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Soro s’attaque à Macron sans filtre !

2019-12-30 07:19:08 - Résolument candidat à l’élection présidentielle, mais interdit d’accès dans son pays par le régime en place courant le séjour de Macron, Guillaume Kigbafori Soro se dit déçu de l’indifférence du Président Français devant une telle entorse à la Démocratie et davantage de sa complicité avec des gérontes au pouvoir.

C’est une honte
 
C’est depuis la France qu’il a accordé cette interview au Journal Du Dimanche. Guillaume Soro confie qu’il va y rester puisqu’interdit de retour dans sa terre natale par le Président Ouattara. Rien n’y va changer pour le moment, même le mandat d’arrêt international émis contre lui « Ce mandat n’est pas fondé sur le droit, mais simplement fait pour empêcher un candidat d’accéder à la tête de son pays. Il ne peut donc opérer puisqu’il est politique. La plupart des pays européens qui défendent les droits de l’Homme refusent d’ailleurs d’appliquer ce genre de mandat. » A confié Guillaume Soro. L’ancien président de l’Assemblée nationale ivoirienne se refuse tout lien avec l’Elysée ; il a pour cela expliqué que son séjour en France tient à un visa normal et  qu’il n’a ni demandé ni bénéficié d’une assistance particulière de Paris. « Je n’ai aucun contact avec l’Élysée » a-t-il tranché en se désolant de l’attitude d’Emmanuel Macron relativement à la dérive autoritaire dont il se dit  victime. Il évoque précisément le mandat émis contre lui, l’interdiction systématique des manifestations politiques pendant la visite de Macron, le fait que des partis politiques de l’opposition soit assiégés par des milices cagoulées du régime et l’arrestation de cinq députés sans que leur immunité parlementaire n’ait été levée.« Je suis quand même surpris que le président français se soit rendu en Côte d’Ivoire, qu’il y ait fêté son anniversaire et qu’il n’ait pas eu la capacité de dire à ses hôtes qu’il était important de respecter la démocratie en Afrique. Nous espérions qu’un président comme lui aurait le courage et la maturité de le faire. ». Emmanuel Macron ne s’est pas aventuré sur ce terrain, il se livre à des tranches pour le moins honteuses selon Guillaume Soro « un dirigeant comme lui s’affiche avec des septuagénaires honnis par leur peuple, que peut-il attendre des jeunes générations africaines ? Avez-vous vu ces images ridicules où le vice-président de la Côte d’Ivoire, un homme de 76 ans, lui chante “joyeux anniversaire” ? C’est une honte. » Ironise-t-il.  En outre « je suis choqué aussi que l’opinion française ne réagisse pas. Cette visite de Macron en Côte d’Ivoire, c’est Bouygues qui l’a organisée. Et on sait l’influence de Bouygues dans la sphère politique française. Au nom de contrats juteux, on est donc prêt à fermer les yeux sur le piétinement de la démocratie en Afrique. »
 
Résistance à la Générale de Gaulle
 
Malgré ces vents contraires la détermination du président de Générations et Peuples solidaires (GPS) reste intacte « Je suis et reste candidat à la présidence de la République. Je vais organiser la résistance comme le général de Gaulle l’a fait depuis Londres. Avec tous les partis politiques et le président Bédié [Henri Konan Bédié, chef de l’État ivoirien de 1993 à 1999], nous devons sauvegarder la démocratie en Côte d’Ivoire. » A-t-il lancé d’un ton incisif. Il a tenu à préciser qu’il  s’agira exclusivement  d’une résistance politique sans le concours des armes. Interrogé sur le scénario envisageable en cas d’impossibilité pour lui de regagner la Côte-d’Ivoire pour l’élection présidentielle, Guillaume Soro en emprunte à l’exemple du Président Ouattara « Il faut se souvenir qu’en 1999 M. Ouattara avait lui aussi été frappé par un mandat d’arrêt. Il a fait sa campagne en exil et est aujourd’hui président de la Côte d’Ivoire. Il ne pourrait en être autrement me concernant. Je vais gagner l’élection. » Explique-t-il. Il ne fait pas mystère sur la recette de cette victoire qu’il projette. A la faveur d’une entente avec Henri Konan Bédié, les deux iront au premier tour et le mieux placé soutiendra l’autre pour le second.  En attendant de savoir ce qu’elle deviendra, Guillaume Soro moque la situation dans laquelle il se retrouve « Voir M. Ouattara, parrain de la rébellion de 2002, m’accuser aujourd’hui de déstabilisation est une belle ironie de l’Histoire » ; une histoire qui promet de belles fresques sur le continent des miracles ; « En Tunisie, un candidat en prison a bien accédé au second tour de la présidentielle ! »,se souvient Guillaume Soro Pour autant, il se sentirait très près du but même à 8000 kilomètres du fauteuil qu’il vise.
 
Par Romulus Dorval Kuessie
 

: Afrique Monde