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Présidentielle au Honduras: «égalité technique» entre les deux candidats de droite

2025-12-02 01:28:09 - Près de 7 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes au Honduras, dimanche 30 novembre, pour choisir députés, maires, mais également leur prochain président. Les deux candidats de droite à la présidence du Honduras, l'homme d'affaires Nasry Asfura, soutenu par le président américain Donald Trump, et le présentateur télé Salvador Nasralla, sont quasiment à égalité, selon des résultats préliminaires portant sur plus de la moitié des procès-verbaux, a annoncé lundi le Conseil national électoral (CNE). 

Nasry Asfura devance son rival de seulement 515 voix, ce qui représente une « égalité technique », a déclaré sur X la présidente du CNE, Ana Paola Hall, après dépouillement de 57% des procès-verbaux du scrutin à un tour de dimanche. Ce dernier marque un virage à droite au Honduras, l'un des pays les plus pauvres et violents d'Amérique latine.
 
Nasry Asfura (Parti national conservateur) était en tête en début de journée avec 40% des voix. Son principal concurrent, Salvador Nasralla (Parti libéral), le talonnait déjà. La candidate du parti au pouvoir, Rixi Moncada est pour l’instant en 3e position, loin derrière, à environ 19-20%. Alors les Honduriens ont-ils été influencés par les appels de Trump ? Pour Marie Griffon, correspondante de RFI à Tegucigalpa, l’influence des États-Unis dans la présidentielle du Honduras est encore difficile à mesurer, mais certains électeurs ont bien changé de vote après les annonces américaines, comme Emmanuel qui a voté pour Nasry Asfura, le candidat favori de Donald Trump.
 
« Je pense qu’au final, pour être sincère, cela m’a coûté, même jusqu’aux urnes. Quand je tenais les bulletins de vote, cela m’a réellement coûté de devoir choisir un président… Ça a vraiment eu un impact ». Quant aux critiques sur l'ingérence américaine, Sandy n’est pas d'accord : « Que l’homme le plus puissant du monde tourne son regard vers l'Amérique centrale et spécifiquement vers le Honduras, ce n’est pas de l'ingérence, parce qu’au final, c'est bien le peuple hondurien qui décide dans les urnes », explique-t-il.
 
Une économie dépendante des États-Unis
 
Pour Tomás Andino, sociologue hondurien, l’intervention du président américain dans la campagne a pu orienter le vote, notamment pour des raisons économiques : « Il faut savoir que toute sanction, même la plus petite, comme la hausse des droits de douane sur les exportations honduriennes, serait un coup dur pour notre économie. Cela renforcerait notre dépendance. Ainsi, nous nous limitons et nous nous autolimitons pour ne pas perdre les accords commerciaux et tout perdre ». Les enjeux sont également migratoires : près de deux millions de ressortissants honduriens vivent aux États-Unis et envoient chaque année des remesas, de l’argent à leur famille, qui représentent environ 25% du PIB national.
 
Des accusations croisées de fraude
 
Les trois principaux candidats s'accusent mutuellement de complot pour frauder les élections et Rixi Moncada a laissé entendre qu'elle ne reconnaîtrait pas les résultats officiels. Envoyés sur place, des observateurs de l'Organisation des États américains ont estimé que la journée de vote s'était déroulée dans une « atmosphère démocratique », avec une grande affluence.
 
Devant les bureaux de vote, les Honduriens assurent qu’en cas de fraude, ils iront manifester : « On va lutter, parce que le peuple hondurien ne mérite pas cela ». Par précaution, dans les prochains jours, de nombreux services publics et commerces resteront fermés dans les grandes villes du pays.
 
Article de RFI - Photo:AP - Moises Castillo  

: Afrique Monde