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Tanzanie - « La Tanzanie s’est écroulée » : l’inexorable disgrâce de la destination star des safaris

2026-03-01 22:57:45 - «C’est normal. Quand on s’offre un si beau voyage, on veut le faire en toute sécurité», philosophe Patrice Caradec. Cela n’empêche pas le président du Seto (Syndicat des entreprises du tour-operating) de déplorer l’injustice de la situation pour la Tanzanie. Depuis quelques mois, le pays d’Afrique de l’Est, naguère destination star du safari, n’en finit plus de dégringoler dans les intentions de départ et réservations.  

Depuis le Covid, elle s’était glissée dans le top 10 des voyages long-courriers pour les Français. Et même à la première place pour les safaris, devant l’incontournable Kenya. «Avec une croissance à deux chiffres, la Tanzanie  était vraiment l’une des grandes gagnantes du post-Covid, notamment en format combiné plage-safari avec Zanzibar », retrace Patrice Caradec. 
 
En 2024, le tourisme représentait la première source de devises étrangères du pays, générant près de 4 milliards de dollars (3,4 milliards d’euros) pour quelque deux millions de touristes internationaux, dont 100.000 Français. Cette période dorée a brutalement pris fin en juin 2025. 
 
Un couperet
 
À cette date, l’Union européenne place sans plus de cérémonie l’ensemble des compagnies aériennes tanzaniennes sur sa liste noire. «Mise en place pour renforcer la sécurité des vols», cette liste interdit ou restreint l’exploitation de «compagnies aériennes étrangères jugées peu sûres», selon le site du ministère de la Transition écologique français. Un classement réévalué deux fois l’an en fonction des résultats d’inspections au sol et d’audits, selon des critères «techniques uniquement». 
 
Conséquence ? Ces 129 compagnies sont, donc, bannies du ciel européen. Jusqu’ici, rien de rédhibitoire en ce qui concerne la Tanzanie puisque les transporteurs en question opèrent uniquement des vols intérieurs dans un pays grand comme deux fois la France. Ces liaisons locales sont toutefois indispensables dans le cadre d’un safari, pour passer d’une réserve à une autre, ou si l’on souhaite faire un crochet par Zanzibar. Or, une compagnie épinglée par la «ban list» peut difficilement être commercialisée par un voyagiste. 
 
«En France, contrairement à d’autres pays d’Europe, les entreprises du voyage sont régies par le principe de responsabilité de plein droit» pose Patrice Caradec. En clair, elles sont tenues responsables en cas de problème sur une liaison aérienne lors d’un séjour. «Forcément, les conséquences pour nos tour-opérateurs s’il y a le moindre accident sont tout autres que pour d’autres pays d’Europe», analyse le professionnel.
 
Article de Claire Rodineau - Le Figaro
 
 
 

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