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TOGO – Solidarité : Cuba envoie des médecins, la France interdit des journaux !

2020-04-19 08:44:41 - Avec 77 cas confirmés, dont 44 actifs pour 29 guérisons, trois décès, la pandémie du Covid-19 continue de progresser au Togo, à un rythme moins élevé pour l’instant que celui des pays développés. Dans ce contexte, Cuba a décidé répondu favorablement à la demande des autorités togolaises et envoyé au Togo des médecins de la « 18ème Brigade médicale Henry Reeve » pour lutter contre la pandémie.

Les médecins cubains venus lutter contre le Covid-19 accueillis à Lomé
 
LA SOLIDARITÉ INTERNATIONALE, GESTE RARE EN CES TEMPS DE CRISE !
 
C’est par un message Twitter que l’ambassadeur de Cuba auprès de l’Union Africaine, M. Angel Villa a indiqué : « La brigade médicale cubaine arrivera au Togo pour combattre le Covid-19. La solidarité prévaut ! » Effectivement et c’est à mettre à l’honneur de ce petit pays des caraïbes dont la réputation en matière de système de santé n’est plus à faire. Et le ministre des affaires étrangères de Cuba, M. Bruno Rodriguez Parilla ajoute : « C’est la première fois qu’une brigade médicale cubaine apporte son appui au Togo. C’est un engagement de Cuba envers un pays avec lequel nous avons des liens historiques d’amitié et de solidarité ». Sur son compte twitter le ministre indique que « La pandémie #Covid-19 ne respecte ni frontières ni idéologies.
 
La ccopération internationale est essentielle pour freiner sa progression et en atténuer les effets. Les différences politiques doivent être écartée, pour ouvrir la voie à la recherche conjointe des réponses nécessaires. #Cubasalvavidas ». [Cuba sauve des vies, NDLR] [i] Le ministre Cubain poursuit « Les médecins cubains ont été accueillis par le premier ministre Togolais, Komi Sélom Klassou, le ministre des affaires étrangères Robert Dussey et le ministre de la santé. Le premier ministre a transmis les remerciements de son président à Cuba ».
 
Ce renfort de médecins cubains arrivés au Togo, prolonge la solidarité internationale de la République socialiste de cuba envers l’Afrique ou des médecins cubains de « 18ème Brigade médicale Henry Reeve » sont à pied d’œuvre en Angola depuis plus d’une semaine.
 
Les mots du ministre cubain « La pandémie #Covid-19 ne respecte ni frontières ni idéologies », prennent tout leur sens, si l’on se rappelle qu’au mois de mars, lorsque l’Union européenne restait sourde et ne répondait pas aux appels urgents à l’aide de l’Italie, à ce moment pays du monde le plus durement frappé par la crise du Covid 19, une équipe de 52 médecins cubains de la « Brigade médicale Henry Reeve » a forcé l’admiration en débarquant le 21 mars en Lombardie province la plus durement affectée par la pandémie, ou ils furent accueillis comme des héros. Une seconde équipe a ultérieurement été envoyée en Italie. « Cuba est un petit pays, mais ce que nous pouvons offrir est notre capacité médicale et nous l’offrons avec le cœur », avait déclaré au journal La Stampa, José Carlos Rodriguez l’ambassadeur de Cuba en Italie. [ii]
 
Cuba, petit pays des caraïbes de 11 millions d’habitants, a développé sous l’impulsion de Fidel Castro, un système de santé publique qui compte 34 universités de médecine, 95.000 médecins, dont 15.000 dentistes, 89.000 infirmiers et infirmières et personnels de santé. A Cuba la santé est une priorité et l’expertise de ses équipes médicales, notamment en matière de lutte contre les pandémies s’exporte dans le monde entier. Plusieurs équipes médicales Cubaines se sont précédemment employées en Afrique, notamment pour lutter contre l’épidémie Ebola.
 
Répondant à une demande de l’OMS, trente des médecins de cette brigade avaient été mobilisés en 2014 pour lutter contre l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest. Habitués des coopérations internationales, plus de 50.000 professionnels de santé de Cuba, travaillent dans plus d’une quarantaine de pays à travers le monde. A ce jour, depuis le début de la pandémie, Cuba, fidèle à ses traditions et à sa politique de coopération internationale a répondu positivement aux 13 autres pays qui après l’Italie ont sollicité son aide dans la lutte contre le Covid-19, et envoyé plusieurs centaines de médecins en Andorre, Angola, Belize, Grenade, Jamaïque, Mexique, Nicaragua, Suriname, Venezuela, Togo…, et se déclare encore prêt à répondre à toutes les demandes d’aide médicale.
 
