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Nigeria : 13 femmes dont une mariée et ses demoiselles d’honneur kidnappées, ainsi qu’un bébé

2025-12-01 17:58:40 - Des hommes armés ont enlevé 13 femmes et un bébé dans la nuit de samedi à dimanche, dans le nord-ouest du Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique, qui connaît un regain d’enlèvements de masse depuis plusieurs semaines. 

Le Nigeria est régulièrement victime d’enlèvements de masse, une pratique qui s’est répandue depuis le kidnapping de près de 300 jeunes filles à Chibok, dans l’Etat de Borno (est), en 2014 par Boko Haram, mais les dernières semaines ont connu une recrudescence de ces actes qui a poussé le président nigérian à déclarer « l’Etat d’urgence sécuritaire national » mercredi.
 
Des groupes armés en plus des jihadistes
 
En plus des jihadistes, des groupes armés localement appelés « bandits » terrorisent de nombreux États du nord-ouest et du centre du pays où ils pratiquent des enlèvements contre rançon, attaquent des villages, tuent des habitants et incendient les maisons après les avoir pillées.
 
« Des bandits ont pris d’assaut notre village (...) et ont enlevé 14 personnes, dont une mariée et 10 demoiselles d’honneur », a déclaré à l’AFP Aliyu Abdullahi, un résident du village de Chacho, situé à moins d’une heure de route de Sokoto, la capitale de l’Etat éponyme. Il a également précisé que deux autres femmes, dont une mère et son bébé, avaient aussi été kidnappées.
 
Dans les cérémonies de mariage traditionnelles dans cette partie du pays, les jeunes mariées passent une première nuit avec leurs demoiselles d’honneur dans leur nouveau foyer, avant que les maris ne s’installent à leur tour au domicile conjugal.
 
Des camps à proximité des villages
 
Les bandits possèdent des camps dans une forêt à cheval sur les États de Zamfara, Katsina, Kaduna, Sokoto, Kebbi et Niger, d’où ils lancent des attaques contre les villages.
 
Selon Aliyu Abdullahi, Chacho a déjà été victime de bandits en octobre qui avaient enlevé 13 personnes. « Nous avons dû payer une rançon pour obtenir leur libération. Aujourd’hui, nous sommes confrontés à la même situation », a-t-il assuré à l’AFP par téléphone.
 
Certains États nigérians, comme Zamfara et Katsina, voisins de Sokoto, ont conclu depuis l’an dernier des accords de paix avec les « bandits », mais des experts en sécurité estiment que ces arrangements permettent à ces groupes de sécuriser leurs bases tout en poursuivant des attaques ailleurs.
 
Une série d’accords « de paix » ont été conclus récemment dans l’État de Katsina, comme dans d’autres Etats du nord du Nigeria, prévoyant l’arrêt de l’activité des gangs contre l’engagement qu’ils ne seront pas attaqués.
 
L’attaque a été confirmé par un rapport des services de renseignements que l’AFP a pu consulter. « Sokoto a connu une augmentation notable des enlèvements perpétrés par des bandits en novembre », note le rapport des renseignements qui estime que cette recrudescence pourrait être liée aux accords de paix passés dans les États voisins.
 
« En conséquence, certains bandits pourraient se déplacer vers des zones où la pression militaire est moins forte. Ce changement pourrait entraîner une augmentation des enlèvements massifs dans des endroits comme Sokoto », ajoute-t-il.
 
Le Parisien avec AFP-Photo:(Illustration) Credit/Reuters TV 

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