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Élections du 9 février au Cameroun : « Pas crédibles » selon l’Eurodéputé Maria Arena

2020-02-06 02:08:56 - « La seule façon de créer les conditions pour éradiquer la violence et consolider une paix durable au Cameroun, c’est de tenir des élections transparentes, libres et crédibles, où les partis d’opposition, tels que le MRC, peuvent s’inscrire et faire campagne en toute liberté. », a écrit mercredi, la député européenne Maria Arena, à la suite d’un entretien avec le président du MRC, Maurice Kamto, qui poursuit sa tournée politico-diplomatique à travers le monde.

La suite de la tournée de travail occidentale du leader politique camerounais, Maurice Kamto, c’était ce mercredi au Parlement européen à Bruxelles en Belgique, où il a rencontré la député européenne Maria Arena.

La rencontre entre celui qui est présenté par une importante frange de ses concitoyens comme le “président légitimement élu du Cameroun” lors de la présidentielle de 2018 et l’Eurodéputé socialiste belge Maria Arena a donné lieu à une importante séance de travail, à l’occasion de laquelle le Pr. Maurice Kamto a édifié son interlocutrice, ses collègues et collaborateurs sur situation politique du Cameroun perturbée depuis quatre ans par une crise séparatiste dans les régions anglophones qui a donné lieu depuis lors à une guerre civile insoutenable par son caractère sanglant, d’une part,  et d’autre part, par une crise politique causée par la controverse sur les résultats de la présidentielle d’il y a un peu plus d’un an.

Des échanges entre Madame Maria Arena et la délégation conduite par Maurice Kamto (qui était accompagné pour la circonstance par son Conseiller Spécial, Sa Majesté Effa Biloa et ses alliés à la présidentielle et compagnons pendant l’emprisonnement, Christian Penda Ekoka et Albert Dzongang), il appert que le parlement européen reste très sensible à la situation potentiellement explosive au Cameroun où se prépare un double scrutin législatif et municipal que de nombreux observateurs disent « gagné d’avance par le parti-Etat au pouvoir, le Rdpc », en raison d’une loi électorale uniquement faite pour lui garantir la victoire quel que soit le choix des électeurs, et à cause de la guerre dans les régions anglophones qui y rend les opérations électorales totalement impossibles, de sorte que «  seuls les militaires, policiers et gendarmes, mis en mission pour le compte du parti du président de la République  » selon des adversaires du régime, pourraient y voter dans le sens que l’on peut aisément imaginer.

Ces raisons difficilement discutables avaient poussé le parti Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto à boycotter les élections à venir.

Une décision lourde de graves conséquences qui ne laisse pas indifférente l’eurodéputé, qui a rappelé après les échanges de ce mercredi 5 février que : des élections transparentes, libres et crédibles,  n’avaient pas été possibles pour les précédentes élections présidentielles au Cameroun, et qu’elles ne le seront pas non plus  pour les élections locales et législatives qui auront lieu le 9 février.

« Sans la libération de tous les prisonniers politiques et les modifications du code électoral, il n’est pas possible de garantir des élections libres et équitables. Les autorités et le parti au pouvoir au Cameroun doivent veiller eau respect de ces conditions »,

a écrit la parlementaire, avant de lancer un appel ferme :

 « Nous devons soutenir le processus de consolidation de la paix et appelons les autorités camerounaises à tout mettre en œuvre pour respecter leurs obligations politiques et internationales. ».

Cameroonvoice

 

: Afrique Monde