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Haïti: Le groupe de tueurs ayant assassiné le président était composé de 26 Colombiens et deux Américains

2021-07-09 15:24:24 - Le groupe d'assassins ayant abattu le président haïtien Jovenel Moïse était composé de 26 Colombiens et de deux Américains d'origine haïtienne, ont annoncé jeudi les autorités haïtiennes, ajoutant qu'elles traquaient toujours les commanditaires du meurtre.

Jovenel Moïse, 53 ans, a été assassiné par ce que les autorités ont décrit comme un groupe de tueurs professionnels, plongeant le pays caribéen dans un chaos encore plus profond, sur fond de divisions politiques, de famine et de flambée des violences entre gangs.
 
Les forces de l'ordre avaient localisé mercredi les suspects dans une maison située à proximité du lieu du crime à Petionville, une banlieue du nord de la capitale Port-au-Prince. Au terme d'une importante fusillade, plusieurs suspects ont été placés en détention.
 
Le chef de la police Leon Charles, a présenté 17 hommes aux journalistes lors d'une conférence de presse jeudi, montrant des passeports colombiens, des fusils d'assaut, des machettes et des talkies walkies.
 
"Des étrangers sont entrés dans notre pays pour tuer le président", a déclaré Leon Charles. "Il s'agit de 26 Colombiens et de deux Américains d'origine haïtienne."
 
Le chef de la police a ajouté que trois des assaillants avaient été tués lors de la fusillade mercredi et que huit autres étaient encore en fuite.
 
Le ministre colombien de la Défense Diego Molano a déclaré dans un communiqué que selon les premières constatations, les Colombiens impliqués dans l'assassinat étaient des militaires à la retraite. Il a ajouté que Bogota coopérerait à l'enquête.
 
Le directeur de la police nationale colombienne, Jorge Luis Vargas, a dit avoir reçu des demandes de renseignements déposées par Haïti sur six des suspects. Deux d'entre eux ont été tués dans la fusillade de mercredi et les quatre autres sont en détention.
 
Le ministère taïwanais des Affaires étrangères a annoncé que 11 des suspects avaient été arrêté dans son ambassade à Haïti après s'y être introduits.
 
Le ministre haïtien chargé des élections, Mathias Pierre, a annoncé que les deux suspects américains avaient été identifiés sous les noms de James Solages et Joseph Vincent et sont âgés respectivement de 35 et 55 ans.
 
Un porte-parole du département d'Etat américain n'a pas pu confirmer si des citoyens américains figuraient parmi les personnes détenues, mais les autorités américaines sont en contact régulier avec les responsables haïtiens, y compris les autorités chargées de l'enquête, pour discuter de la façon dont les Etats-Unis pourraient apporter leur aide au pays caribéen.
 
(Reportage par Andre Paultre et Robenson Sanon à Port-au-Prince, avec Luis Jaime Acosta à Bogota et Stefanie Eschenbacher à Mexico, rédigé par Sarah Marsh; version française Camille Raynaud)
 
Des tueurs à gages "professionnels"
 
"L'information initiale indique qu'il s'agit de ressortissants colombiens, d'anciens membres de l'armée. Nous avons donné des instructions (...) à la police et à l'armée pour qu'elles coopèrent immédiatement au développement de cette enquête pour clarifier ces faits", a déclaré le ministre dans une vidéo envoyée aux médias. La police colombienne a reçu une information d'Interpol concernant six Colombiens et les renseignements donnés "correspondraient (...) à deux sous-officiers retraités de l'armée" et "à quatre anciens soldats", a indiqué le général Jorge Vargas, le directeur de la police, dans la même vidéo. Deux d'entre eux "seraient morts dans une opération de la police nationale d'Haïti", a-t-il précisé.
 
Les responsables de la sécurité du président sur la sellette
 
Au moins deux hauts responsables de la police, chargés directement de la sécurité du chef de l'Etat, se retrouvent sur la sellette et ont été convoqués devant la justice, a annoncé jeudi le chef du parquet de Port-au-Prince. Me Bed-Ford Claude, commissaire du gouvernement de la capitale, s'est en effet interrogé sur l'apparente passivité des agents de sécurité du président. "Je n'ai constaté aucun policier victime, sinon le président et son épouse. Si vous êtes responsables de la sécurité du président, où étiez-vous ? Qu'avez-vous fait pour éviter ce sort au président ?", a-t-il questionné.
 
La traque des assassins du chef de l'Etat s'accélère à Port-au-Prince, capitale d'un pays au bord du chaos Chacun restait aux aguets jeudi dans le pays, les magasins, les banques, les stations-service et les petits commerces de la capitale gardant notamment portes closes. Cette attaque déstabilise encore davantage le pays le plus pauvre des Amériques, gangrené par l'insécurité. Jovenel Moïse n'avait pas organisé d'élection depuis son arrivée au pouvoir début 2017, et le pays n'a plus de Parlement depuis janvier 2020. De son côté, la République dominicaine a fermé mercredi sa frontière avec Haïti et renforcé la sécurité dans la zone après l'assassinat du président haïtien.
 
Avec (Reuters) et l'express
 

: Afrique Monde