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Le Tchad accuse l'armée centrafricaine d'avoir tué six de ses soldats dont cinq exécutés

2021-05-31 21:27:37 - Le Tchad a accusé l'armée centrafricaine d'avoir tué dimanche six de ses soldats, dont cinq "enlevés et exécutés", dans l'attaque d'un poste frontalier sur son territoire, dénonçant un "crime de guerre" qu'il ne laissera "pas impuni".

La Centrafrique, elle, assure que son armée poursuivait "à la frontière" des éléments d'une coalition rebelle qui voulait depuis décembre renverser le pouvoir, avant d'être repoussée et presque défaite grâce à l'intervention massive de paramilitaires russes.

Ces affrontements risquent d'attiser les tensions entre les dirigeants des deux pays, confronté l'un à de nombreux groupes armés et l'autre à des questions sur sa légitimité. Une junte dirigée par un fils du défunt président tchadien Idriss Déby Itno a pris le pouvoir après qu'il a été tué au front en avril en menant lui-même une offensive contre des rebelles venus de Libye.

Bangui a tenté rapidement d'apaiser son voisin du Nord en déplorant des "morts" dans les deux armées au cours "d'échanges de tirs (...) à la frontière" et proposant une "enquête conjointe" au Tchad, qualifié de "pays frère". Mais elle n'a pas évoqué une quelconque "exécution" de soldats, ni pour l'admettre ni pour la nier.

Bangui a également accusé les "rebelles" centrafricains, que son armée "poursuivait" à ce moment-là, d'être responsables de cet accrochage.

L'armée centrafricaine a "attaqué dimanche matin le poste avancé de Sourou, en territoire tchadien (...) tué un soldat tchadien, en a blessé cinq et cinq autres ont été enlevés pour être ensuite exécutés à Mbang, du côté centrafricain", affirme lundi le ministre tchadien des Affaires étrangères, Chérif Mahamat Zene.

- "Crime de guerre" -

Ce "crime de guerre d'une gravité extrême et cette attaque meurtrière préméditée, planifiée et opérée à l'intérieur du Tchad (...) ne sauraient rester impunis", écrit M. Mahamat Zene.

A Bangui, des sources onusiennes, sous couvert de l'anonymat, ont confirmé des affrontements dimanche sur le marché de Mini, une localité tchadienne près de la frontière, entre des militaires centrafricains appuyés par des paramilitaires russes d'un côté, et des rebelles centrafricains ainsi que des soldats tchadiens, de l'autre. Au moins un soldat tchadien a péri et cinq ont été capturés, selon ces mêmes sources qui font état de "victimes" des deux côtés.

Des rebelles ont attaqué des militaires à Mbang, en Centrafrique, et ont pris la fuite "en direction du Tchad", provoquant une riposte des militaires de ce pays et "la cacophonie orchestrée par les rebelles (...) a généré un malheureux malentendu entre forces tchadiennes et centrafricaines", a plaidé la ministre centrafricaine des Affaires étrangères Sylvie Baipo Temon, dans un communiqué.

Les soldats centrafricains poursuivaient au-delà de leur frontière des combattants des 3R (Retour, Réclamation et Réhabilitation) ou de l'Unité pour la Paix en Centrafrique (UPC), ont pour leur part assuré à l'AFP deux hauts responsables des services de sécurité tchadiens, qui ont requis l'anonymat.

Les 3R et l'UPC, majoritairement composés de Peuls, sont deux des plus puissants groupes armés qui contrôlaient deux tiers de la Centrafrique avant de lancer en décembre, à la tête d'une coalition, une offensive contre le président Faustin Archange Touadéra.

- Echec des rebelles -

La rébellion centrafricaine a échoué à renverser le président Touadéra, réélu le 27 décembre, et a été vaincue ou repoussée hors des agglomérations dans l'essentiel du pays, notamment grâce à l'intervention massive de centaines de paramilitaires russes du groupe de sécurité privée Wagner, dépêchés par Moscou.

De son côté, le Tchad, dont l'armée est considérée comme la plus puissante de la région, fait figure de pays clé dans la guerre contre les jihadistes au Sahel, aux côtés notamment de la France, laquelle a "fermement condamné l'attaque du poste avancé de Sourou".

La junte ayant succédé à Idriss Déby, qui dirigeait le Tchad d'une main de fer depuis 30 ans, a immédiatement dissous le gouvernement et le Parlement, abrogé la Constitution, tout en promettant des élections "libres et démocratiques" au terme d'une période de transition de 18 mois.

La communauté internationale, la France en tête, s'est largement abstenue de condamner ce que l'opposition a dénoncé comme un "coup d'Etat" mené par le fils du défunt maréchal, le général Mahamat Idriss Déby, autoproclamé "président de la République" à la tête d'un Conseil militaire de transition (CMT).

Sous la pression internationale, il a toutefois nommé un gouvernement civil mais le CMT conserve l'essentiel du pouvoir exécutif.

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: Afrique Monde