2026-03-17 00:22:31 - Le chef de la diplomatie kényane, Musalia Mudavadi, a affirmé lundi lors d'une visite à Moscou que la Russie avait accepté d'arrêter de recruter des ressortissants kényans pour combattre en Ukraine, un phénomène qui touche de nombreux pays d'Afrique.
"Nous sommes désormais convenus que les Kényans ne doivent plus être enrôlés", a-t-il dit à des journalistes à l'issue d'un entretien avec son homologue russe Sergueï Lavrov. "C'est un incident et les relations entre le Kenya et la Russie sont bien plus vastes que cela", a-t-il poursuivi.
Les services de renseignement kényans estiment que plus de 1.000 de leurs ressortissants ont été envoyés sous uniforme russe sur le front en Ukraine. Seuls une trentaine d'entre eux ont été rapatriés au Kenya, et beaucoup sont considérés comme morts.
Lors de sa rencontre lundi avec M. Mudavadi, Sergueï Lavrov a assuré que ces soldats kényans étaient volontaires pour combattre et que leur participation respectait "pleinement" la législation russe.
Face à "la préoccupation de nos amis kényans" concernant ce sujet, M. Lavrov a affirmé avoir convenu avec son homologue kényan de faire remonter au ministère russe de la Défense toute demande de Nairobi relative à des ressortissants kényans combattant dans l'armée russe.
"Via le ministère de la Défense, toutes ces questions peuvent être discutées et résolues", a souligné M. Lavrov.
Plusieurs médias, dont l'AFP, ont montré récemment comment des Kényans, souvent sans aucun passé militaire, se sont vu promettre depuis le Kenya des emplois civils bien rémunérés en Russie pour se retrouver, une fois sur place, à signer un contrat avec l'armée russe.
L'Afrique du Sud avait obtenu fin février le rapatriement de 15 de ses ressortissants, sur 17 ayant appelé à l'aide leur gouvernement en novembre en expliquant être coincés au milieu des combats dans la région ukrainienne du Donbass, après avoir été attirés en Russie par la ruse.
La découverte par des centaines de familles kényanes d'une tromperie similaire a causé d'importants remous au Kenya, provoquant une réaction forte du gouvernement.
AFP - Photo: TATYANA MAKEYEVA /bur/mba
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