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Cameroun : PAUL BIYA SE MET À GENOUX POUR SUIVRE LES INSTRUCTIONS DE MACRON

2020-03-02 13:42:21 - J’ai vraiment du mal à le croire. Après avoir pondu des communiqués stupides; envoyé des “chasseurs de primes” manifester et insulter Macron, on répond à son coup de fil menaçant annoncé en mondovision ?

Notre Lion n'est décidément qu'un agneau devant l étranger à la peau blanche.
 
De quoi avons nous l'air ? Qui imagine Ahidjo, Bongo père, Houphouët-Boigny, Sekou Touré, Senghor…se faire humilier ainsi même face au général De Gaulle ?
 
Benjamin Zebaze.
 
Le président français Emmanuel Macron a tenu à sa promesse  et a appelé   Paul Biya au téléphone qui s’est précipité à décrocher sans rechigner. En plein  dimanche,  Emmanuel Macron s’est permis de réveiller Paul Biya pour lui demander des explications  sur la situation tendue dans les deux régions  anglophones du Cameroun.
 
Huit jours après les propos critiques du président français sur les droits de l’homme tout en révélant avoir mis la pression sur le président camerounais pour la libération du président du MRC Maurice Kamto, le coup de fil annoncé par Emmanuel Macron en plein Salon de l’agriculture, est donc arrivé. Et l’Elysée l’a fait savoir.
 
Au cours d’un entretien téléphonique, les deux dirigeants «ont évoqué la situation sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun», a indiqué l’Elysée. «Ils se sont accordés sur la nécessité d’une enquête impartiale en réaction aux violences commises contre des populations civiles dans le village de Ngarbuh, dans la province du Nord-Ouest», a ajouté la présidence française.
 
Côté camerounais, aucun communiqué de la présidence de la république qui fait profil bas. Mais, en lisant le communiqué de l’Elysée, ça se confirme que c’est bien Emmanuel Macron qui donne des instructions à Paul Biya. C’est Macron qui  a demandé à Biya  d’accélérer la décentralisation, d’organiser le dialogue national, de créer un statut spécial des régions anglophones, de libérer les prisonniers politiques. Et c’est maintenant la France, par la voix d’Emmanuel Macron, exige une enquête impartiale sur les assassinats des femmes et enfants à Ngarbuh
 
Le 22 février, Emmanuel  Macron avait promis à un activiste  camerounais qui l’avait interpellé en marge d’une visite au Salon de l’agriculture de Paris, de mettre «le maximum de pression» sur Paul Biya pour que cessent «des violences au Cameroun qui sont intolérables». Malgré les communiqués du porte-parole du gouvernement camerounais et du secrétaire général à  la présidence de la république brandissant la soi-disant souveraineté de l’Etat camerounais, Emmanuel Macron vient encore de frapper le poing sur la table pour s’ingérer dans les affaires intérieures du Cameroun.
 
Le 14 février, des hommes armés – 40 à 50 portant tous des uniformes de l’armée et certains masqués, selon des témoignages recueillis par des travailleurs humanitaires contactés par l’AFP – avaient attaqué le quartier de Ngarbuh, dans la localité de Ntumbo, avant de tuer par balle et brûler des habitants. Selon l’ONU, qui a demandé une enquête indépendante et impartiale, 15 enfants dont neuf âgés de moins de cinq ans, font partie des 23 victimes. La présidence camerounaise avait réagi en «rejetant» les «propos surprenants» d’Emmanuel Macron. Le président camerounais «est comptable de son action devant le seul peuple camerounais souverain et non devant un dirigeant étranger, fut-ce un ami», avait ajouté son secrétaire général, Ferdinand Ngoh Ngoh. Et voilà donc que les mêmes membres du gouvernement qui s’attendaient à voir le doyen Paul Biya, 87 ans, raccrocher, sont surpris qu’il a religieusement écouté le jeune président français âgé de 40 ans! On comprend donc qui est le vrai président du Cameroun.
 
L’Elysée a précisé dimanche que les deux présidents avaient «convenus de rester en contact sur le suivi des initiatives politiques issues du grand dialogue national, en particulier la mise en place d’un statut spécial pour les régions» du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
 
Un vrai désaveu pour les badauds qui s’étaient rués avec banderoles et tam-tams devant les locaux de l’ambassade de France à Yaoundé pour manifester contre les propos d’Emmanuel Macron. D’ailleurs, dans les deux communiqués publiés par l’Etat camerounais, il n’y a jamais eu le moindre démenti sur la libération de Maurice Kamto ordonnée par l’Elysée.
 
Afrique Monde

 

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