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Angola: deuxième journée de pillages dans la capitale, 6 morts depuis lundi

2025-07-29 20:28:00 - La capitale angolaise Luanda a été en proie mardi à une deuxième journée de pillages et violences qui ont fait au moins six morts, en marge d'une grève des taxis contre une hausse des prix du carburant.  

La décision du gouvernement d'augmenter les prix des carburants fortement subventionnés de 300 à 400 kwanzas - de 0,28 à 0,38 euros - par litre en juillet a provoqué un vif mécontentement en Angola, deuxième producteur africain de pétrole après le Nigeria mais où de nombreuses personnes vivent dans la pauvreté.
 
Des coups de feu ont notamment été entendus mardi dans le quartier de Cazenga, dans le centre de Luanda, où des personnes ont été vues en train de voler de la nourriture et d'autres articles dans les magasins, selon un journaliste de l'AFP. 
 
La chaîne de télévision locale Nzinga a montré mardi des femmes pleurant près d'un corps dans une rue de ce quartier. Aucun détail sur les circonstances de sa mort n'était immédiatement disponible. 
 
Dans la même zone, un jeune homme a été tué près d'un supermarché, apparemment par une balle perdue, selon un journaliste de l'AFP. 
 
La police n'a pas souhaité faire de commentaires et devrait faire un point dans la soirée. Elle avait auparavant donné un bilan de quatre morts pour la journée de lundi.
 
Mardi, les transports étaient toujours interrompus dans la capitale et les magasins fermés après des pillages massifs lundi, le premier jour de la grève des chauffeurs de taxi.
 
- "Nous sommes fatigués" -
 
"Nous sommes fatigués... Ils doivent annoncer quelque chose pour que les choses changent (...) pour que nous puissions vivre dans de meilleures conditions", a déclaré un manifestant à la chaîne TV Nzinga. 
 
"Pourquoi nous faites-vous souffrir ainsi? Comment nourrirons-nous nos enfants? Les prix doivent baisser", a insisté une femme, en s'adressant au président Joao Lourenço.
 
Dans ce pays d'une trentaine de millions d'habitants, l'inflation est très élevée et a approché les 20% en juin, tandis que le taux de chômage a atteint presque 30%, selon l'autorité nationale des statistiques.
 
La police a signalé "quelques incidents isolés" tôt mardi et a déclaré que les personnes impliquées "ont été repoussées et continuent de l'être". 
 
La police a arrêté dans la nuit de lundi à mardi quelque 400 personnes soupçonnées d'être impliquées dans les violences, après en avoir arrêté 100 lundi.
 
Environ 45 magasins ont été vandalisés, tandis que 25 véhicules privés et 20 autobus publics ont été endommagés, a-t-il déclaré. Des banques ont également été ciblées.
 
Et les troubles s'étendent à l'intérieur du pays. Un journaliste de la ville de Huambo, située à environ 600 kilomètres de Luanda, a indiqué qu'il y avait également eu des pillages et des émeutes.
 
Des manifestations et des violences ont également été signalés, selon des images sur les réseaux sociaux, dans la ville côtière de Benguela, à environ 600 kilomètres au sud de Luanda, et la police a été déployée. 
 
L'association ANATA, représentant les chauffeurs de taxi, a pris ses distances avec les violences, mais a confirmé la poursuite de la grève décrétée pour trois jours.
 
- "Jeunesse sans alternatives" -
 
Les médias locaux ont rapporté que les forces de sécurité avaient utilisé des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc pour disperser la foule. 
 
Human Rights Watch a dénoncé l'usage excessif de la force par la police lors de la manifestation du 12 juillet, notamment en tirant des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc. 
 
Dans une déclaration conjointe lundi, des groupes de la société civile ont condamné l'arrestation le 19 juillet de l'un des organisateurs des manifestations, Osvaldo Sergio Correia Caholo, "victime de l'oppression en Angola, où les droits et libertés fondamentales sont constamment bafoués". 
 
Les manifestations constituent une "conséquence directe" de l'incapacité du gouvernement à résoudre les problèmes de chômage, les coûts de la vie élevés et le déclin des services publics, a déclaré un d'entre eux, le groupe Uyele. 
 
Il est "urgent de comprendre que nous sommes confrontés à un symptôme grave: l'épuisement social d'une jeunesse sans alternatives", a-t-il expliqué dans un communiqué.
 
Le parti MPLA du président Lourenço dirige l'Angola depuis son indépendance du Portugal en 1975. Malgré ses vastes ressources pétrolières, l'Angola demeure l'un des pays les plus pauvres du monde.
 
AFP - str-br/jcb/cpy/liu

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