2026-02-14 10:45:03 - Elles avaient été interpellées mardi, soupçonnées de participer à un réseau d’arnaque d’ampleur au musée du Louvre. Neuf personnes, dont deux agents du musée parisien et des guides touristiques chinois, auraient orchestré pendant dix ans une fraude massive à base de réutilisation de billets et de surbooking de visites, le tout grâce à la complicité d’agents corrompus.
Ce vendredi soir, le parquet de Paris fait savoir que ces neuf personnes ont été mises en examen, huit laissées libres sous contrôle judiciaire et une écrouée.
Cette dernière a été mise en examen des chefs d’escroquerie réalisée en bande organisée, usage de faux, aide à l’entrée et à la circulation d’un étranger en bande organisée, corruption active, blanchiment aggravé et participation à une association de malfaiteurs. Conformément aux réquisitions du parquet, elle a été placée en détention provisoire.
« J’espère que l’information judiciaire saura rétablir les rôles véritables de chacun dans ce dossier », a réagi l’avocat de l’un des mis en examen, Me Eliott Amzallag.
10 millions d’euros de préjudice
Pour rappel, le préjudice pour le seul musée du Louvre est estimé à plus de 10 millions d’euros. Lors des perquisitions, 957 000 euros en espèces et 486 000 euros sur comptes bancaires avaient été saisis, ainsi que trois véhicules. Les mis en cause sont soupçonnés d’avoir investi une partie du fruit de leur escroquerie « dans de l’immobilier, tant en France qu’à Dubaï », détaille le parquet de Paris.
Les interpellations, révélées par Le Parisien, ont eu lieu dans le cadre d’une commission rogatoire et d’une information judiciaire diligentée par deux juges d’instruction du tribunal judiciaire de Paris. L’enquête a débuté par une plainte du Louvre en décembre 2024, avisant la Sous-direction de la lutte contre l’immigration irrégulière au sujet d’un couple de guides chinois au musée.
Ces derniers faisaient entrer des groupes de touristes chinois « en fraudant la billetterie, les guides réutilisant plusieurs fois les mêmes tickets pour des personnes différentes ». D’autres guides ont ensuite été soupçonnés « des mêmes pratiques », pointe le ministère public.
« Surveillances » et « écoutes »
Un dispositif de « surveillances » et « écoutes » a confirmé les suspicions du musée, notamment sur le réemploi des tickets à plusieurs reprises. Les investigations ont également conduit à « soupçonner des complices au sein du Louvre », à qui « les guides pouvaient remettre du numéraire en échange de ne pas procéder aux contrôles », développe le parquet de Paris.
Ce dernier a ouvert une information judiciaire le 2 juin 2025 pour « escroquerie en bande organisée », « blanchiment en bande organisée », « corruption publique active et passive », « aide à l’entrée et au séjour irrégulier en bande organisée » et « usage de faux administratif ».
Article de Flavien Gagnepain-Le Parisien / Photo:Delphine Goldsztejn - Titre : AM
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