Cuba, Blocus non, Solidarité oui
 
Il est souhaitable qu’une fois terminée la pandémie et le Covid-19 maitrisé grâce aux progrès de la recherche médicale, tous ces pays qui ont reçu l’aide concrète des médecins cubains, se souviennent de ce qu’est la solidarité internationale de Cuba, et l’appuient de manière diplomatique, dans sa demande incessante afin que soit levé le blocus criminel mené par les Etats-Unis à son égard depuis le 3 février 1962. Les Etats-Unis qui en ces temps de crise sanitaire ont fait preuve d’égoïsme, pratiquant la mondialisation à rebours par une politique forcenée du chacun pour soi, les conduisant à se rendre sur les tarmacs des aéroports de Chine, pour détourner des masques sanitaires de leur destination en rompant les contrats commerciaux et en payant trois fois le prix en cash. 
 
Ou encore lorsque Donald Trump, le « faiseur de deals », en personne a tenté d’attirer aux Etats-Unis les chercheurs allemands de la société CureVac à Tübingen et d’acheter l’exclusivité pour le sol américain d’un éventuel vaccin qu’il était prêt à payer jusqu’à un milliard de dollars pour s’assurer que le médicament en développement dans le laboratoire allemand bénéficie en priorité aux américains.[iii] Ce qui a provoqué la réaction cinglante de l’épidémiologiste allemand et député du SPD, Karl Lauterbach « Le Capitalisme a ses limites. Le gouvernement américain a fait un acte extrêmement hostile ». Pour ce qui concerne le Togo, l’aide des Etats-Unis jusqu’à présent consiste en une vidéo de l’ambassadeur Éric Stromayer appelant au confinement, diffusée le 25 mars 2020. [iv]
 
S’il faut saluer la solidarité concrète de Cuba pour lutter contre la pandémie du Covid-19, au vu de l’attitude des Etats-Unis, il est permis de s’interroger sur l’aide concrète apportée au Togo dans ce cadre par ses alliés « traditionnels », parmi lesquels les pays du G5 Togo.Une du journal togolais Le Rendez-vous, 11 mai 2019
 
COVID-19 : QUELLE SOLIDARITÉ AVEC LE TOGO DE LA PART DES PAYS DU G5 ?  
 
La coordination du G5 Togo, composée de la France, de l’Allemagne, des Etats-Unis, de l’Union Européenne, et du Système des Nations-Unies, si prompte à se pencher sur l’état de la démocratie au Togo et faire des recommandations à Faure Gnassingbé et au gouvernement, en acceptant sans broncher qu’elles ne soient jamais respectées [v], semble pour l’instant répondre aux abonnés absents. Pas une once d’aide médicale concrète au Togo depuis le début de la pandémie.
 
En France, depuis le début de la pandémie Macron et son gouvernement étalent aux yeux du monde, le visage de l’incurie et l’incapacité à coordonner efficacement la lutte contre la pandémie. A tel point que des députés de tous bords politiques ont écrit au premier ministre Edouard Philippe pour demander l’aide des médecins cubains pour faire face à l’épidémie. C’est dire !
 
Sollicitation restée jusqu’ici lettre morte, la France préférant du haut de sa fierté offrir le spectacle des querelles picrocholines au sein du milieu médical et de l’inefficacité de ses dispositifs de lutte, qui conduisent à recourir au confinement comme seul remède efficace, une solution qui remonte au Moyen-âge. « Confiner l’ensemble de la population sans dépister et sans traiter, c’est digne du traitement des épidémies des siècles passés. La seule stratégie qui fasse sens est de dépister massivement, puis confiner les positifs. », résume Jean-Dominique Michel, expert en santé publique, anthropologue de la santé.
 
 D’un côté, un Professeur, Didier Raoult, sommité mondiale en tant que spécialiste des maladies infectieuses tropicales émergentes, bien connu des milieux médicaux africains où il intervient régulièrement. A l’IHU Méditerranée Infection qu’il a créé et dirige à Marseille, ses équipes ont massivement dépisté, puis traité plusieurs milliers de patients à la chloroquine associée à un antibiotique,  obtenant des résultats remarquables (après 10 jours 91,7% des patients avaient une charge virale nulle).[vi] De l’autre une horde de confrères détracteurs, souvent liés contractuellement à des laboratoires pharmaceutiques, qui récusent la méthode semble-t-il efficace de Raoult et préconisent d’attendre des essais cliniques dont les résultats n’interviendront qu’une fois la pandémie terminée.
 
