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Le tambour parleur remis à la Côte d'Ivoire par la France, 110 ans après son vol

2026-02-22 16:05:20 - La France a rendu vendredi à la Côté d'Ivoire le tambour parlant Djidji Ayôkwé, un objet sacré qui avait été spolié en 1916 pendant la colonisation française. Cette restitution s'inscrit dans le cadre d'un processus initié par la France en 2017 et qui avait déjà permis le retour de premiers objets au Sénégal et au Bénin. 

C'est un premier pas d'un long processus de réparation. La France a restitué vendredi 20 février à la Côte d'Ivoire le tambour parlant Djidji Ayôkwé, un objet sacré qui avait été volé durant la colonisation. 
 
"La Côte d'Ivoire entière est prête à l'accueillir", a commenté la ministre ivoirienne de la Culture, au cours d'une cérémonie au musée du quai Branly-Jacques Chirac, où il était conservé. "Cela fait 110 ans que le tambour parleur a quitté les siens. Il va enfin retrouver sa terre", s'est félicité Françoise Remarck.
 
Une cérémonie nationale sera organisée à Abidjan pour célébrer son retour, qui devrait intervenir d'ici à l'été.
 
Le tambour parlant de quatre mètres de long, richement décoré, sera ensuite exposé "à une place de choix au cœur du musée national", a précisé son directeur Gnoleba Francis Tagro, présent à Paris avec de nombreux hauts responsables ivoiriens.
 
Le Djidji Ayôkwé avait été spolié en 1916 par les autorités coloniales auprès de l'ethnie ébrié, avant d'être envoyé en France en 1929, exposé au musée du Trocadéro puis à celui du quai Branly.
 
"Le parcours du tambour parleur témoigne d'un pan de l'histoire que nous partageons. Histoire douloureuse où la domination et l'appropriation coloniale ont infligé une blessure à celles et ceux pour qui ce tambour est l'emblème de leur mémoire et de leur culture", a rappelé la ministre française de la Culture, Rachida Dati, qui a signé l'acte de transfert de propriété de l'objet.
 
Le président Emmanuel Macron avait pris en 2021 l'engagement de restituer l'objet, avant que le Parlement ne donne son feu vert en 2025, permettant de déclasser ce bien culturel en dérogeant au principe d'inaliénabilité des collections publiques.
 
Premier objet d'une longue liste
 
Rachida Dati a qualifié d'"exemplaire" le partenariat entre les deux pays et salué "la manière apaisée" avec laquelle avait été mené le processus de restitution.
 
Le tambour parleur est le premier objet d'une liste de 148 œuvres dont la Côte d'Ivoire demande la restitution à la France et à d'autres pays.
 
Pesant 430 kg, le Djidji Ayôkwé servait à transmettre des messages rituels et à alerter les villageois, par exemple lors des opérations de recrutement forcé ou d'enrôlement militaire.
 
"Pour nous, c'est beaucoup plus qu'un instrument. Il porte toute la mémoire d'un peuple. Il est l'un des catalyseurs de notre culture", a souligné Paulin Claude Danho, vice gouverneur d'Abidjan, vêtu d'une tenue traditionnelle.
 
"Il est parti dans la douleur il y a 110 ans. Il revient dans l'espérance", a-t-il ajouté à l'issue de la cérémonie à laquelle ont assisté la secrétaire générale de l'Organisation de la Francophonie Louise Mushikiwabo et le directeur général de l'Unesco Khaled El-Enany.
 
Le président du musée du quai Branly-Jacques Chirac, Emmanuel Kasarherou a salué "la nouvelle vie" du tambour parleur, qui sera mis en caisse lundi en vue de son transfert en Côte d'Ivoire.
 
Le processus de restitution initié par Emmanuel Macron en 2017 a déjà permis depuis 2020 le retour des 26 trésors d'Abomey au Bénin et du sabre d'El Hadj Omar au Sénégal.
 
Face aux demandes qui affluent, le Sénat a adopté le 29 janvier une loi-cadre pour faciliter la sortie de biens coloniaux des collections françaises. Elle devrait prochainement être examinée par l'Assemblée nationale.
 
Avec AFP-Photo:Bertrand Guay, AFP

: Afrique Monde