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Sénégal : le président Macky Sall annonce un projet de loi d’amnistie générale

2024-02-27 11:05:46 - Une mesure peu commune, avec un fort potentiel médiatique. Le chef de l’État sénégalais Macky Sall a annoncé lundi au cœur d’une grave crise autour du report de la présidentielle un projet de loi d’amnistie générale pour les faits liés aux troubles connus par son pays depuis 2021.

 
« Dans un esprit de réconciliation nationale, je saisirai l’Assemblée nationale dès ce mercredi en Conseil des ministres d’un projet de loi d’amnistie générale sur les faits se rapportant aux manifestations politiques survenues entre 2 021 et 2 024 », a annoncé le président Sall en ouvrant à Diamniadio, près de Dakar, des concertations pour tenter de trouver un accord sur la date de la présidentielle.
 
« Cela permettra de pacifier l’espace politique, de raffermir davantage notre cohésion nationale », a-t-il dit. Il a affirmé son souhait d’organiser la présidentielle d’ici à juin-juillet, alors qu’un vaste front la réclame avant le 2 avril. « Ma volonté et mon vœu le plus cher est de faire tenir l’élection présidentielle dans les meilleurs délais et ceci avant l’hivernage (la saison des pluies) prochain, et dans la paix », a-t-il dit.
 
Des discussions qui patinent en vue d’un accord
 
Il a réaffirmé son engagement à quitter la présidence à la date officielle d’expiration de son mandat, le 2 avril. « En convoquant ce dialogue, je n’ai qu’un seul souci : trouver un consensus sur la date de la prochaine élection présidentielle afin que le scrutin se déroule dans les meilleures conditions », a-t-il dit.
 
Lancement du dialogue national au Sénégal
 
Le président sénégalais réunit par ailleurs depuis ce lundi un certain nombre d’acteurs politiques et sociaux pour tenter de forger un accord sur la date de la présidentielle. Le chef d’État s’est ainsi donné deux jours, lundi et mardi, pour trouver une sortie à la crise que traverse le pays. Mais 16 des 19 candidats qualifiés ainsi que des collectifs citoyens avaient annoncé qu’ils ne participeraient pas, et aucun signe n’indiquait lundi qu’ils étaient revenus sur leur décision.
 
Le président Sall a déclenché une onde de choc le 3 février en décrétant un report de dernière minute. L’opposition a dénoncé un « coup d’État constitutionnel ». Des manifestations réprimées ont fait quatre morts et donné lieu à des dizaines d’interpellations. Le Conseil constitutionnel a mis son veto au report. Il a constaté l’impossibilité de maintenir la présidentielle le 25 février et demandé aux autorités de l’organiser « dans les meilleurs délais ».
 
Un large front politique et citoyen s’est formé pour réclamer que l’élection ait lieu le plus vite possible, en tout cas avant le 2 avril, fin officielle du mandat du président Sall. Une partie des éléments de ce front s’inquiètent des conséquences d’une vacance de la présidence sans succession établie. Le président Sall lui-même a émis des doutes sur la faisabilité d’une élection avant son départ.
 
Le Parisien avec AFP/Photo:Lewis Joly/Reuters

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