Ce médicament à très bas coût, 5€ environ soit 3279 FCFA, pourrait intéresser au premier chef, les pays à faibles revenus. Il est d’ailleurs officiellement retenu et préconisé par le Sénégal.
 
Dans la même période un décret du 28 mars 2020, premier ministre Edouard Philippe et du ministre de la santé Olivier Véran, déclenchait une polémique en autorisant un médicament le Rivotril, habituellement utilisé sur des patients en détresse respiratoire. A tel point qu’un syndicat professionnel Jeunes Médecins a demandé au Conseil d’Etat de suspendre le dispositif arguant : « L’administration de cette molécule (contre-indiquée en cas d’insuffisance respiratoire) à un patient souffrant du Covid-19 aura pour effet d’atteindre une sédation terminale à domicile entrainant le décès » [vii]. Certains ont immédiatement interprété cela comme une mesure d’euthanasie quand d’autres s’en défendent. Rien que ça !
 
Si l’Allemagne semble, s’être mieux tirée de la situation de crise sanitaire, grâce à un dépistage massif des populations à risque, les Etats-Unis ne sont guère mieux lotis que la France, quant aux autres pays de l’Union européenne, l’Italie et l’Espagne sont les pays européens qui jusqu’à présent ont payé le plus lourd tribut, malgré un recours massif au confinement des populations.
 
À force d’avoir obéi aux injonctions de l’Union européenne et sacrifié la santé publique et ses hôpitaux sur l’autel des politiques néolibérales et du marché, l’impréparation notoire aux situations de pandémie se paye aujourd’hui cash, et au prix fort. Après avoir constaté la pénurie de masques et de tests réactifs de dépistage du fait des décisions des gouvernements successifs de Chirac, Sarkozy et Hollande, qui ont appliqué le crédo néolibéral a la politique nationale de santé, et choisi délibérément de supprimer les stocks de réserve au motif de faire des économies de bouts de chandelle, la France est ainsi devenue en ces temps de crise sanitaire sous la gouvernance de Macron, la république des ordres et des contre-ordres, menant une politique de la chèvre et du chou ! Le système médical français sous Covid-19 est un champ de ruines : « pour se fabriquer des sur-blouses de fortune, c’est la course aux sacs-poubelles. Des ateliers de bénévoles découpent et cousent, à leur domicile, du polyester récupéré (entre autres) chez Gamm’Vert. Les masques sont toujours délivrés au compte-gouttes, et pas les FFP2 espérés. Dans les hôpitaux on surveille les stocks de tout, de crème hydratante, de combinaisons, de médicaments. »[viii] …
 
Lutte contre le Covid-19, des respirateurs pulmonaires et des masques made in Togo
 
 
Pour ce qui est du Togo, bien qu’ayant fait appel aux médecins cubains, les togolais, ne manquent heureusement pas de ressources internes. Après avoir salué l’initiative de plusieurs stylistes et créateurs de mode, tels Saint Addy et Nadiaka (Nadia Karimu-Yessoufou), qui se sont mis spontanément à fabriquer des masques dont le pays était complètement démuni, il est aussi permis de saluer l’initiative de trois jeunes spécialistes des techniques de l’information et de la communication et de l’impression 3D, qui ont dans l’urgence fabriqué un respirateur artificiel dont les tests se sont avérés probants et des visières de protection, selon les explications données par les créateurs qui ont travaillé dans le cadre du Hub de créativité NUNYA LAB, Foli-Bebe Ousia Assiongbon, Directeur Exécutif de EcoTecLab, Komlan Sylvestre Olando, Directeur exécutif de Tidd et Kossi Akapko Fab Manager Fablab ENSI UL[ix]. Il est souhaitable que le plan de soutien de 400 milliards décidé par le gouvernement vienne en aide à ces jeunes pour les aider concrètement à financer ce type de production d’intérêt public.
 
