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TRAMADOL: Le petit comprimé fait des ravages au Cameroun

2020-02-22 16:27:57 - Ça dure depuis des années. Espérons que les dernières mesures prises pour endiguer ce fléau soient efficaces. Le Cameroun a besoin de ses forces vives pour se construire. Ces pilules d’un illusoire « bonheur », provoque des ravages et zombifient les jeunes et moins jeunes addicts à ce médicament, pris pour des sensations autres que ses effets antalgiques. Partagez ! Volti

Vendu bon marché dans les rues des grandes métropoles, les établissements scolaires et universitaires sont aussi devenus des lieux de prédilection de la prise de ce produit.
 
Tramol, le comprimé de l’arrogance et de l’impertinence. Pour beaucoup de jeunes, surtout ceux qui évoluent dans l’informel, le tramol est un antidépresseur efficace. Pour d’autres, c’est tout simplement pour cultiver le courage afin d’affronter avec sang-froid les épreuves généralement difficiles de la vie.
 
La prise du Tramol se fait généralement au sein de certains établissements scolaires et universitaires, aux abords des cours d’eau, dans les buissons ou bosquets, des tunnels, des maisons abandonnées et des monts. Il y a quelques années, c’est le proviseur du lycée d’Anguissa à Yaoundé qui s’est vu contraint de renvoyer des élèves, pour trafic et consommation du Tramol au sein même de l’établissement. En 2013, c’est un réseau de vente et de consommation du Tramol qui a été démantelé au collège de la Retraite, toujours dans la capitale du Cameroun. Les ‘’ben-skineurs’’ et les bandits de grand chemin sont passés maîtres, au point de devenir une addiction pour beaucoup. «Je vous avoue que depuis que j’ai pris contact avec le Tramol, j’ai du mal à m’en débarrasser», affirme un trentenaire sous anonymat.
 
Pourtant, les spécialistes sont clairs, le Tramol ou Tramadol présente des effets secondaires dans l’organisme du consommateur. Notamment, l’accélération le rythme cardiaque, les nausées, la somnolence, les vertiges, les troubles respiratoires, les hallucinations, les constipations, l’euphorie et les troubles visuels. Cet opioïde de synthèse, contenu dans certains médicaments analgésiques, est de plus en plus détourné en stupéfiant. Vendu au marché noir, facile d’accès malgré des prix désormais en hausse, addictif et surtout très dangereux, il fait de plus en plus de ravages, notamment parmi les jeunes. Avec 500 FCFA, on peut se l’offrir au marché noir. Consommé à forte dose, le tramadol devient une véritable drogue.
 
Depuis 2016, la vente et la consommation du tramadol au Cameroun ont été particulièrement actives et évolutives. Les dégâts de ce médicament, devenu une drogue pour nombre de Camerounais, dont des travailleurs et des jeunes, se sont multipliés de manière inquiétante. Devant les cas de violences et autres abus perpétrés par des mordus du tramadol dans les rues et les établissements scolaires, le gouvernement camerounais a pris des mesures fermes pour y mettre fin. Depuis lors, la commercialisation du tramadol dans les rues est proscrite et hautement inspectée. On note en parallèle une hausse spectaculaire du prix de vente du tramadol et de tous les produits associés. «Il y a encore quelques mois, un comprimé de tramadol coûtait selon le grammage 50 FCFA pour 50 mg, 100 FCFA pour 100 mg, 150 FCFA pour 120 mg. De nos jours, les comprimés coûtent entre 500 FCFA et 1000 Fcfa Les capsules injectables coûtent 600 Fcfa l’unité.
 
Cette hausse peut s’expliquer par le fait que la demande se faisait de plus en plus forte pour ce qui est du tramadol. Le gouvernement sachant le danger de ce produit a resserré l’étau au niveau des entrées», explique Alexis, un pharmacien de rue à Yaoundé. «Le tramadol n’est vendu que sur prescription en pharmacie. C’est un dérivé de la morphine. Ses effets sont dévastateurs.
 
On le prescrit aux patients qui ont des douleurs rebelles […] Même utilisé selon les prescriptions, il peut altérer la réactivité, comme par exemple provoquer la somnolence et les vertiges, de telle manière que la capacité de conduire ou de manipuler des machines s’en trouve entravée. Ceci est particulièrement vrai en combinaison avec de l’alcool ou d’autres substances à effet psychotrope», expliquait Joseph Oloa, un pharmacien à Yaoundé dans un média français.
 
Source : 237Online

: Afrique Monde