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Burkina : La réconciliation nationale est « une comédie institutionnelle » selon le Balai Citoyen

2021-02-17 21:33:33 -  La réconciliation nationale. Un sujet qui divise les Burkinabè. Certains estimant qu’elle devrait passer par la case de la Justice et de la Vérité. D’autres estimant qu’elle devrait suivre le schéma d’une justice transitionnelle. Le Balai citoyen, lui, a son opinion sur la question.

Au cours d’une conférence de presse organisée, ce mardi 16 février 2021 à Ouagadougou, le mouvement de la société civile a indiqué que la réconciliation nationale est un faux débat. 

« Le peuple burkinabè n’a pas un problème de réconciliation nationale. Qui veut-on réconcilier avec qui ? De quoi parlent ces agitateurs de la réconciliation nationale. Si ce n’est de l’impunité à accorder à ceux qui ont commis des crimes économiques ? Le projet qui se cache derrière ce faux débat sur la réconciliation nationale, c’est de faire l’impasse sur la justice. Aucun Burkinabè, soit-il président, ministre, député, maire, etc, ne doit échapper à sa responsabilité devant la justice », a tempêté le Balai citoyen dans la déclaration liminaire lue par l’un des porte-parole, Éric Ismaël Kinda. 

La justice, pour « l’exemple »

« On dit qu’il faut pardonner aux gens leurs actes. Eh bien ! Allons plus loin. Ouvrons la MACO (Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou, ndlr) et libérons tous les prisonniers en même temps. Je ne vois pas au nom de quoi, un voleur de poulet ou de motocyclette serait plus coupable qu’un détourneur de milliards ou quelqu’un qui a commis des crimes de sang. Il y a une éthique derrière tout cela. Si vous commettez des crimes, ne serait-ce que pour la morale, pour l’exemple, vous devez être entendu par la justice qui vous reconnait coupable ou non », a expliqué Serge Bambara alias Smockey. 

Les conférenciers ont appelé les populations à ne pas se laisser « berner par cette comédie institutionnelle en cours qui n’est rien d’autre qu’un arrangement politique entre camarades politiques ».

Dans les semaines à venir, le mouvement prévoit une série d’actions populaires de sensibilisation et de mobilisation contre l’impunité comme un forum contre l’impunité, des conférences publiques, des réunions populaires dans les villes et villages pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « pourfendeurs de la paix durable ». 

Pour l’heure, le Balai citoyen dit n’avoir pas été consulté par le ministre d’Etat en charge de la réconciliation nationale, Zéphirin Diabré. Mais qu’à cela ne tienne, les conférenciers sont catégoriques. « Qu’ils nous rencontre ou pas, ce n’est pas un problème. Nous avons une position et nous allons la défendre par tous les moyens », tranche Éric Emile Kinda. 

Lefaso.net

 

 
 

: Afrique Monde