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Santé : Les Etats-Unis appellent les autres pays à quitter l’OMS comme eux

2025-05-20 21:17:36 - CRISE INTERNATIONALE - A Genève, Robert F. Kennedy Jr a appelé, mardi, les pays à suivre les Etats-Unis dans leur retrait de l’OMS, qu’il juge « corrompue » et dominée par la Chine et l’industrie pharmaceutique. 

Lors de l’Assemblée mondiale de la santé à Genève, le ministre américain de la Santé Robert F. Kennedy Jr a provoqué un séisme diplomatique en appelant d’autres pays à quitter l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dans la foulée du retrait initié par les Etats-Unis.
 
Dans un message vidéo diffusé mardi, Robert F. Kennedy Jr a exhorté les ministres de la Santé du monde entier à « envisager de rejoindre » Washington, qui a entamé son processus de sortie de l’OMS dès janvier sur décision du président Donald Trump. « J’exhorte les ministres de la Santé du monde entier et l’OMS à considérer notre retrait de l’organisation comme un signal d’alarme », a-t-il lancé.
 
L’OMS, une structure « boursouflée et moribonde »
 
Critique virulent de l’organisation depuis des années, Robert F. Kennedy Jr n’a pas mâché ses mots, qualifiant l’OMS de structure « boursouflée et moribonde », minée selon lui par « une bureaucratie excessive, des paradigmes bien ancrés, des conflits d’intérêts et des jeux de pouvoir internationaux ». Il accuse l’agence onusienne d’avoir cédé à l’influence de la Chine, à l’idéologie du genre et aux pressions de l’industrie pharmaceutique.
 
S’inscrivant dans la ligne dure de l’administration Trump, le ministre de la santé américain a réitéré la thèse controversée d’une fuite de laboratoire à Wuhan comme origine du Covid-19, accusant l’OMS d’avoir « collaboré avec la Chine pour promouvoir la fiction selon laquelle la Covid provenait de chauves-souris ou de pangolins plutôt que de recherches financées par le gouvernement chinois dans un laboratoire biologique de Wuhan ». Cette hypothèse reste non prouvée, et le rapport OMS-Chine de 2021 privilégiait toujours une origine animale naturelle.
 
Pékin se défend de toutes accusations
 
Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, a répondu mardi en rappelant que l’incertitude demeure : « La pandémie est terminée, mais nous ne savons toujours pas comment elle a commencé ». De son côté, le vice-Premier ministre chinois Liu Guozhong a défendu le rôle de Pékin en affirmant que « toute tentative de diffamation envers la Chine […] s’avérerait vaine ».
 
Robert F. Kennedy s’est aussi opposé avec virulence à l’adoption, ce même jour, de l’accord international sur la préparation aux pandémies, estimant qu’il « englobera tous les dysfonctionnements de la réponse de l’OMS à la pandémie ». Il a déclaré : « Nous n’y participerons pas. Nous devons redémarrer tout le système ».
 
L’OMS dans une situation financière précaire
 
Le départ des Etats-Unis, ancien principal bailleur de fonds de l’organisation, a mis l’OMS dans une situation financière précaire, Washington ayant suspendu ses contributions pour 2024 et 2025. Robert F. Kennedy affirme que les priorités de l’organisation « reflétaient de plus en plus les préjugés et les intérêts » de l’industrie médicale, et appelle à libérer la coopération sanitaire internationale du « carcan de l’ingérence politique des influences corruptrices ».
 
Avec son discours frontal et à charge, Robert F. Kennedy Jr repositionne les Etats-Unis non seulement en rupture avec l’OMS, mais en fer de lance d’un nouvel ordre sanitaire mondial, en quête de pays « partageant les mêmes idées ». Une démarche qui pourrait profondément fracturer la gouvernance internationale de la santé.
 
Article de 20 Minutes avec AFP

: Afrique Monde