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France : plus de 3000 personnes réunies à Lyon après la mort du militant identitaire Quentin Deranque

2026-02-21 21:21:55 - Derrière de larges portraits du militant nationaliste Quentin Deranque, et encadrées par de nombreux policiers, plus de 3 000 personnes ont défilé samedi 21 février à Lyon, réclamant « justice » pour ce jeune militant d'extrême droite radicale, battu à mort le 12 février, en marge d'une conférence de l'eurodéputée de gauche radicale Rima Hassan à Lyon (sud-est), où il était venu assurer la sécurité de militantes d'un collectif identitaire. 

Dans la foule, pas de drapeau d’organisation, ni de sigle, mais de discrets symboles de l’ultradroite, et surtout des discours très politiques contre « le gauchisme » ou « la violence antifasciste ». En tête de cortège, des jeunes femmes membres du collectif identitaire Némésis tiennent des roses blanches. Des pancartes « l’extrême gauche tue » côtoient des drapeaux bleu-blanc-rouge. « Jeune Garde en prison, libérez la ville de Lyon », scandent des manifestants.
 
Sept jeunes hommes, soupçonnés d’avoir participé aux violences contre Quentin Deranque le 12 février, ont été mis en examen jeudi pour homicide volontaire et complicité, dont deux assistants du député LFI et fondateur de la Jeune Garde Raphaël Arnault.
 
La marche s’est avancée dans le calme, même si une riveraine a jeté un œuf, tandis que d’autres ont accroché à leur fenêtre « Lyon est antifa » ou « L'amour est supérieur à la haine. »
 
Pour éviter toute violence, le ministère de l’Intérieur et la préfecture du Rhône ont déployé un dispositif sécuritaire conséquent. Des renforts de CRS, de gendarmes mobiles, et deux drones surveillent le cortège dont la progression s’arrête là où Quentin Deranque a été roué de coups. Dès que des contre-manifestants s’approchent, des policiers se positionnent pour les bloquer, selon les services de la préfète.
 
Appel au calme du président Emmanuel Macron
 
« On ne tolérera pas le moindre incident au sein du cortège », ni « en marge de cette marche », avait déclaré la préfète du Rhône Fabienne Buccio, en expliquant que la vigilance se prolongerait « dans la soirée » afin d’empêcher d’éventuels affrontements avec des contre-manifestants.
 
Selon ses services de la préfecture, 3 200 personnes ont participé à cette marche. Domitille Casarotto, l'une des organisatrices, a pour sa part estimé la participation à 3 500 personnes. Malgré l’interdiction de dissimuler son visage, certains portent des masques ou des cache-cou relevés.
 
La présidente de Némésis, Alice Cordier, était présente, ainsi que d’autres militants identitaires. Au micro, l’un d’eux, Raphaël Ayma, a fustigé « le système qui a tué Quentin » et a appelé à « poursuivre le combat ».
 
« Je ne veux pas que Lyon soit la capitale de l’ultradroite, à aucun moment », avait déclaré auparavant le maire écologiste de la ville, Grégory Doucet, qui avait plaidé en vain pour que la marche soit interdite. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez et la préfecture ont expliqué avoir pesé le risque de « violences » et de « trouble à l’ordre public » à l’aune de la nécessaire « liberté d’expression » et ont donné leur feu vert.
 
À quelques heures du départ du cortège, le président Emmanuel Macron avait appelé « tout le monde au calme » et annoncé que le gouvernement se réunirait la semaine prochaine pour discuter des « groupes d’action violente ».
 
Avec cette réunion, Emmanuel Macron veut « dissimuler sa responsabilité morale (...) dans l’explosion de la violence d’extrême gauche », a réagi le président du Rassemblement national Jordan Bardella.
 
 RFI avec AFP - Photo: Olivier Chassignole / AFP

 
 

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