2025-07-04 07:06:07 - Créé dans les années 1980, le dîner annuel du Crif est devenu un rendez-vous incontournable du paysage politique et médiatique français. Il rassemble des responsables politiques, des représentants associatifs, ainsi que des figures religieuses autour d’un même objectif : renforcer le dialogue entre la communauté juive et les pouvoirs publics. Depuis 1985, cet événement est l’occasion pour le Crif de porter des messages forts, notamment contre l’antisémitisme. Chaque année, ses invités y prennent la parole pour dénoncer les violences et les discriminations, tout en appelant à la vigilance et à la solidarité.
L’année dernière, Gabriel Attal, alors Premier ministre, avait alerté sur « une vague d’antisémitisme » frappant la France. Cette année encore, le président du Crif, Yonathan Arfi, entend poursuivre un « travail de dialogue exigeant » avec les autorités afin de combattre toutes les formes d’antisémitisme et de racisme.
Qui seront les invités de l’édition 2025 ?
Plusieurs ministres sont attendus ce soir, dont Bruno Retailleau (Intérieur), Élisabeth Borne (Éducation), Gérald Darmanin (Justice) et Benjamin Haddad (Europe), ainsi que Gérard Larcher, président du Sénat. L’humoriste Sophia Aram, connue pour son engagement sur les ondes de France Inter, recevra le « prix du Crif » lors de la cérémonie. Le Premier ministre François Bayrou devrait également y prononcer un discours, à l’instar de son prédécesseur Gabriel Attal.
Par ailleurs, Marine Le Pen, dirigeante du Rassemblement National, ainsi que Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, n’ont pas été conviés. Ces exclusions s’inscrivent dans une volonté du Crif de ne pas donner de tribune à des personnalités ou partis dont le discours ou les prises de position passées sont jugés incompatibles avec la lutte contre l’antisémitisme.
Un dîner sous tension dans un contexte préoccupant
L’édition 2025 se déroule dans un climat tendu, marqué par une hausse inquiétante des actes antisémites en France. En 2024, le ministère de l’Intérieur a recensé 1 570 faits antisémites, dont plusieurs agressions physiques, à l’image de celle d’un rabbin frappé à coups de chaise à Neuilly-sur-Seine en juin dernier.
Au niveau national, Yonathan Arfi a affirmé son intention de réduire à néant l’influence politique de Jean-Luc Mélenchon et de La France insoumise, accusés par une partie de la communauté juive de nourrir l’antisémitisme sous couvert de soutien à la cause palestinienne, en particulier depuis l’attaque terroriste du Hamas contre Israël d’octobre 2023.
Article de leJDD/Photo:Julien De Rosa
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