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France: A Marseille, Macron hué en arrivant dans une école primaire

2021-09-03 00:15:45 - Un accueil en demi-teinte. Après les problèmes d’insécurité, Emmanuel Macron a poursuivi ce jeudi 2 septembre sa visite à Marseille en assistant à la rentrée dans une école populaire et vétuste, avant de présenter un plan d’urgence très attendu pour les habitants de la deuxième ville de France. 

Pour ce deuxième jour dans la cité phocéenne, le président est retourné dans les quartiers nord de la ville, dans une école du 13e arrondissement, quartier où le taux de pauvreté atteint 28 %. Arrivé vers 10 heures, il a été accueilli par quelques huées de militants anti-vaccin, avant d’être très vite entouré par des enfants, signant le plâtre de l’un d’eux.
 
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Accompagné notamment du ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer et du maire socialiste Benoît Payan, le président a écouté les doléances des enseignants et parents d’élève de cette école de type Pailleron où s’effectue la dernière rentrée des classes avant la destruction du bâtiment.
 
Pourquoi Macron veut être le « sauveur de Marseille »
 
Cafards, punaises de lit, salles de classes où la température peut atteindre 35 degrés l’été mais où il faut porter blouson et bonnet l’hiver : un professeur a égrené les problèmes, soulignant que ses élèves « méritent mieux » et ne doivent pas grandir dans « l’idée qu’ils méritent ça ».
 
« On va faire ça ensemble », a répondu Emmanuel Macron à ceux qui l’interpellaient.
 
« Ça nous fait du bien : car dans les quartiers Nord on est un peu oublié », a confié Narwel à l’AFP à propos de cette visite présidentielle qui s’est poursuivie par un jeu de question-réponse sous l’œil des caméras, dans une classe de CM2, au cours duquel un élève a dit vouloir plus tard « être président ou concessionnaire ».
 
Combien tu gagnes ?
 
Curieuse, une fillette lui demande son salaire : « 13 500 euros brut, 8 500 après prélèvement », répond le président du tac au tac.
 
Macron à Marseille : un « quoi qu’il en coûte » à double tranchant
 
Cette visite de terrain sera suivie par une visite à l’hôpital de La Timone avant la présentation en milieu d’après-midi au palais du Pharo du plan « Marseille en grand ». Ce programme a été « coproduit avec les collectivités », a précisé l’Elysée, sans en dévoiler le montant exact, qui devrait dépasser le milliard d’euros.
 
Emmanuel Macron devrait notamment annoncer la participation de l’Etat au vaste plan de rénovation lancé par la municipalité pour plus de 200 des 472 écoles de la ville. Ici « les écoles sont indignes de la République », a résumé Benoît Payan, évaluant à 1,2 milliard d’euros les besoins de financement de la première tranche.
 
L’éducation est l’une des trois priorités de ce vaste plan, présenté comme « historique », pour permettre à la deuxième ville de France - près de 900 000 habitants pour la cité et de 1,6 million pour l’agglomération - de tenter de rattraper son retard.
 
Recruté par BFM, Manuel Valls propose de « raser » les quartiers de Marseille pour les « repeupler autrement »
Les deux autres sont les transports collectifs, dans une ville qui ne compte que deux lignes de métro, et la réhabilitation des logements insalubres, près de trois ans après les 8 morts dans l’effondrement d’immeubles rue d’Aubagne.
 
« En campagne »
 
« Beaucoup de choses qu’on va lancer n’auront pas de résultats tout de suite, je suis lucide. […] On va faire le maximum mais je ne peux pas vous dire qu’on réussira », avait prévenu le chef de l’Etat mercredi.
 
Le scepticisme est partagé par des habitants et des élus locaux, qui rappellent que de nombreux plans ont été annoncés depuis des décennies pour Marseille, sans que la situation ne s’améliore nettement.
 
« Bien sûr que cela suscite de l’espoir. Après il ne faut pas que ce soit un one-shot », avait réagi le maire de Marseille, concédant que « tout ne sera pas fait en six mois, pas en un an ».
 
Que va donc faire Macron pendant trois jours à Marseille ?
 
Jean-Luc Mélenchon (LFI), présent mercredi à une réunion avec les élus locaux, a dénoncé « le pèlerinage des promesses » du président, « en campagne électorale », pariant que « pas un euro de ces promesses ne sera dépensé avant l’élection ».
 
A huit mois de la présidentielle, ce déplacement est largement commenté sur la scène politique, l’opposition de droite concentrant ses critiques sur le bilan sécuritaire d’Emmanuel Macron à Marseille, et au-delà au niveau national, tandis que la gauche demande que l’Etat mette plus de moyens dans les services sociaux.
 
Après un dîner ce jeudi avec le chef du gouvernement italien Mario Draghi, Emmanuel Macron consacrera la journée de vendredi à l’environnement, avec une sortie en mer dans le Parc national des Calanques et l’ouverture du Congrès mondial de l’Union internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), qui se tient à Marseille jusqu’au 11 septembre.
 
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: Afrique Monde