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Cameroun-Douala: Ville Cruelle, après 40 ans de Renouveau

2020-10-05 23:33:35 - La ville de Douala, jadis très accueillante, souriante et généreuse, est devenue en 40 ans de renouveau une ville cruelle. Il ne s’agit pas ici de la cruauté des hommes imbéciles, pervers et prostitués, telle que rapportée par Eza Boto, décrivant la ville de Sangmélima ou Ebolawa dans les années 1960. 

La cruauté de la ville de Douala est plus vicieuse car elle est induite par la méchanceté, la paraisse, l’incapacité et la bêtise de l’état-RDPC de Yaoundé. Cette cruauté fait de la ville de Douala une monstruosité qui défie les lois de la nature et de la culture pour se retourner contre ses habitants en utilisant son principal atout : L’EAU.
 
Vous avez compris, il ne s’agit pas de la cruauté résultant des souffrances classiques dans cette ville où la misère a atteint des strates inimaginables pour des êtres humains.  Ce que je veux souligner ici c’est le rapport entre cette ville et ses habitants par rapport à l’eau et qui se caractérise par une cruauté à triple étage :
 
Les eaux de Douala ruinent tous les investissements et la vie des Doualais
Les Doualais meurent de soif alors que Douala leurs offre l’eau jusqu’à la gorge
Les Doualais, pris dans les inondations préfèrent mourir d’asphyxie que de noyade
 
1- Les eaux de Douala ruinent la vie des Doualais.
 
Une expression bien connue dit  « l’eau c’est la vie ». Cette évidence, qui revêt toute son importance dans les zones arides comme les sahels et les déserts,   prend une tournure dramatique à Douala où la grande ville nourricière utilise l’eau pour détruire la vie de ses habitants (vies, maisons, routes, infrastructures et maladies). Les Doualais regardent leur richesse en eaux comme une calamité.
 
2- Mourir de soif alors qu’on a de l’eau jusqu’à la gorge.
 
C’est extraordinaire, à Douala, dans tous les quartiers, toutes les conversations tournent autour de l’approvisionnement en eau potable des populations. Les Doualais manquent d’eau alors que Douala baigne dans l’eau. La ville généreuse en eaux, se sentant abandonnée par le Renouveau, a fait de l’eau (source de vie) une potion imbuvable que les habitants redoutent. Il faut dire que la ville Douala, sous le renouveau, est constituée d’une unité centrale mixte qui rassemble les fosses septiques, les lagunes, les latrines, les stations d’épurations, les eaux usées des drains et les puits, tous en un. Ce tableau, qui est bien connu des experts en hydrologie, n’est souvent visible pour les profanes que lors des inondations. Une situation extrêmement polluante avec des risques sanitaires et environnementaux qui créent de gros problèmes de santé. En effet, la prolifération des moustiques, mouches, cafards et rongeurs ainsi que des odeurs nauséabondes accompagnent toujours les maladies telles que la dysenterie amibienne, la typhoïde, les diarrhées cholériques, le paludisme etc… Un cocktail qui amène les Doualais à préférer mourir de soif que de boire l’eau de Douala.
 
Les Doualais, très ingénieux, vont minimiser ces risques en remplaçant tout simplement l’eau par la bière. Certains poussent la précaution très loin en se brossant les dents et en se lavant les mains et le visage avec la bière tous les matins. Ici, à Douala, quelques bières suffisent pour vous réhydrater et vous sauver d’un cholera mal intentionné. Vous avez donc compris qu’à la liste des maladies hydriques mentionnée ci-dessus, il faut aussi ajouter au final une cirrhose du foie.
 
3- Mourir d’asphyxie dans l’eau et non par noyade.
 
Le troisième aspect de la cruauté de la ville de Douala, c’est la modification génétique des Doualais qui ont développé un caractère inédit chez l’humain et qui défie la nature et les traditions ancestrales du peuple Douala : « Un Doualais préfère mourir d’asphyxie dans l’eau que de noyade ». Eh oui !, en 40 ans de Renouveau, les Doualais ont appris à se méfier de l’eau que leur offre la ville, au point où même en pleine noyade, l’eau ne traverse pas leur gorge, défiant ainsi les proverbes Douala tels que « Qui se noie ne s’occupe guère de ce qu’il boit », ou encore « Qui meurt par noyade est rassasié d’eau ».
 
C’est précisément cette mutation qui est à l’origine des guerres des chiffres lors de la comptabilité des morts suites aux multiples inondations dans la ville de Douala. Prenons l’exemple de la dernière inondation du Vendre 21 Août 2020 à Douala. Le régime de Yaoundé, habitué aux fourberie, parle de 3 morts alors que la ville de Douala enregistre 10 morts. Justement, dans le cas présent, les deux chiffres sont corrects car, au cours de cette inondation, trois enfants sont effectivement morts de noyade puisqu’on a trouvé de l’eau dans leurs jeunes et innocents poumons non encore adaptés à la cruauté de la ville. Par contre, les 7 autres adultes ont été déclarés morts de cause naturelle puisqu’on a pas détecté de l’eau dans leur poumon alors qu’on les a trouvés sous des ponts, dans des puits ou sous des détritus causés par les inondations. Ces adultes seraient donc morts dans l’eau par asphyxie.
 
Voilà, en quelques mots, des éléments qui permettent de comprendre à quel point la gestion du Renouveau a transformé en moins de 40 ans Douala, la généreuse, en une « ville cruelle » qui défie les lois de la nature et de la culture pour se venger sur ses propres habitants.
 
Par Douala Ngando

: Afrique Monde