C’est dans cette direction que devrait se tourner le Professeur Kouami Kokou, Directeur de la recherche scientifique du Togo, qui venu s’enquérir de l’avancement des travaux a déclaré « être impressionné », avoir vu du « Top, du haut niveau », a « encouragé les jeunes à aller très vite » et « qu’il verrait dans le cadre de la Commission quel soutien il pourrait apporter à cette équipe-là pour passer du stade de prototype à celui de la production ». La professeur Kokou devrait saisir d’urgence la Coordination Nationale de Gestion de Riposte au Covid-19 au Togo (CNGR Covid-19), censée harmoniser les actions et pallier rapidement aux effets collatéraux négatifs des mesures d’urgence.
 
Cette créativité permet de mettre à l’honneur les jeunes togolais qui font fi du confinement intellectuel et au lieu de subir font preuve de capacités de réaction à une situation de crise et agissent pour l’intérêt commun.
 
Il est donc suggéré à l’Etat togolais de valoriser l’initiative de ces jeunes créateurs, en poursuivant sa coopération médicale avec Cuba et en l’aidant à se procurer des respirateurs. Une coopération intelligente au moment ou en raison du blocus des Etats-Unis, Cuba se trouve privé de sa source d’approvisionnement principale en respirateurs pulmonaires, les sociétés suisses IMT Medial AG et Acutronic. Sans doute par souci d’« humanisme confiné » au seul territoire des Etats-Unis, la société américaine Vyaire Medical Inc. Basée dans l’illinois vient d’acquérir au prix fort les deux fabricants suisses.  Elle a aussitôt signifié à Medicuba, société importatrice du ministère cubain de la santé publique, « la ligne directrice de l’entreprise que nous avons aujourd’hui est de suspendre toute relation commerciale avec Medicuba » [x]. Si comme l’affirmait Karl Lauterbach à propos des vaccins « Le Capitalisme a ses limites », l’égoïsme des Etats-Unis lui est sans limites.
 
Difficile dans les conditions que nous venons de décrire, d’attendre le moindre élan de solidarité de la part des pays du G5 tous empêtrés dans une gestion de crise on ne peut plus approximative.
 
Quant au sens de l’intérêt commun on ne saurait donc mettre tout le monde sur le même plan au constat du rôle de certains dans cette période tourmentée.
 
LA FRANCE N’ENVOIE PAS DE MÉDECINS, SA DIPLOMATIE ATTAQUE LA LIBERTÉ D’EXPRESSION ET FAIT INTERDIRE TROIS JOURNAUX TOGOLAIS, LIBERTÉ, L’ALTERNATIVE, FRATERNITÉ   
 
À la différence de soixante millions de français, la diplomatie française au Togo, ne semble pas vouloir rester confinée…  Ainsi avons-nous assisté en pleine épidémie de Coronavirus au déploiement de zèle de l’ambassadeur de France au Togo pour obtenir de la HAAC [xi], la suspension et l’interdiction de parution des journaux L’Alternative, Liberté, et Fraternité, qui au lendemain de l’élection présidentielle du 22 février 2020, avaient osé donner leur avis quant au soutien sans retenue de l’ambassadeur de France à Faure Gnassingbé, dénonçant des entorses à la neutralité.
 
Cette suspension fut perçue comme l’art de souffler le chaud et le froid, dans les relations entre la France et le Togo, l’art de manier la carotte et le bâton.
 
Faisant fi des querelles secondaires, une partie de la presse togolaise, la presse debout, lassée des atteintes répétées contre son indépendance, est entrée au Togo dans un affrontement direct et non plus à fleurets mouchetés avec une partie de la diplomatie internationale représentée au Togo, notamment la France.  Sans faire un foin du diable, ni entrer dans la gesticulation stérile, ils ont décidé de porter leur riposte au seul niveau qui convient, à savoir le ministre de tutelle de l’ambassadeur de France au Togo, le ministre des Affaires étrangères français Jean-Yves Le Drian.
 
Ainsi le Comité de soutien aux journaux Alternative et Liberté a adressé les 19 mars 2020 au ministre français une lettre de protestation reproduite en annexe dont l’objet affichait clairement la couleur : « Atteinte à la liberté de presse – Protestation contre Marc Vizy Ambassadeur de France au Togo »
 
Il est possible d’interpréter la demande formulée au ministre par le comité de soutien comme une demande de condamnation d’une forme de « diplomatie compradore », qui consiste à vouloir éradiquer la possibilité d’expression de toute forme de critique de l’action publique, voire d’instituer comme règle l’occultation de la vérité. !
 
