera jamais vers le développement et l'auto-suffisance alimentaire. dixit AM )
Cuba tente d’ouvrir une nouvelle page économique. Les ressortissants cubains vivant à l’étranger, notamment à Miami, vont être autorisés à investir dans le secteur privé et à posséder des entreprises sur l’île, a indiqué le vice-Premier ministre cubain Oscar Pérez-Oliva Fraga dans un entretien exclusif accordé à NBC News. Une inflexion notable pour La Havane, qui cherche des relais de croissance alors que le pays traverse une crise économique et énergétique majeure.
Dans cette interview, la première du responsable cubain, Oscar Pérez-Oliva Fraga défend une stratégie d’ouverture encadrée pour relancer l’activité.
"Cuba est ouverte à l’idée d’entretenir des relations commerciales fluides avec les entreprises américaines" et "également avec les Cubains résidant aux États-Unis et leurs descendants", a déclaré Fraga lors d’un entretien à La Havane. Le dirigeant, également ministre du Commerce extérieur, dit vouloir bâtir un "environnement commercial dynamique", capable de redonner de l’élan à plusieurs pans de l’économie, du tourisme aux mines, en passant par la modernisation du réseau électrique.
Un nouveau cadre pour les entreprises privées
L’interdiction pour les Cubains de l'étranger d'investir dans l'île remonte, en pratique, à la révolution cubaine et à la disparition du secteur privé indépendant au tournant des années 1960. Autrement dit, pour ces Cubains de l'extérieur, investir librement dans des entreprises privées sur l’île était bloqué depuis plus de six décennies.
Il faut toutefois nuancer: l’investissement étranger n’était pas totalement interdit à Cuba, car l’État autorisait déjà certains montages très encadrés dans des secteurs stratégiques. En revanche, dans le cadre moderne des "PME" privées créé en 2021, les partenaires cubains vivant à l’étranger restaient exclus. La Havane estime cependant que cette ouverture reste entravée par Washington.
"Le blocus américain, la politique d’hostilité à l’égard de Cuba, est sans aucun doute un élément qui influe sur le déroulement de ces transformations", a déclaré Fraga.
Le responsable cubain ajoute que "Le blocus nous prive d’accès au financement, à la technologie, aux marchés et, ces dernières années, il a spécifiquement visé à priver notre pays d’accès au carburant." Les autorités affirment d’ailleurs qu’aucune cargaison de pétrole n’est arrivée à Cuba au cours des trois derniers mois.
Cette séquence intervient alors que les tensions avec les États-Unis se ravivent. Vendredi, le gouvernement cubain a confirmé mener des discussions avec l’administration de Donald Trump, qui a récemment durci le ton contre l’île. Le président américain a déclaré que Cuba "allait bientôt tomber" si elle ne concluait pas d’accord avec lui, et a laissé entendre qu’il pourrait procéder à une "prise de contrôle amicale".
BFM Business - Photo: AFP / Titre et chapô: AM
: Afrique Monde: