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Françafrique : Plutôt que de quitter le Sahel, la France préfère y négocier son maintien malgré les morts et les huées. Voici pourquoi !

2019-12-19 21:31:00 - « La France fait tout à leur place, et elle paie le prix fort, mais ils ne sont pas reconnaissants », a-t-on entendu s’égosiller des Français bon teint au lendemain de la mort de 13 soldats français.

 Ils étaient venus, disent encore les naïfs, aider les pays du Sahel à combattre le terrorisme. Ils sont morts de leur amour pour l’Afrique, croient les mêmes. Quelles que soient les motivations de l’envoi en Afrique de ces 13 valeureux soldats français, les Africains s’inclinent comme on fait chez eux devant les morts.
 
Sauf que la raison de la mort des vaillants soldats français dans le désert du Sahara pourrait être toute autre chose que la conséquence d’une subite “Afrophilie” aigüe de la France.
 
Tout porte plutôt à croire qu’envoyés par leurs dirigeants pour porter le fameux «fardeau de l’homme blanc » comme dans les temps immémoriaux de la rencontre du colonisateur et des sauvages  “indigènes” d’Afrique, les vaillants soldats français, bras armés de la recolonisation, auraient été frappés par la malédiction de leur “indésirabilité” sur ces terres sahéliennes dont les habitants n’ont pas cessé depuis quelques années, de signifier leur  hostilité à une présence française qui renforçait plus les agresseurs terroristes qu’elle ne les réduisait à leur plus simple expression.
 
En fait les Maliens qui sont sortis à de nombreuses reprises dans la rue pour protester contre la présence sur leur sol en particulier et sur le sol du Sahel en général de la France militaire sous le prétexte d’une soi-disant opération Barkhane  avaient  compris que si la France était là, c’était pour retrouver un privilège qu’elle avait temporaire perdu, le temps de cette décolonisation factice qui avait fait croire à certains illusionnistes du continent qu’ils pouvaient disposer des ressources de leur continent pour la construction de leur pays. Ces Maliens ont donc tout bêtement demandé à la France de quitter leur territoire parce qu’elle faisait écran à leurs armées face aux Jihadistes qui  gagnaient en envergure proportionnellement au boucan fait supposément pour les traquer et éradiquer.
 
Les Maliens de la rue n’ont jamais donné la preuve de la forfaiture de la France, mais des indices pertinents ayant pu échapper à la dissimulation -art  dans lequel leurs dirigeants, complices de la France, sont passés maîtres-  leur ont fait voir  que la France y avait des intérêts qu’elle ne pouvait assouvir que dans un contexte d’effroyable chaos, susceptible par sa gravité, de détourner les Sahéliens du souci de  préservation de leurs ressources.
 
C’est déjà le cas au Cameroun où la France ne se cache pas pour soutenir un régime terroriste engagé dans une guerre extrêmement meurtrière  contre la population anglophone du pays dans le cadre d’une lutte contre une prétendue sécession dont certains indices commencent à donner le sentiment qu’elle n’a jamais existé dans le fond, mais est plutôt une histoire créée de toutes pièces pour égarer  les camerounais, c’est-à-dire détourner leur attention de l’essentiel, pendant que la France et ses complices placés à la tête du Cameroun depuis le  milieu des années 1950, pillent l’essentiel des ressources pétrolières basées dans la région anglophone du Sud-ouest. 
 
Il se trouve qu’au Sahel comme dans le pays d’Afrique centrale, un jeu de massacre ourdi par l’Hexagone  est en train de se dérouler et ne prendra fin qu’avec le départ de la France et de ses suppôts de ces pays respectifs.
 
Il faut que les Africains le comprennent et surtout qu’ils ne confondent pas le refus d’attribuer quelques marchés africains à un entrepreneur français et un improbable assagissement nationaliste et patriotique de leurs épouvantails de dirigeants qui peuvent bien le faire à la suite d’un arrangement avec la France si friande de stratagèmes, pour orienter les populations ailleurs pendant qu’ils sont en train de réaliser la vieille ambition de la France sur les ressources africaines si bien explicitée dans la vidéo ci-dessous par l’ancien ministre délégué français à la présidence du Conseil du gouvernement Guy Mollet du 1er février 1956 au 13 juin 1957), l’ivoirien Félix Houphouet Boigny, dont  la principale réalisation fut la création d’une organisation commune de régions sahariennes permettant à l’Union française –à la France, en fait d’assurer son indépendance énergétique et de contrer les revendications territoriales marocaines dans le Sahara.
 
La preuve tant recherchée que les Maliens n’ont pas trouvée pour donner corps à leur suspicion légitime contre la France réside dans un fait historique : le 6 novembre 2004, à midi,  une bombe de 250 kg larguée par un Soukhoï Su-25 tombe sur le camp français de Bouaké, à quelques encablures d’une position de rebelles des Forces Nouvelles du duo Alassane Ouattara-Guillaume Soro, et fait –dit-on, 9 morts parmi les soldats français. Deux heures plus tard, les deux Sukhoï SU-25 de l’aviation ivoirienne sont détruits par l’armée française stationnée à Bouaké sous le nom de “Licorne”.  On prétendit en France que c’est le Général Henri  Poncet  qui avait pris seul  cette décision de détruire l’aviation d’un État souverain, qui plus est c’est cet Etat qui avait demandé l’intervention française à son profit, donc contre ses agresseurs dont la France se révéla plutôt être un allié objectif de taille.
 
Mais quand des « terroristes » donnent la mort à 13 soldats français, la France, au lieu de chercher à bombarder leurs bases, convoque plutôt des chefs d’États africains à Pau pour qu’ils viennent jurer devant la Grande France éternelle, qu’ils n’y sont pour rien  dans les fanfaronnades et rodomontades de leurs sociétés civiles respectives qui crient haro sur l’étouffante Hexagone.
 
Allez donc savoir pourquoi en France on ménage les terroristes. En Afrique !!!!!!
 
Par Ndam Njoya Nzoméné
 

: Afrique Monde