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Cameroun/Meeting du MRC à Ebolowa : La milice ethno-tribale de Biya consacre la sécession

2019-11-02 16:46:09 - Par la faute d’un régime qui n’étouffe pas sous le souci du qu’en-dira-t-on, le Cameroun a montré hier, 1er novembre, le côté le plus disgracieux du système moyenâgeux qui le gouverne: des citoyens d’un pays, interdits de se déplacer d’un point à l’autre de leur pays, pour la simpliste raison qu’ils militent au sein d’un parti qui n’est pas celui au pouvoir.

Et aussi pour la raison, très bête, que la ville qu’ils veulent joindre fait partie des fiefs tribaux d’un homme politique connu officiellement comme le chef de l’Etat, le fut-il par hold-up électoral permanent comme d’autres le furent à la suite d’un coup d’Etat, mais que ses supporters ont transformé en véritable chef tribal. Avec son consentement, bien entendu.

Ebolowa : entré interdite aux militants du MRC et aux ennemis du pouvoir tribal

Pour entrer dans la ville d’Ebolowa vendredi, 1er novembre 2019, il fallait montrer patte blanche aux postes de contrôle routiers érigés sur le tronçon Yaoundé-Ebolowa, qui ont été du reste multipliés. Des témoins parlent de passagers descendus de véhicules et fouillés jusque dans le petit linge (donc carrément violés) par la milice du régime qui tient lieu ici de “forces du maintien de l’ordre”.

La raison de cette fouille, alors que le Cameroun n’est ni sous Etat d’Urgence ni sous Etat d’exception ou de guerre ? Trouver des terroristes hostiles à la patrie ayant en leur possession des armes de destruction massive genre carte de militant du MRC, tee-shirt et autres gadgets floqués des trois lettres M, R et C qui constituent le sigle du “Parti extrémiste pour l’attroupement, la rébellion en groupe, l’hostilité à la patrie, l’insurrection, le trouble à l’ordre public, l’association de malfaiteurs, l’incitation à l’insurrection, et la complicité”, en abrégé, MRC(!).

Fouillés jusqu’au caleçon pour délit d’opposition ?

Encore heureux, ceux-là qui avaient emprunté comme moyen de locomotion, des cars de transport se livrant à leurs activités ordinaires, car après les contrôles de routine effectués par des gendarmes pointilleux appuyés par une escouade d’autochtones bulus pro-Biya qui tenaient à ce que le service de filtrage des intrus soit de bonne facture, le danger “allogéno-Bamiléko-Mrciste”(*) a été identifié à distance et leur refoulement par la coalition séparatiste “autochtones-gendarmerie nationale a permis de l’écarter.

Boire la félonie jusqu’à la lie

Ceux qui avaient réussi à passer à travers les mailles des forces de défense du Bulu-land, soit parce qu’ils voyageaient à bord des bus affrétés spécialement pour transporter les militants du MRC, soit parce qu’ils avaient réussi à entrer dans la Biya-town d’Ebolowa avant que la consigne soit donnée de neutraliser les “belobolobos”(**) et les “nguelefiss”(***) n’ont pas été logés à meilleure enseigne. La preuve, ils ont expérimenté le plus désagréablement du monde le prix qu’il y a à payer, quand au nom de la démocratie, on croit avoir le droit d’aller dans le fief tribal de Paul Biya, tenir un discours autre que celui du « papa Paul Biya Ayop, Ayop, Ayop », et du « président PôMbia Oyéééééé ! », « papa Popaul ééééééééé ». Ainsi ont-ils partagé, à leur corps défendant, le breuvage -supposé de déjections liquides-(****) apprêté à l’instigation de l’élite bulu pro-Biya du coin, par des buveurs de “arki” et d’”odontol” aux cerveaux très alcoolisés, qu’ont été forcés d’ingurgiter le journaliste Sam Sévérin Ango et ses compagnons. 

Ces terminologies renvoyant dans le subconscient du Camerounais partisan de Biya le régime Biya, à l’”étranger”, à l’”envahisseur” ou à l’”usurpateur” bamiléké, établi -ou se trouvant temporairement- dans un lieu autre que la région de l’Ouest, s’appliquent également à des natifs de la région du président chef de clan, Paul Biya, qui osent militer au sein d’une formation politique présentant des capacités réelles d’ébranler le régime. Pour ainsi dire, ces audacieux seraient-ils les frères utérins de Biya, qu’ils seront considérés au mieux comme des allogènes bamilékés tentant vainement des assauts contre le socle granitique du biyaïsme tribal, au mieux, des “traître à la patrie”… bulu.

(****)– Le liquide déversé dans la matinée de vendredi sur le journaliste Sam Sévérin Ango, coupable d’avoir adhéré au MRC, serait de l’eau. Mais certains ont vite fait de parler d’un seau de pipi fermenté, produit des déjections des buveurs assermentés des boissons artisanales fortement alcoolisées (“arki”, “odontol”…) qui ont dû être gavés de ces breuvages toxiques par l’élite haineuse pour par pendant plusieurs nuits.

Par Ndam Njoya Nzoméné

: Afrique Monde