Les journalistes togolais considèrent que l’ambassadeur de France, pas plus qu’il n’était qualifié, es-qualité d’expert sanitaire, pour démontrer que la brasserie BB Lomé propriété du groupe français Castel Frères[xii], respectait ou non les règles sanitaires, ne pouvait davantage démontrer que les critiques formulées à son égard quant à ses propos systématiquement laudateurs du régime Gnassingbé n’étaient pas fondées, à la lecture et à l’écoute de ses nombreuses déclarations publiques relayées par la presse togolaise.
 
Le quotidien Liberté qui pour la première fois en quinze ans d’existence a été obliger de baisser le rideau pendant quinze jours, avait écrit que : « Depuis son arrivée au Togo, l’ambassadeur de France au Togo, s’est toujours comporté comme si te Togo n’avait aucun déficit démocratique et que chacune des institutions jouait véritablement son rôle. »
 
La période actuelle caractérisée par la crise sanitaire provoquée par la pandémie du Covid-19, ne semble pas plaider en faveur de la France et atteste que celle-ci parait bien mal placée pour distribuer des accessits dans la mesure ou jour après jour la gestion de la crise par le gouvernement français montre l’amateurisme et des capacités d’organisation défaillantes.  
 
Vivement le retour de Liberté, L’alternative et Fraternité dans les kiosques et plein soutien à tous ces journalistes courageux qui mènent sans faillir le combat pour la liberté d’expression.
 
LE COUVRE-FEU FERA-T-IL PLUS DE VICTIMES AU TOGO QUE LE COVID 19 ?
 
Nous avions déjà alerté et interrogé sur les véritables intentions du gouvernement à propos du couvre-feu instauré pour une durée indéterminée au prétexte de la lutte contre le Covid-19.
 
Il semblerait, que les craintes de nombreux citoyens togolais soient fondées puisque chaque jour apporte son lot d’exactions et d’atteintes à la dignité humaine, au vu des témoignages de plus en plus nombreux relatés par la presse togolaise indiquant que les soldats, gendarmes et policiers chargés de faire respecter cette disposition restent fidèles aux habitudes récurrentes de répression du régime RPT/UNIR de Faure Gnassingbé. Ils brutalisent sans raison apparente les paisibles citoyens, enfants, jeunes adultes et même des personnes âgées. On peut ainsi voir dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux [xiii], une grand-mère molestée et blessée à Devinkinmé, à quelques kilomètres à l’est de Lomé.
 
Plusieurs autres cas de violences ont également été signalés, viol d’une fille dans la préfecture des lacs, un jeune qui revenait de son travail à Zanguéra et fut interpellé aux environs d’Avédji-Limousine, est décédé après avoir été roué de coups jusqu’à l’éclatement des testicules [xiv]. La famille du jeune garçon n’entend pas se taire et demande que justice soit faite.
 
La lutte contre le Covid-19, ne saurait servir de paravent à des violences gratuites sans aucune justification dans le cadre de la lutte contre la pandémie.
 
Cette réalité vécue par les togolais depuis que l’état d’urgence a été décrété pourrait peut-être conduire l’ambassadeur de France au Togo à aider les victimes et leurs familles à obtenir réparation. Les exactions commises ces derniers jours sous couvert du respect du couvre-feu, pourraient peut-être permettre à l’ambassadeur de réviser ses « certitudes », à travers les propos qu’il avait tenus en 2018, quelques mois après sa prise de fonctions au Togo, devant un parterre de journalistes et d’hommes d’affaires à l’occasion de l’inauguration d’un nouvel entrepôt de l’entreprise française AGS : « Le Togo connait quelques turbulences politiques souvent un peu exagérées par les médias {…}Nous sommes convaincus que cet épisode de turbulences politiques, les togolais sauront le dépasser dans un cadre pacifique, dans le cadre de la démocratie. Nous avons confiance. Si certains doutent nous ne doutons pas. »  
 
Un jeune tué, une jeune fille violée et une grand-mère molestée, actes suffisamment graves par nature, permettront-ils à l’ambassadeur de France d’infléchir sa conscience et de réviser ses certitudes, de lever les « doutes » quant à la véritable nature du régime RPT/UNIR de Faure Gnassingbé et le conduiront-ils à réviser sa confiance à son égard ?
 
Pendant ce temps les médecins cubains soignent et sauvent des vies au Togo ! FF.
 
François FABREGAT
 
16 avril 2020.
 

: Afrique Monde